Mardi 29 janvier 2008

Touchée en plein coeur, émue de ces larmes qu'on ne peut pas vraiment laisser sortir à ce moment là.
Parce que ce moment là appartient à l'autre. C'est sa douleur, sa peine, sa torture.

Il était là, il venait d'arriver. une semaine pour nous, pour que l'on respire un peu, pour que j'y voie plus clair...
Il était là, il venait d'arriver et il a fait ce que je pensais infaisable, ce que j'imaginais impossible. En tous cas comme ça, devant moi...

Il a écrit son histoire; un petit bout de son histoire, mais un pavé quand même... Je l'ai laissé poser ses doutes, ses craintes; puis sa souffrance. Sans m'en mèler, en le regardant de temps à autre du coin de l'oeil; comme pour guetter un signe de faiblesse qui m'autoriserait à le soutenir autrement que par mon silence.

Il a écrit longtemps, silencieux, concentré, entré en lui même pour puiser l'énergie et la force nécessaire à cette mise à nu tellement inhabituelle.
Je me suis endormie, hypnotisée par les images d'une télévision que je ne regardais que pour qu'il ne sente pas mon regard sur lui, pour qu'il ne se mette pas la pressionà cause de moi.
De temps à autre, dans ce sommeil superficiel, j'ouvrais un oeil lorsque je l'entendais bouger, changer de position. Je le voyais les yeux rivés sur l'écran, l'air grave.
J'ignorais ce qu'il écrivait; juste que c'était important pour lui; c'était donc important tout court.
Je brûlais d'impatience et de crainte de ce qu'il me donnerait à lire.
Et je refermais les yeux, emportée par une fatigue étrange; forme d'ennui en l'attendant et de cet immense respect dû à celui qui, je le voyais, se livrait comme rarement.

Et il s'est levé; il est allé aux toilettes, laissant là l'ordinateur portable.

Combien de temps s'était il passé depuis qu'il avait commencé son travail? Une heure? Deux heures? Je l'ignore...

J'ai attendu qu'il revienne, il m'a tendu l'ordinateur en me disant que c'était dur à lire.

J'ai lu; deux fois. Une fois rapidement, comme si ma crainte allait me brûler, puis une deuxième fois; plus lentement; pour bien saisir tous les mots; toutes les phrases.
J'ai oublié son regard sur moi, sa présence, même, tant j'étais choquée de ce que je lisais.
Je ne voulais pas que ce que je lisais lui soit arrivé à lui, à cet être plein de lumière, de bonté, de gentillesse.

Je l'ai regardé sans dire un mot. Aucun mot ne peut exprimer ce qu'il y avait en moi; juste mon regard, peut être...

Il est retourné aux toilettes vomir ce que cette expérience d'écriture avait retourné en lui et il est revenu, l'air d'un enfant perdu qui implore une aide gravé dans le fond des yeux.

Je lui ai tendu les bras, il s'y est lové; tremblant de tous ses membres, sanglottant enfin de ces larmes qui devaient lui brûler la gorge et lui aveugler les yeux depuis si longtemps.

Pendant un grand moment je l'ai serré contre moi, carressant sa tête, lui sussurant des mots tendres et rassurants.
Je l'ai tenu comme une mère enlace son fils, comme une amie tiend un ami proche, comme une soeur console son frère, comme moi je tiens mon inclassable brisé par la souffrance.

Il a sangloté longtemps, comme un petit garçon qui a un immense chagrin. Puis il s'est calmé, sans doute vaincu par la fatigue.

Nous avons parlé; main dans la main, comme si rompre le contact risquais de le laisser replonger dans la douleur, dans la peur du méchant loup de son histoire.

Puis nous avons essayé de dormir. Il s'est tourné vers moi en me demandant si je pleurais.

Non, je ne pleurais pas. Aucune larme ne pouvait sortir. Aucune douleur qui me soit propre à ce moment là.
Juste un immense trou dans le coeur de l'avoir connu trop tard pour avoir une chance de lui permettre d'éviter encore cette douleur.

