Mardi 27 octobre 2009

Non, pas celle que j'ai là, maintenant, dans cet appart que je déteste. Celle que je vais avoir bientôt; dans mon nouveau chez moi tout neuf.

Ca y est! j'ai signé. La veille de mon looping en scooter.
Une journée de ouf...
J'ai dû filer à Vanves comment, tu sais pas où c'est? à l'autre bout de Paris pour signer le bail à midi.
Une heure de métro yeurkkkkkk métro, escaliers, gadins...tu suis? aller; idem retour en deux deux pour faire l'état des lieux avant 14 heures.
Vite, filer avec Anthony (un amour d'ami celui là, j'te jure) avec le 4X4 chez le suédois Ikéa vers Roissy pour acheter la cuisine.

Oui, à 35 ans, j'en ai marre de me farcir des cuisines de merde. Marre de faire à bouffer sur le coin d'une tablette vieille de 50 ans.
Cette fois, je voulais du beau, du neuf, de la qualité euh...non, c'est Ikéa, faut pas exagérer...

Bref, nous voilà dans le géant
du tu veux quoi pour chez toi, j'ai tout ce dont tu rêves .

T' es jamais all
é à Ikéa? Pas possible!!!
Ikéa, c'est comme une chasse aux trésors. Déjà, tu prends un papier et un crayon de papier Ikéa et après, ben t'as qu'à suivre les flèches.
Attention, si tu suis pas les flèches, t'auras pas tous les trésors rêves pas, z'ont un prix les trésors, c'est pas cadeaux, on parle commerce, là

Et voilà des bôô appartements recréés pour nous montrer comment qu'ils sont forts ces suédois pour faire tout un appartement super rien qu'avec des trucs de chez eux.
Des salons, des chambres, des chiottes et des cuisines...

Plein de cuisines que quand tu les vois, tu t'extasies... Keskellesontbelles!!!!!!!!!!!!!!
*non, ami lecteur, ne sois pas jaloux, c'est pas ma cuisine.
Là, tu rêves...Mais stop! Les cuisines keskellesontbelles ont comme particularité d'être aussi keskellesontchères...
Non. toi, tu peux pas. t'es en location, pas déconner non plus...

Toi, tu vas prendre faktum, numerär, hjuvik et framtid. Parce que c'est moins cher.
Comment, tu comprends pas le suédois??

Ouais, me demandez ce que ça signifie.... Ce sont des meubles de cuisine, des plans de travail, des plaques vitrocéramiques...Mais eux, peuvent pas leur donner un nom simple; non.

C'est forcément un nom que quand la vendeuse te demande ce que tu veux, tu te sens comme un japonais dans une ville tunisienne. Pas comprendre, pas savoir parler cette langue.

Bref, je m'égare... Nous voilà donc, Anthony and I devant le stand cuisine à attendre que la dame qui parle courament le suédois te donne la feuille-sésame pour aller chercher toi même les meubles en kit que tu monteras toi même à la sueur de ton front.

Sauf que non. A Ikéa, c'est "d'abord le client qui travaille"....Et qui te fait bouffer aussi, n'oublie pas.

Ami client, vas sur un poste de travail et fais ta cuisine en 3D... On viendra te corriger après.
Oui, sauf que, cocotte, c'est déjà fait, ça. Outil 3D sur le site internet, ça te parle?

S'en fout, la Ulrika. Tu vas, tu te poses, tu bosses et tu la ramènes pas.
Ok... On va se poser; derrière nous; sur un autre poste de travail, un petit couple avec une vendeuse.

On recommence ce qui a déjà été fait à la maison et on attend....Un long, très long moment.
Rien ne se passe. La madame en jaune et bleu (entendez une vendeuse Ikéa) derrière nous raconte sa life. Et ça commence à me chauffer...

Elle aime pas faire le ménage...Pauvre chose!! Moi, j'adôôre passez une heure au bout d'un manche à balai!! (hum...à la relecture...bref, j'entends un vrai balai pour faire le ménage, hein...)
Elle aime pas bosser à Ikéa... RRRRRRrrrrrrrrrrrrrrrrrrr. Sans déc?

La chef finit par arriver, vient nous voir pour nous corriger toi aussi tu a une pensée pour ta maitresse d'école qui venait te donner un coup de règle en bois, hein?
En deux minutes chrono, elle comprends bien que 1/ on sait ce qu'on veut, cherche pas à nous refiler de la came en rab, 2/ on est bien vénère là, alors, charge pas la mule, ça va chier sinon...

Elle nous sort donc fissa fissa la liste de nos cartons à aller chercher (nous même) dans-le-grand-hangar-qui-fait-peur-à mes-pieds-chaussés-d-une-fortune-à-talons et hop! On continue notre route.
Plus énervés qu'avant, plus speed, aussi.

Arrivés au grand-hangar-etc...trop long à réécrire; on se tape les inombrables allées pour charger notre caddie-diable; on cherche, on vire, on ne trouve pas tout, on s'énerve encore un peu...