Un si je pouvais lancinant mes tempes impuissantes, une frustration incroyable de ne pouvoir le soulager mieux me retournant les tripes, une forme de blanc (tu comprendras) qui rendait ditincts mon corps et mon âme à ce moment là.

Je n'ai rien su te dire, mon inclassable à ces moments là, je n'ai pas su quoi faire alors que je t'ai invité à dire ce qui te rongeait. Je n'ai pas su t'aider à la hauteur de la confiance que tu me faite ce soir là en choisissant d'écrire ça alors que j'étais là.

Les seules larmes qui sauraient couler en repensant à cette soirée là seraient celle de l'incapacité de te prendre tes souffrances pour te rendre heureux.

Pardon d'avoir été si pauvre en humanité face à ta détresse...

Je t'aime

Par ether-et... - Publié dans : Mes amours
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Mardi 22 janvier 2008

Un mur, ça sert à séparer, à mettre une distance entre une chose et une autre.
Ca sectorise, ça empèche qu'une chose ou une émotion ne déborde sur une autre.

On peut mettre des murs aussi dans notre vie, notre façon de voir les choses, les gens. Ca  permet de ne pas se laisser atteindre.

Ces murs qui se batissent entre moi et autrui viennent sans que je n'arrive à lutter contre. Je fais, comme j'ai essayé de le dire déjà; l'huitre.

Dès que je me sens blessée, atteinte, fragilisée, en danger ou que je sens que les évènements vont prendre une tournure potentiellement douloureuse, je mets un mur entre moi et la personne concernée.
Ce mur m'amène aussi à devenir dure et sèche. Comme si je cherchais à faire en sorte que l'autre, celui qui me blesse ou qui va me blesser, fasse le faux pas, dise la chose qu'il ne fallait pas pour qu'enfin, j'ai la raison pour le rayer de ma vie. Définitivement.

Je vis ça en ce moment. Eclairée ou non par l'écriture de ce blog, je me sens potentiellement atteignable par deux personnes qui m'ont et/ou vont, je le sais, me faire du mal; bien involontaire je leur accorde.

Je le sens physiquement, ce mur qui s'érige, cette froideur indifférente, cette distance qui remplace la chaleur habituelle.
Elle se répand dans mon corps, partant de mon coeur, allant dans mes membres, passant par mon esprit comme une vague de gaz mortel.

Je lutte, je me dis que je dois donner une chance, que je n'ai pas le droit de réagir comme ça. Et la vague m'immerge à nouveau; glaciale.

Cependant, je sais que ces murs sont illusoires, inefficaces, pure réaction d'orgueil d'une fille un poil capricieuse qui n'a pas ce qu'elle veut, déçue démesurément d'un rien qui lui bouffe le coeur et la tête.
Même cette réaction un poil enfantile ne m'isole pas des émotions, elle ne m'en donne que l'illusion.

Parce qu'en vrai, mon coeur a mal, mon âme pleure, je me hais un peu plus que la veille d'avoir donné encore et d'avoir si peur de perdre encore ce que j'ai donné...et que j'ai encore.

Comme si mon esprit cherchait à faire mon malheur en prédiction, avant qu'on ne me fasse du mal, m'en faire; moi; à moi.

Stupidissime, mais si difficile à contrer...

La lutte contre moi continue, encore. Mais je suis si fatiguée, si lasse, je n'y crois plus...
Les paroles, les sourires compatissants ne m'atteignent déjà plus, je me ferme; chaque jour un peu plus.
Ce soir, je me sens vide comme une coquille. Pas de perle dans l'huitre; juste un reste pas très frais du mollusque maladivement faible.

Demain est un autre jour, que je n'ai d'autre choix acceptable que de le voir venir, sans curiosité. Des projets, cette semaine, mais au fond, rien qui ne me fasse encore réellement envie, dont je me fasse une grande joie.
Juste éventuellement un moment de soleil dans la pénombre; fugace; à peine arrivé que déjà parti...