Encore une étérnité pour payer, un autre demi siècle pour récupèrer ce qu'on ne prend pas dans le grand-hangar-qui-fait-peur... etc, et on sort enfin, chargés comme des mules.

Il nous a fallu presque 5 heures pour acheter une cuisine et quelques bricoles, environ 40 cartons d'une demi tonne à charger, puis décharger, monter dans l'appart et une heure de retard pour Anthony.

Ché pas, moi, mais si je considère que time is monney, chuis pas sûre d'avoir fait une bonne affaire....
Par ether-et... - Publié dans : Le monde...autour
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Mardi 27 octobre 2009
Je vous ai raconté dans un article pourri; il faut bien l'admettre; mon ramassage de tronche dans le métro.
A la clé, subluxation de l'épaule gauche et lésions (pas grave, je vous rassure)de la coiffe des rotateurs.

Mon épaule va mieux, merci. Elle me chatouille un peu en fin de journée ou quand le temps se fait humide vieille peau que je suis.

Samedi, mon scooter et moi, on rentrait du boulot. Tout contents on était, parce que j'ai un nouveau chez moi, parce que plein de trucs qui font qu'on était contents; même s'il pleuvait.

Et là, au croisement de Magenta et Lafayette; une femme en vélo traverse un passage piéton au rouge...
Le bus à ma droite me masque la vue, je la vois au dernier moment...
Je freine comme une dingue, je glisse, BAM!

J'ouvre les yeux; je suis par terre sur le bitume mouillé. Hum...pas mal; cool. J'essaie de me relever...pas possible, mon scoot, mon ami m'écrase la cheville droite.
Tiens, des têtes de penchent sur moi "ça va madame?"

A ton avis?? Je viens de me gameller, j'ai renversé un vélo, ma cheville est coincée sous mon scoot...Laisse moi réfléchir.... NAN! Ca va pas!!!

Un peu à l'envers, je dis juste "mon scoot!"

"Oui, madame, il est là"

Je le sais bien triple buse!! Il me tue la cheville!! Enlève le!!


"Non, mon scoot, il est sur mon pied, enlevez le s'il vous plait"

Moi qui la veille regardait World trade center, le film, je me retrouve comme Nicolas Caige, coincée...

On relève mon engin oufff, je me mets assise et demande ce qu'il en est de la cycliste.

Elle est là aussi

Juuuure!! Je l'ai pas envoyé sur orbite??? 'tain j'ai des progrès à faire, moi...


Non, comment elle va?


Elle va bien ouuffff

Je dois encore demander à ce que l'on mette mon scooter sur le trottoir, que l'on m'accompagne aussi à l'abri ben oui, au milieu de la route, je suis pas hyper rassurée. que l'on appelle les pompiers.

Un homme va chercher une chaise à la brasserie située à...10 mètres, et me pose dessus, là, juste à côté du passage piétons, sous la flotte... c'est plus drôle quand en plus d'avoir une cheville en vrac, tu chopes la mort, c'est sûr...

Les pompiers arrivent, on monte dans le camion, police, tout le tralala... Bon, on y va là? J'aimerais bien un petit shoot de calmants, moi... J'ai juste un peu mal quand même...

Urgences, radios, ironwoman n'est pas cassée. Cool!

Je sors des urgences en boitant, shootée, heureuse d'être entière et la dame aussi.

Je fais la cacoue, genre, même pas mal, trop forte la fille, je me prends 200 kg sur la cheville et je casse pas! Lalalèreu...

Ouais...Sauf que la cacoue, jel'ai pas joué longtemps cette pièce là. J'ai quand même un mollet en bouillie, et surtout une sale plaie sur la maléole bien nécrosée, bien moche que je dois aller à l'hosto tous les jours pour montrer l'évolution.
Que même on va te donner des antibiotiques des fois que tu nous fasses une infection. Ben ouais, le bitume parisien, c'est pas ce qu'il y a de plus propre...

Hier, lundi, ma cheville me fait un mal de chien, pire que samedi. Je vais à l'hosto pour pansement et au déballage, j'ai les boules...
Ma maléole a doublé de volume; elle est rouge, la plaie est encore plus moche, la nécrose plus profonde et j'ai de la fièvre, un peu.

Je ressors de là avec des maracas comme dans la pub, je vois déjà l'amputation, les perfs d'antibio, le curetage de l'os...
C'est chiant des fois de connaitre ce qu'il peut se passer...

Aujourd'hui, c'est écho du mollet pour voir s'il n'y a pas rupture du muscle. Moi, je sais déjà que non, c'est bon.
Mais ma cheville me fait toujours un mal de chien.

Après l'épaule, la cheville, comment dire que là, tout de suite,




J'EN AI MARRRRRREEEEEE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


Par ether-et... - Publié dans : Un peu de moi
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Samedi 17 octobre 2009
Elle est grande pour ses treize ans, fluette; maigre, même. Ses grands yeux cernés de noir montrent à quel point chaque respiration est un challenge.
Ses longs cheveux blonds attachés en chignon lui donnent presque l'air d'une femme.

Elle est une ado belle, maligne, marrante, intelligente.
Elle aime et le montre sans peur; elle se fâche de la même façon.
Quand elle s'inquiète, elle le tait; mais ses yeux montrent ce qu'elle se refuse à admettre.

Quand elle parle, on reconnait l'adolescente, quand elle a mal ou qu'elle a peur d'avoir mal; on voit l'enfant revenir.

Elle est volubile, gaie, sautillant de partout, pleine d'une énergie propre à son âge; mais son corps ne le supporte pas assez.
Presque tous les jours, elle m'accueille d'un bisou, d'un câlin, me montre ses habits, ses dessins, rit de tout et de rien.
A la deuxième perf, je vois sa poitrine lutter pour inspirer, ses yeux se cerner.
La parole devient plus rare; je la vois se forcer pour rester ce qu'elle veut être sans cèder à la fatigue.
Par défi, par orgueil, par fierté.
Par courage.

Sa maladie est mortelle. Elle le sait, elle en fait fi.
Elle se bat comme se battent ces enfants qui ont toujours été malades. Avec une force et un courage qui nous laissent abasourdis d'admiration.

Bien sûr, elle a encore du temps. Une bonne dizaine d'années.
A peine femme, elle devra affronter son destin.

Etre greffée ou mourir.

Parce que la mucoviscidose, c'est une saloperie de maladie qui refuse de donner un avenir à ces enfants.
La médecine doit se battre des années pour les maintenir vivants et doit trouver des poumons pour qu'ils aient un futur d'adulte.

Et je sais à quel point les organes sont rares, et ça me fait peur pour elle.


Marie, elle me touche là où j'ai toujours refusée d'être touchée. Dans mon coeur de femme, d'humain, de future mère.
Dans cet endroit normalement réservé à mes proches; elle a fait sa place. En deux semaines, elle m'a eu.
Quand elle va moins bien, je deviens incapable de passer une soirée sans penser à elle, à m'inquièter de ce futur plus qu'incertain.


Et justement parce que ce petit bout de bonne femme me touche plus que de raison, parce que je l'aime déjà, parce que c'est franchement injuste, je voulais faire ce billet.

Pour elle, pour tous ces enfants qui souffrent.
Pour les adultes qui pensent que leurs organes leur seront utiles dans la mort.

Donnez vos organes. quand vous serez six pieds sous terre, à quoi serviront ils?
Alors qu'ils pourraient sauver Marie, d'autres enfants qui n'ont jamais rien connu d'autre que la maladie.

J'ai décidé depuis longtemps, mais plus encore aujourd'hui. A ma mort, qu'ils prennent tout.
Que ma mort soit utile à quelqu'un; qu'il n'y ait pas que du chagrin lié à l'évènement.

Que les larmes consécutives à mon décès ne soient pas que de peine, mais aussi d'espoir et de bonheur.
Par ether-et...
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Mardi 13 octobre 2009
A la demande générale (m'enfin...surout celle de coup's à qui je ne peux plus rétorquer qu'elle non plus elle ne gribouille plus trop), voici, voilà quelques nouvelles.


Je sais que depuis un bon moment, je n'ai pas pris le temps de tapoter joyeusement mon clavier.
c'est que d'être joyeuse, je n'en guère eu l'occasion.

Je vous ai laissé alors que j'étais épuisée, tombant de fatigue, pleurant presque à un bonjour plus chaleureux qu'à l'accoutumée.
J'ai pu bénéficier de quelques jours de repos à la campagne, bien au vert et au soleil fin août.
Cinq jours de calme, de jardin, de popotte; oui, vous avez bien lu: jardin et popotte.

L'immense propriété d'un ami, sa maison chaleureuse, les produits du jardin en surnombre (je hais les courgettes) m'ont amené à faire du manger pour congeler.
Ben....on va pas jeter non plus, hein!

Voilà donc mon pote avec un congélo plein de victuailles pour tout l'hiver et au delà.

De retour de ma parenthèse campagnarde, je reprends le boulot.
Contente, reposée (à peu près), me revoici sur mon scooter (m'avait manqué le bougre) à faire la tournée de mes petits patients.
Le midi, je laisse mon engin devant chez mon frère pour emmener mon chat, sa caisse, sa bouffe et tout le toutim chez moi en taxi. Pas trop facile à trimballer sur un scooter tout ça!

Le soir, le chat a retrouvé sa frangine la chienne, ses petites habitudes et moi, je cherche un tacot histoire de retrouver mon scoot et retourner bosser.

Depuis que je me balade casque vissé au crane, on me rabache que c'est dangeureux, que je dois faire gaffe, gnagnagna...