Et en même temps, si ces projets là ne se faisaient pas, j'aurais ma raison de tout envoyer bouler, pour de bon.

Désolée, ce n'est pas très gai, ni empreint d'un quelconque espoir; mais ce soir, c'est ainsi. Et je crois, qu'ici, je me sens chez moi. Sûrement parce que c'est le seul chez moi que je connaisse depuis longtemps, c'est la colloc que je n'ai pas...

Par ether-et... - Publié dans : Un peu de moi
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Lundi 21 janvier 2008

Autant je suis entière, très ou trop présente dans la vie que ceux que j'aime, j'aime très fort et vite si blessée ou déçue, je n'aime plus ou je vire les "coupables" de ma vie; autant il existe deux personnes qui dérogent à cette règle.

Rencontrées lors de mes études, leurs caractères aussi dissemblables l'un de l'autre que du mien avaient tout pour que l'on s'affronte et nous rejetions.

Mais non ça n'a pas été le cas.

Etait ce la promiscuité imposée par l'internat, la nécessité de "vivre" ensemble nos études ou juste une forme de tolérance et de curiosité aiguisée par la découverte d'un univers inconnu; toujours est il que nous nous sommes rapprochées et sommes devenues amies.

Nous étions tout un groupe, en fait. Une dizaine de personnes, très différentes les unes des autres, venant de milieux que tout oppose, ayant en commun le même désir professionnel.
Que de rires, de soirées, de discussions nous avons eu en trois ans et demi!

Ca reste une des meilleures période de ma vie. Malgré l'exigeance des études, la vie était simple et belle avec eux.

Mais une fois le diplôme en poche, chacun reprend sa route et le groupe s'est éclaté géographiquement, et malgré nos efforts les premières années pour continuer de faire vivre notre bande, celle ci n'a résisté au temps qui passe et au vieil adage "loin des yeux, loin du coeur"


De ce groupe autrefois si uni, ne subsiste que deux personnes, ces deux amies du départ.

Nous vivons toutes les trois loin les unes des autres, avons des chemins de vie très différents; mais nous continuons de nous appeler régulièrement et de nous voir de temps en temps.

Aline vit dans une campagne reculée, au milieu de nulle part;  s'est mariée et a fait deux enfants. Elle a abandonné son métier pour s'occuper d'eux et par ce fait, est devenue femme au foyer.
Lorsqu'elle me parle de sa vie, j'angoisse en m'imaginant vivre sa vie.
Elle est devenue une mère et rien qu'une mère. A l'écouter, elle n'est plus ni femme ni épouse. Juste une maman...

Lorsque l'on connait mon attirance hallucinante pour les enfants, on imagine bien vite à quel point je suis pressée d'aller chez elle! A part elle, rien ne m'attire dans son environnement. J'avoue sans honte que passer deux jours avec ses deux enfants ne me fait pas sauter de joie; mais me donne plutôt envie de me mettre la tête dans un sac et de faire la morte...
Depuis deux ans qu'elle me demande d'y aller, je vais quand même devoir faire l'effort de sacrifier du temps libre pour aller passer trois ou quatre jours en pleine cambrousse, avec le seul silence de la nature comme loisir, les cris des enfants qui me crispent chaque nerf, et les conversations ineluctables du combien ses enfants sont merveilleux, beaux....
Je sais aussi que c'est une femme adorable, pleine de gentillesse et de douceur, qu'elle a en elle une quirielle de choses magnifiques à dire.

Marylin, quant à elle, est totalement différente. Elle vit toujours là où nous avons fait nos études, est en concubinage avec son musicien de copain et a eu un enfant avec lui.