Bref, je ne trouve pas de taxi, la ligne de métro est directe, aller, prenons le métro, ça va me dépayser je ne l'ai pas pris depuis des lustres.
Une fois dans la rame, je me souviens pourquoi je déteste le métro. Pas de place assise, des gens qui font la gueule, qui puent...que du bonheur.

Chapelle, je descends. Trois touristes devant moi semblent penser que parce qu'ils sont en vacances, tout le monde l'est marchent tranquillou en prenant toute la largeur du quai... M'énervent déjà, eux...

Je te double le troupeau mollasson, entame la descente des escaliers en béton et ... loupe une marche.

Je ne vois pas ma vie défiler sous mes yeux; juste le béton, les marches que je risque de dévaler comme un morceau de viande si je ne fais rien; là; maintenant, tout de suite.

Je tends le bras, m'accroche à la rampe pour retenir ma chute, pour éviter de me rompre les os.
J'atterris sur la cuisse, ma main cramponne toujours la rampe des fois que je continue à tomber, on sait jamais, avec mon poids hein...



"ça va, vous ne vous êtes pas fait mal?" me demandent les touristes.

Fierté, orgueil, colère....C'est leur faute, s'ils n'avaient pas pris toute la place, s'ils ne m'avaient pas énervée, je serais allé plus doucement et pas tombée....
Je ne leur lance pas même un regard, je lance juste un "non, ça va"; me relève et reprends (prudemment cette fois) la descente de ce p..... d'escalier.

Sauf que le "ça va" il sonne dans mon corps comme un beau mensonge... Mon épaule me fait mal. Plus j'avance et plus j'ai mal.
J'appelle mon frère qui habite à côté qu'il vienne m'aider, mon sac me torture l'épaule; les larmes de douleur pointent à mes yeux, mon corps se plie sous l'intensité de ce que mon épaule me fait ressentir

Arrivée chez mon frère, je me pose sur le canapé, prend mon téléphone pour appeler un médecin et craque. J'ai trop mal, comme une enfant, je pleure un gros bobo.
Le frangin, inquiet me propose d'appeler les pompiers, je l'envoie dans les cordes direct.
On va pas déranger les pompiers pour ça!
Et puis, moi, je dois trouver qui va s'occuper de mes patients ce soir. Là, j'ai déjà compris que bosser, ça va pas être possible.

Au bout de trente immenses minutes, durant lesquelles je manque hurler de douleur, défaillir; je trouve qui va gèrer ma tournée. j'accepte enfin d'aller aux urgences.

Je passe sur l'ambiance chaleureuse et enjouée de la salle d'attente, l'infirmière me reçoit, on parle deux minutes et me propose un antalgique.
En bonne collègue, elle me laisse le choix de ma drogue.
Acupan! J'en donne souvent, mais je n'en n'ai jamais pris. Parait que c'est dégueu, testons!

C'est pas dégueu du tout, juste un peu amer. Mais en renvanche, ça shoote sévèrement sans vraiment calmer la douleur...

Un externe vient me chercher, m'ausculte (comme un externe, hein) et va chercher son boss.
Re-auscultation, discussion, leçon.

Non ma bonne dame, vous pas y'en aller bosser avant un moment, vous y'en avoir au mieux un hématome, au pire une lésion de la coiffe des rotateurs.
Tiens, voilà une belle écharpe, une jolie ordonnance et reviens dans une semaine pour savoir quoi toi y'en avoir.



Mrfff, sgrongneugneu... Ca arrange pas mes affaires ces conneries...
Passage pharmacie, rentrage maison, retelephonage pour organiser la semaine.

Et aussi, grosse, grosse fatigue.
Mal, stress, douleur, je suis épuisée. Je vais me coucher en priant pour que demain, mon épaule aille déjà mieux.

On est con des fois...

Parce que le lendemain, la bougresse d'épaule me fait toujours un mal de chien. Je découvre en ronchonnant les joies du déshabillage, douchage, sèchage et rhabillage à une main. parce que non, non et non, je veux pas qu'on m'aide! Je me débrouillerai seule.

J'ai vite capté que se débrouiller seule me coûtait cher; mon épaule me rappelant sans cesse où elle est (des fois que j'ai oublié). j'ai eu beau l'engueuler et lui dire qu'on était sensées faire équipe, elle se rebiffait en me gratifiant d'une douleur lancinante qui me vrillait jusqu'entre les homoplates...

Le lundi suivant; ça va mieux, je pars à lhosto revoir le medecin en me disant que youpee, demain, je retourne taffer.
Radio, cette fois, auscultation. Oui, mais si aussi, le toubib, il me fait faire des trucs que je peux pas encore faire, ça va pas aller! Juste lever le bras à 45°, c'est pas suffisant?

Faut croire que non, arrêt de 10 jours encore pour lésion de la coiffe des rotateurs, suite de sub luxation postérieure.

Trois semaines plus tard, je suis repartie bosser, enfin.
On dira que ça va, que je gère, mais cette garce me fait toujours mal et le dos s'est joint à la rebellion.