De nature plutôt bohème tendance néo baba cool; elle navigue brillament entre sa vie de mère, de femme et "d'épouse". 
Honnête quant aux troubles que la vie de couple, de mère peuvent engendrer, elle est aussi tournée vers l'analyse et l'autocritique.
Je la vois plus souvent qu'Aline puisque vivant plus près de chez mes parents et plus ouverte( je pense) à la différence de vie et d'objectifs.
J'aime cette apparence de femme qui maitrise sa vie et ses émotions tout en les laissant apparaitre; mais qui admet sans problème se poser une multitude de questions existentielles qu'elle cherche à résoudre pour vivre mieux.

D'elles deux, d'elles si différentes, j'accepte le silence pendant des mois, je vis bien le fait de ne pas nous voir souvent.
Parce que je pense qu'elles font exception: je pense que peut être bien; elles seront toujours là...

Par ether-et... - Publié dans : Mes amours
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Dimanche 20 janvier 2008

Réaliser au cours d'une conversation que ses repères depuis l'enfance diffèrent de ceux des autres.
Que même une des personnes ayant grandi à ses côtés a eu une façon d'aborder la vie totalement différente de soi...

J'ai dîné hier soir avec des amis (si tu me lis, c'était trèèès bon), et au cours d'une converstion, mon esprit embué de la fatigue de la semaine, a capté quelques phrases de façon plus précise que les autres.

Je me suis pris dans la gueule quelque chose que je savais, mais que je ne voulais pas admettre...
Ou comment un traumatisme change la vision de la vie...

Discussion soutenue et pas forcément agréable avec cette amie chère à mon coeur qui souhaite partir à l'autre bout du monde pour un long moment; en point virgule, parenthèse explicative ou besoin de le dire ou de justifier un besoin, une phrase.

Cette phrase, reprise par mon frère tel un écho. Oui, bien sûr qu'il comprend comment un traumatisme fait tomber les barrières, évidemment qu'il sait aussi que nos repères changent, que la vie se découvre sous un autre angle, que certaines valeurs se trouvent changées à jamais. En bien peut être...

Et moi de me dire "mais de quoi parlent ils?"; "quels sont ces barrières, ces tiroirs dont ils parlent?" "ont ils réellement eu besoin de vivre ça pour réaliser que la vie est fragile?"

Si mes repères ne sont pas les mêmes, c'est que la confrontation si jeune avec la violence, l'insoutenable, l'horreur a conditionné ma façon de me développer.
J'ai grandi dans la peur de perdre mes parents, refusant d'être séparée d'eux plus d'une journée ou deux de peur de le perdre à jamais. 
Je répètais à ma mère "si vous avez un accident, je veux mourir avec vous".

Là où d'autres se construisent avec les autres; parents ou amis; comme point d'ancrage, j'ai grandi avec cette conscience très nette et violente que tout pouvait basculer d'une seconde à l'autre.
Où était l'insouciance, la légèreté?

Dans les apparences, puis, dans l'alcool qui m'aidait à me débarrasser de ces démons terrifiants qui me montraient toutes les horreurs qui peuvent survenir, toujours; à chaque instant.

Ce qui me blesse dans cette constation; c'est que je ne sais pas si je me suis construite sur des bases qui me permettront d'être heureuse un jour.
Je me suis demandée hier soir si je ne m'étais pas bâtie sur des sables mouvants; prêts à m'avaler à n'importe quel moment.

Là où mes amis; prenant conscience de la fragilité de la vie; veulent profiter au maximum; je me cache, je me terre comme une petite fille qui attend que ça tombe. Parce que ça viendra; c'est sûr.
Ca vient toujours...

Je n'ai jamais eu de barrières ou de tiroirs à détruire ou déranger. C'est l'âge, la nécessité de survivre qui m'y ont forcé, dans les seuls domaines affectifs d'ailleurs.
J'ai toujours vu ma vie comme un terrain vierge, rien n'y avait jamais poussé, ni même germé.
Juste le néant que je me devais de combler.

Mais alors, si ces barrières qui tombent; ces tiroirs qui s'entrechoquent sont un signe que l'individu s'est construit normalement et qu'un traumatisme boulverse les élèments existants; cela veut il dire que moi, qui n'ai jamais eu ces barrières et ces tiroirs, je ne pourrait jamais m'accrocher à ces acquis?