Du rhume qui a suivi me reste une bronchite; à part ça, tout roule!!
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Dimanche 16 août 2009
Revenir du sud, me réinstaller à Paris, recréer une tournée... Tout ça me semblait bien facile.

En terrain connu, les difficultés semblent moins énormes. Je ne me suis pas posée des tonnes de questions. Ma survie en dépendait un peu; financièrement, du moins...

Bien sûr, les projets ne se réalisent jamais aussi vite que l'on ne pense, évidemment, il y a toujours un putain de grain de sable qui vient faire crachotter la machine; mais cahin caha, on avance...

Je vis toujours dans un "chez les autres", je n'ai pas fini de tout rembourser, ma tournée eszt, quant à elle, bien rémunérative...

Ce à quoi je n'avais pas pensé en revenant, c'est "tu te reposes quand?"

Et oui, c'est couillon, ça... Mais quand on est infirmière libérale sans remplaçant, c'est du 7/7.
Et quand on a 4 perfusions par jour, ça ressemble à du 7/7 et 17/24.
Et ça, ça peut paraître con, mais ça épuise...



Si je bosse et que je me repose, je ne vis plus; si je ne vis plus, je pète un câble, si je pète un câble, j'envoie tout valser... Alors, je vis. Je fais la fête, je vois mes amis.

Parfois, ils ne savent comment faire pour me remonter le moral, alors que mes larmes ne sont que celles de l'épuisement...
Mais j'ai besoin de ces moments légers et si loin des maladies, de la mort, de ce travail si prenant qui me bouffe un peu plus chaque jour.

Le souci, c'est que j'adore mon boulot, mais sans remplaçant fiable, je vais claquer.
Un collègue, grande baraque toute en gueule, se voulant charmeur au possible, n'ayant pas compris qu'on ne charme pas une Ether en la traitant comme un mec me proposa de me remplacer quelques jours en aôut...
Miracle! Je suis ravie, je meurs de sommeil, j'ai besoin, vitalement besoin de ce repos.

Que j'ai attendu, et qui n'est pas venu...

"tu comprends, je ne peux plus te remplacer..."

 Mais il est con ou il est con? Il me dit qu'il me remplace, je ne demande à personne d'autre et maintenant, je suis le nez dans la merde!
Et ce grand crétin qui ne comprend pas pourquoi je m'énerve, pourquoi je le raye de ma liste de personne interressantes?
Il y a deux choses que je déteste par dessus tout

- le mensonge
- les gens qui ne font pas ce qu'ils ont dit

Là, il a mal calculé... Est ce parce qu'il a pigé qu'il ne me mettrait pas dans son lit? (encore que bourrée et sur un malentendu, ça aurait pu être de l'ordre du potentiel envisageablement peut être)
Est ce parce qu'il ne se sent plus pisser avec sa nouvelle casquette de distributeur de sets à pansements merdiques?

Je ne sais pas, mais ce que je sais, c'est que je peux bien vocifèrer autant que je veux, je suis et reste épuisée, claquée, crevée.
Même mon chouchounou de collègue adorable qui me remplace quelques soirs ne parviens pas à m'aider assez pour que je me sente encore en vie.

Alors un conseil si vous voulez bosser à votre compte: n'oubliez pas qu'il faut aussi penser à se reposer!!

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Par ether-et...
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Dimanche 9 août 2009
She's back.
Pas comme avant, l'Ether guerrière version 2.0 vient de sortir.

Les modifs apportées?

- elle ne ronchonne plus quand pas contente; elle râle. Intelligiblement; que tout le monde le sache bien.
- elle ose dire quand l'autre la blesse
- et... elle mord.

Après quinze jours de chouinements incessants qui ont fini par me lasser moi même (assez fort, faut le faire), je me réveille depuis quelques jours avec une niaque de roquet montrant les crocs.

J'en ai assez de plein de choses et j'entends bien le faire savoir.

Après "l'enfer, c'est les autres bis", nouveau billet en mode "faites pas chier mémé"

Nouveau sujet: l'hypocrisie.

Ether est une grande fille. Certes, elle est un peu fragile à ses heures, mais pas sûr qu'une bombe nucléaire parvienne à la déboulonner. Des claques dans la gueule, j'en ai reçues. J'ai frotté ma joue, parfois versé quelques larmes, mais j'ai toujours redormi depuis.

Alors, j'apprécierais que l'on cesse de me bassiner avec de pseudos amitiés qui n'existent que pour...
Pour quoi déjà?

Non merci, les party friends, ça ne m'interresse pas. J'ai donné les potes de beuverie qu'on ne voit que pour se mettre la tête à l'envers; qui n'appellent jamais et que je n'appelle jamais.
C'est du passé; ça ne m'attire plus.

Aujourd'hui, je construis les relations. Et si d'aventure, je suis attirée par des personnes lors d'une soirée, ça ne signifie pas que je ne souhaite les revoir que pour faire le pitre avec deux grammes de vodka dans chaque bras; non.
Ca veut dire que je trouve la personne interressante et sympa, et que je souhaite la connaitre mieux.

Je n'ai pas besoin non plus qu'on protège la petite soeur en lui faisant croire que, si, si, on l'aime vraiment bien et on veut pas perdre son amitié.
C'est des conneries tout ça et ça me saoule.

Tu veux pas perdre mon amitié? Faudrait déjà voir à la gagner.
Faudrait aussi penser à la faire vivre cette si belle amitié à la con.

Parce que je veux bien, moi, être sympa, patiente, me prendre des râteaux et continuer de sourire; mais y'a un moment, j'attends un peu plus...
Je sais pas moi, un coup de fil de temps en temps; un sms, une invitation qui fait pas "je suis obligé"....

Depuis des années, je suis celle qui appelle, celle qui (super) fait vivre la relation.
Ouais, ben j'en ai marre.

Outre les potes nouveaux, aussi versatiles et léger que le vin auquel ils se rapportent; les amis d'ancienne date commencent aussi à me chauffer.

J'ose (oh sacrilège) dire à une amie que lors de son remplacement, elle a commis des erreurs graves; plus de nouvelles, j'ai droit à la gueule! Non mais ho!
Ca va pas, non? On peut plus rien dire? Faut fermer sa gueule? Pas d'accord.


A bon entendeur...


Par ether-et...
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Samedi 8 août 2009
Huis clos... Un livre, une nouvelle, qui décrit bien la complexité des relations humaines et notre incapacité à vivre harmonieusement dès lors que nous sommes trois.

Jean Paul Sartre a su me dire dès mon adolescence qu'un trio, c'était; pour faire simple; une belle merde... Il y en a toujours un qui est forcément mis sur la touche, écarté, voire jugé.

D'où l'immensément connu "l'enfer, c'est les autres".

J'ai pu constater; à mes dépends, toujours, que Monsieur Sartre avait bien raison...

Lorsque, dans le trio, il y a un couple et moi, ça devient Kafka à gèrer pour moi...

Des regards énamourés aux petits bisous en passant par les caresses, le besoin de se toucher des couples me rend barjotte. J'y vois un profond manque de respect pour l'autre qui lui, est seul.

Et l'autre, c'est toujours moi.

Ras la casquette de devoir être le témoin du bonheur des autres. Ras la casquette de devoir supporter la vue de ce qui m'est refusé. Ras le bol de faire semblant de ne pas voir les gestes, les regards; de devoir tourner la tête pour éviter le spectacle d'un roulage de pelle qui me gène profondément.

J'en arrive à avoir le sentiment que certains couples mettent une sorte de point d'honneur à sortir l'éternelle célibataire que je suis devenue.
Alors, merci, mais non merci.

Vous me sortez par les yeux, je vomis vos gestes tendres, j'execre votre impudeur, l'irrespect transpirant dans le débalage de vos sentiments dégoulinant de tendresse.
Je suis malade de l'hypocrisie sous jacente de ces situations.
Des hôtels existent, l'intimité aussi. Inutile de faire genre "on ne montre pas, mais on a une furieuse envie de se sauter dessus, alors, je te caresse le dos, ni vu ni connu"...
Ben si; vu et connu.

Alors, Jean Paul, encore une fois, tu avais raison. Les autres me font vivre un enfer.

A ceux qui me lisent, ne m'invitez pas si c'est pour m'offrir le spectacle démoralisant option suicide de votre bonheur. Il m'insupporte.
Un peu de tenue, bordel!!
C'est pas sympa? M'en fous, suis pas sympa en ce moment de toute façon.
A ceux qui me lisent, ne vous dites pas mes amis si c'est pour ne jamais donner de nouvelles, l'amitié, c'est un terme bien galvaudé de nos jours...

Et oui, j'ai changé. Envolée la gentille Ether qui supporte tout sans rien dire.
Je suis une chieuse, je suis une femme, je refuse de me sentir diminuée par autrui.
C'est vous qui me faites du mal, ce n'est pas moi.

Mais le jour viendra où moi aussi, j'aurai l'occasion de vous cracher mon bonheur à la figure.
Ca fait mal, hein?


Non, je ne suis pas en colère, j'exprime juste de façon spontanée et comme je le ressents depuis trop longtemps ce genre de situation.
Par ether-et... - Publié dans : Le monde...autour
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Dimanche 2 août 2009
Je pensais vraiment que ça allait être naturel et facile, que tout coulerait de source.
Même si toujours, un coin de mon esprit me mettait en garde... Attention ma chère, on ne change pas de peau si aisément.

Découvrir celle que je suis m'a pris du temps. Ce fut un processus difficile de se découvrir dépouillée de mes vieux réflexes protecteurs, de mes angoisses, de mes terreurs.

 Je pensais sincèrement que j'avais terminé ma mue, que le papillon que je voyais s'était débarrassé définitivement de sa chrysalide.