Parce que, même s'ils sont perturbés, boulversés voire inversés; ils existent chez eux...

Et mon néant à moi...du coup, j'en fais quoi?

Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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Mardi 15 janvier 2008

Une des conséquences majeure de mes agressions est la peur des autres, quels qu'ils soient.
Je me sens en danger face à l'autre, j'ai peur qu'il découvre mes failles, qu'il lise en moi et utilise ce qu'il a vu pour me blesser.

Plus le temps passe et plus je me suis confrontée à ce problème, puisque je rencontrais de plus en plus de personnes. Je me sentais agressée de toutes parts, jamais à l'abri, toujours sur la défensive.

Le peu de personnes qui avaient eu accès à ce que j'étais m'avaient blessée, humiliée, je ne voulais pas que cela recommence.
Je me suis donc fabriqué un blindage. Redoutable d'efficacité, il m'a cependant probablement plus couté que servi...

A trop avoir peur des autres, on cherche à les fuir. Le hic; c'est que c'est impossible. Ils sont partout, tout le temps. Le moyen que j'ai trouvé était de ne montrer de moi que ce que je voulais qu'ils voient, de ne jamais me laisser atteindre par qui que ce soit, de ne jamais, non; plus jamais avoir mal...

Je souris de lire ces lignes, tant mon raisonnement d'alors était stupide...

Pour ne pas être blessée, j'ai envoyé aux autres l'image d'une jeune femme dure, insensible, exigeante et agressive. Mon rôle était parfait, personne ne voyait (ou ne voulait voir) la personne sous le vernis.
J'entendais souvent "toi, tu es dure" ou encore "mais cesse cette agressivité!"

Non, j'étais fière de ma carapace, fière que rien ne m'atteigne plus, heureuse de voir que je vivais avec les autres sans qu'ils ne soient réellement avec moi. Puisque ce que je suis, je l'avais terré au plus profond de moi.

Personnage de composition et personnalité se sont mèlés, pour finalement ne laisser de la place qu'à la jeune femme froide et insensible que j'avais inventé.
Pas que celle que j'étais ne soit pas sociable ou souriante; mais rien ne m'atteignait.

Un soir, une amie me téléphone et me dit au cours de la conversation "mais aimes tu quelqu'un au fond?"
Ma première réaction a été de dire que bien évidemment j'aimais plein de monde! La preuve, il y a des gens autour de moi!
Mais au fond de moi, je ne ressentais pas l'amour que je prétendais avoir pour les autres.
J'ai raccroché le combiné, je suis restée hagarde quelques minutes.

Incroyable! Je ne ressens rien! Pour personne. Aucun amour, aucune tendresse, aucune sympathie pour qui que ce soit. Même ma mère, je n'éprouvais alors absolument rien pour elle et son sort m'était parfaitement égal.
Et plus que ces sentiments, je ne ressentais ni peine, ni douleur, ni joie, ni haine...

Rien. Que le vide, le néant. le degré zéro de l'émotionnel. Nada, que dalle.
Première émotion ressentie quelques jours  plus tard: la peur. Ma vieille copine se devait de montrer le bout de son nez pour me faire comprendre que j'étais quand même encore un peu vivante!

Peur de n'être qu'une coquille vide, de passer à côté de ma vie, d'être seule, puis; la peur de blesser mes parents.

J'ai cherché comment réapprendre à ressentir les choses, les gens, les émotions.
Commencer par regarder un coucher de soleil et chercher une émotion en moi. Même minime, juste un frissonnement, un tout petit quelque chose.
Un point de départ, en somme.

J'ai dû en regarder des couchers de soleil, des oiseaux qui virevoltaient sous mes yeux blasés, des coccinelles qui venaient me déranger, des cieux roses, gris, pourpres avant qu'enfin, une petite émotion vienne me titiller l'estomac.