Je me trompais...
Comme je le dis depuis longtemps, mon problème majeur est la relation à l'homme.
Hormis Stéphane, mon grand amour, jamais je n'ai vécu de relation épanouissante. De celle qui vous rend lumineuse de bonheur, qui vous fait sourire tous les matins parce que vous aimez et qu'on vous aime en retour.

L'amour a fini par rimer avec distance, pleurs, souffrance, déchirement, tromperie, mensonges.
Mais rien de celà ne m'importait vraiment du moment que je n'étais pas seule. Mon inconscient se complaisait dans ces relations destructrices, canibales de l'ego, engloutisseuses de l'estime de soi.
Pis, je pense que je les choisissais très consciencieusement, afin de ne pas prendre le risque de vivre une vraie et belle histoire.


Ma perception de l'amour; qu'il soit amical ou non, est biaisée depuis toujours.
Il me fallait tellement de temps pour me laisser approcher, toucher, émouvoir... J'attendais la tuile, le coup de vache, le poignard fiché entre les omoplates...



Inkan et Chut furent des artisans acharnés pour me prouver que je pouvais avoir confiance, que celle que j'étais méritait leur amour, leur attention.
J'ai fini par croire sincèrement à leur attachement envers moi. Même si j'en suis toujours surprise et que je ne comprends pas bien le pourquoi du comment...
Mais fi de celà, je ne sais pas entièrement pourquoi je les aime, à quoi me sert il de savoir pourquoi ils m'aiment...

En revanche, lorsqu'il s'agit d'un homme, hétéro, bien élevé, gentil, respectueux, intelligent.... j'ai encore du mal.
Mon nouveau moi est séduite par la personne en face, mais je ne comprends pas le lien.

Qu'est ce qui fait qu'une personne comme ça puisse ne serait ce que me voir?
Est ce parce que c'est un ami de mon frère et que, politesse oblige...
Est ce que derrière ses qualités se cache l'homme que j'ai toujours connu, le prédateur?
Pourquoi il m'aime bien?
Et surtout, comment dois je me comporter???



Spontanément, je me positionne en amante potentielle, prête à répondre aux désirs du monsieur. Parce que bien conditionnée...
Et ensuite, je me noie dans mes contradictions. Il me plait, mais je ne m'imagine pas avec lui. J'ai envie mais je veux pas vraiment. Il est avec une autre et ça ne me fait pas mal...

Pourtant, je suis mal. Mais pas pour les raisons qui se devraient d'être...
Je suis mal parce que je me prends ma solitude dans la figure.

Parce que quand l'autre a le choix entre moi et une autre, il va vers l'autre.
Moi, je ne suis que la bonne copine, la marrante, sympa. Mais pas une femme entière.
Comme une fleur de lys tatouée au fer rouge dans ma chair?

Ether reste "non aimable"...

Je pense "normal, je suis vieille, moche et grosse", mais le constat blesse. Profondément.
Parce que je n'en peux plus d'être seule, parce que cet amour dont je parlais, je le veux.
J'essaie, j'essaie vraiment (je te jure Nath), mais ça marche pas.

Je reste moi....




Par ether-et... - Publié dans : Mes amours
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Jeudi 30 juillet 2009
Il est de ces personnes qui malgré eux vous happent au fond de ce qu'il vous laissent percevoir d'âme.
On dit souvent d'eux qu'ils gagnent à être connus...
Je dirais que ces personnes rares gagnent à être découvertes. Comme un corps endormi que l'on dénuderait pan par pan; doucement, délicatement.

Savourant chaque parcelle dévoilée comme un cadeau; soulagé d'aimer ce que l'on découvre et fébrile de ce que l'on va voir ensuite.

Il me faisait cet effet là. Mystérieux, discret, sa volubilité laissait souvent entrevoir la blessure.
On la sentait sous certains rires, sous certaines blagues. on la devinait quand son regard se perdait dans le néant.
Une fracture, le cal encore fragile et douloureux. Ca ajoutait à cette aura qui se dégageait de lui.

Jour après jour, je le connaissait, le reconnaissait. La tendresse a pris la place de la camaraderie, mes yeux ont commencé à le voir beau, séduisant, attirant.

Mon esprit a fait le reste. En bonne midinette, je le rêvais, l'esperait.
Il fallait du temps. Pour moi, pour que récussite de sa tombe enfantine ma confiance en moi encore convalescente; pour que le cal de sa fracture consolide encore, que la douleur s'estompe.

Je voulais être patiente.

Elle était si vivante, si joyeuse. Elle cachait aussi une fêlure, bien enfouie sous ses apparences volubiles.
Nos esprits se comprenaient vite, si vite que les autres n'avaient pas le temps de saisir ce que nos pensées s'étaient dites en un regard.

J'aimais nos fous rires, notre complicité si vite installée; comme par magie.

Je l'imaginais mon amie un jour, l'espèrais peut être confidente aussi.

Et un soir, elle a décidé que "il" serait "son"; d'unir leur blessures pour consolider son coeur solitaire.

Le lendemain matin, je les ai vu; genés, mais souriants.
Ma nuit trop courte, comprendre qu'ils étaient "eux", je me suis sentie blessée, amoindrie, vieille, grosse, laide.
Mes espoirs, mes rêves disparaissaient face celle que j'aimais déjà beaucoup mais qui avait le même désir que moi.

Plus jeune, plus mince, plus vivante que moi, sa hardiesse a fait le reste.

On m'a dit que c'était une claque pour moi. Dois je tendre l'autre joue et accepter leur compagnie?

Cependant, je suis si calme, si sereine ce soir face à cette situation étrange.
Je l'ai vu; il a le même regard, le même sourire. Le même humour aussi.

Dans mon coeur, une légère distance s'est installée; mais mon âme continue de le chercher.
Je ne leur ai ni ne leur dirai rien de ce qui se passe en moi; ces affres m'appartiennent...

Mon regard va se détourner de lui un jour, mais en bonne têtue et bornée, je préfère attendre encore...




Trois heures de sommeil et une journée de travail sont responsables de cet article brouillon. Ni positif, ni négatif, il se veut à mon image, perdu et fataliste...
Par ether-et...
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Lundi 20 juillet 2009
Ether en fleurs... le printemps est passé, les fleurs ont fané ou s'assèchent faute d'eau ou d'abus de soleil.

Depuis quelques temps, une fâcheuse manie a repris du poil de la bête.

Reculer, se poser une minute, regarder, constater.

Toujours, ça s'arrête là. Le constat blesse, je détourne le regard mine de rien.

Oh oui, je vais bien mieux! Rien de bien comparable avec l'insecte miteux et pitoyable que je fus.

Bien sûr, toujours un peu menteuse sur ce que je ressens, on ne se refait pas si facilement.
J'ouvre mon coeur...à demi.

En pause parisienne pour quelques jours, je me suis exilée à la campagne.
Comme toujours, le contact avec la nature, le calme, le repos m'aident à me reconnecter avec celle que je suis au fond. La vraie Ether.

Pas celle en représentation, pas l'infirmière sûre d'elle.
Moi. Ce moi que si peu connaissent, celle que je tente toujours d'aimer, d'apprivoiser.

L'expression est revenue hier. Au cours d'une conversation. Dite comme on parlerait de la pluie ou du beau temps; mais traitresse.
Je ne l'attendais pas celui là... Ce tressaillement, là, au fin fond de l'estomac. Ce signe un chouilla angoissé que ce constat là est toujours le mien: je ne me sens pas "aimable".

Asavoir, je ne vois pas, mais alors vraiment pas comment ni pourquoi quelqu'un m'aimerait.
Voyons le verre à moitié plein, je ne pense plus vraiment que personne ne puisse m'aimer.

Seulement, mon souci actuel est l'amour. J'ai envie, besoin d'aimer et d'être aimée.
Je reste toujours bridée dès qu'il s'agit d'amour. Capable désormais de ressentir de l'attirance pour quelqu'un, je vais même jusqu'à me laisser séduire complètement même quand l'autre ne cherche pas ça du tout.
C'est bien, je suis vivante. Mais dire, montrer ce que je ressens... Faudrait voir à pas oublier qui je suis...


Quand il s'agit d'amour, je me vois complètement diffèremment.

La confiance en moi? Pfiou! Envolée.
L'estime de moi? Disparue.

Je me regarde dans la glace, je me scrupte. Que vois je?

Une femme, plus vraiment jeune, au regard sombre, trahissant trop les cicatrices de son passé.

La carcasse enveloppée de ce gras protecteur, l'anti homme idéal pendant si longtemps.
Je n'en veux plus aujourd'hui; mais je ne trouve pas l'énergie pour me battre encore contre moi même...

Je me vois comme une sorte d'ancien combattant multi mutilé, marqué de partout par les stigmates de la guerre effroyable qu'il a dû mener.

Alors, je me sens vieille et laide, un peu comme cette sorcière sage et un poil ermite que l'on trouverait cachée au fond d'un bois.

Pas vraiment l'idéal pour être aimée.

Ce constat me blesse, mais il révèle un point que je ne voyais pas jusqu'ici.

Après avoir si bravement lutté, après avoir dégommé un par un mes démons, je me retrouve devant un challenge de taille.

Je dois à présent faire le ménage sur mon ancien champ de bataille. Nettoyer les cartouches vides, boucher les impacts de balle, incinerer les bouts de cadavres.
Cesser de craindre le pire, ne plus avoir peur, apprendre à faire confiance.
Puis, agencer, décorer, peut être mettre quelques fleurs...

Me rendre acceuillante, donner envie à quelqu'un de s'installer.

Ma parenthèse campagnarde m'aura amené, au delà du repos, un bien étrange devoir à accomplir...

Une question me taraude cependant: n'est ce donc jamais fini?



Par ether-et... - Publié dans : Un peu de moi
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