Et c'est venu. Pour un rien d'abord, puis pour une multitude de petites choses sans interêt.
J'ai dû lutter pour m'arrêter sur ces petites choses, pour chercher et chercher encore ce qui rend les gens vivants...

Mais pour les êtres humains, la tâche fut rude. Aimer l'autre, se laisser aimer, offrir à l'autre ce que l'on est; avec nos douleurs et nos blessures. C'est difficile...très dur.
J'y suis arrivée. En acceptant ce que les autres me donnaient, en appréciant le cadeau qu'ils me faisaient en m'aimant malgré tout.
J'y suis arrivée aussi en avouant enfin que j'avais mal. Mal d'être différente, mal d'être marquée à vie au fer rouge, mal de ces blessures qui ne se referment jamais complètement.

J'ai tellement peur!! Comme une petite fille perdue dans le noir, ne sachant pas quelle main tendue saisir.

Si aujourd'hui j'aime les autres, j'aime ce qu'il y a autour de moi; c'est parce que je ne veux pas revenir à celle que j'étais; à cette jeune femme vide.

Mais chaque jour est une lutte, chaque relation un numéro d'équilibriste.
Je dois me battre contre moi même pour ne pas me refermer comme une huitre dès que je préssens un danger. Je me bats pour ne pas fuir loin des gens que j'aime, je dois lutter pour ne pas leur donner de bonnes raisons de ne plus m'aimer...

Parce qu'en moi, il y a toujours cette frayeur intense; cette peur immense qu'à nouveau on me blesse.
Peur que l'on brise le peu qui n'est pas encore brisé, peur de ne pas me relever, la prochaine fois.



 

Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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Lundi 14 janvier 2008

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Nous avons tous dans notre médiathèque personnelle un ou plusieurs films que l'on peut voir et revoir sans jamais d'en lasser.

Pour ma part, j'ai deux films que je regarde et regarde encore depuis plus de dix ans. je les aime toujours autant.

Les cassettes vidéos s'abimant, j'ai dû en acheter de nouveau; puis; à l'ère du DVD, je me suis offert mes films sur ce support. Le côté fabuleux; c'est qu'enfin, je peux les voir en version originale; et ça; c'est fabuleux!!

Le premier de mes films cultissime; c'est Autant en emporte le vent.

Adapté du roman de Margaret Mitchell, ce film grandiose a été un enfer à tourner. Le casting très difficile, plusieurs metteurs en scène se sont succédés, le script changeait tous les jours...

Sorti au cinéma en 1939 à Atlanta, il n'est paru en France qu'en 1950.

C'est donc l'histoire de Scarlett O'Hara ( Vivien Leigh) , super peste sudiste de 16 ans; jolie comme un coeur et qui le sait, qui fait tourner la tête de tous les garçons du coin, qui en profite au maximum. J'adore!! Elle les mène par le bout du nez; c'est excellent!!

Le seul à résister à ses charmes; c'est Ashley Wilkes (Leslie Howard). Et ça, la miss Scarlett; ça la rend dingue d'autant qu'elle est "amoureuse" de lui...
Mais le supra fade et mou du genou Ashley va épouser Mélanie Hamilton (Olivia de Havilland) sa cousine. Cette dernière est l'incarnation même de la tolérance, de la gentillesse. A tel point qu'on a même envie de la secouer comme un prunier pour lui dire de réagir... 
Passe par là le cynique et terriblement charmant Rhett Buttler; ajoutez la guerre de sécession qui éclate et vous avez la trame du film.

Ce qui me fait craquer dans ce film (à part Clark Gable en Rhett Buttler) c'est le caractère incroyable de Scarlett.

Pour arriver à ses fins; elle ne recule devant rien. Elle épouse le fiancé de sa soeur par interêt, balaye d'un revers de main l'idée de faire bosser des galériens, se moque totalement de ce qu'on pourrait penser d'elle.

L'objectif est de séduire Ashley et de faire vivre sa famille qui a tant souffert de la guerre.

Hormis le "taratata" culte qu'elle dit à tout bout de champ, elle dit deux phrases dans ce film qui m'ont servi dans la vie.

- "j'y penserai demain" très utile pour ne pas se prendre la tête. A dire tous les jours jusqu'à ce que le problème n'en soit plus un. Attention, utiliser avec modération, totalement inefficace sur les gros problèmes.

- "demain est un autre jour". Refile un peu d'espoir quand on a envie de se mettre la tête dans les WC et de tirer la chasse d'eau.

J'aime aussi le fait qu'il n'y a pas de fin heureuse; elle se retrouve seule; face à ses erreurs, réalisant qu'elle aime son mari (Rhett) alors qu'il la quitte.

J'aimerais bien avoir un peu de ce caractère en acier trempé; cette capacité à ne pas se soucier de ce que pense autrui, cette possibilité de ne pas se laisser atteindre par le malheur d'autrui.
Je ne voudrais pas lui ressembler; mais être un peu moins les pétales de la rose pour en être un peu plus les épines... 

Par ether-et... - Publié dans : Les arts et moi
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Lundi 14 janvier 2008

J'apprivoisais ma peur du sexe, je chassais au loin l'idée que le sexe était sale; même si je ne le faisais uniquement parce que l'autre le voulais et parce que mon traitre de corps en exprimait l'envie.

Mon esprit, mon coeur, eux, frémissaient toujours un peu de dégout lorsque mon copain, lui qui avait fait de moi une fille normale malgré ses mots en douche froide, posait goulûment ses mains sur moi.
Toujours un peu flattée de voir que son désir tendait vers moi, je lui offrais ce qu'il voulait. Toujours un peu sortie de mon corps à ces moments là, je commençais néanmoins à trouver le sexe "normal".

La relation en elle même était ennuyeuse, dénuée de toute connivence, de toute amitié, je ne voyais cependant pas les failles de ce que j'appelais alors notre "couple".

La rupture venait pourtant toute seule, petit à petit. Je supportais de moins en moins de le voir draguer les autres filles, qu'on ne se voie que lors de soirées très arrosées, que ça se termine toujours de la même façon...

Et puis un soir que son manège m'énervant un peu plus que les autres soirs; j'ai cèdé aux sirènes de l'attirance magnétique,brute, animale que j'avais pour un ami commun.Celui ci navigait dans nos soirées, me gratifiant de regards entendus que je m'efforçais d'ignorer, me faisant pléthore de compliments...

Ce soir là; pourquoi ai je décidé que je le voulais? Je l'ignore. Mais je suis allée voir mon copain qui draguait une petite blondinette, je me suis excusée de le déranger, je l'ai plaqué et je suis retournée vers l'autre. 

Sans un mot, nous nous sommes pris par la main et avons quitté la soirée pour aller chez lui.

Ouvrant les vannes de ce désir brut, un peu bestial, plus rien ne comptait à part la dance prometteuse de nos deux corps. la nuit s'offrait à nous, l'appartement quasi vide en terrain de jeu.

Mes réticences s'envolaient au même rythme que mes vêtements tombaient sur le sol; mon corps frémissait d'envie chaque fois qu'un doigt ou une main m'éfleuraient.

Je découvrais mon corps, la sensibilté de chaque centimètre carré de ma peau, l'effet que le contact de sa peau avait sur la mienne, la sensation d'être entièrement tendue vers l'autre.

En nous avouant notre attirance mutuelle après des mois de lutte, nous avons déclenché un ras de marée sensuel.
Des heures durant, il m'a fait découvrir le plaisir de jouer avec le désir, avec nos corps, sans ignorer la moindre partie de peau.

Allant et venant, de haut en bas, jouant tantôt avec son sexe, tantôt avec le mien, ou avec nos bouches se mèlant goulûment; nous avons passé 6 heures à jouer; à laisser nos corps s'apprivoiser.

Je découvrais la part brute en moi, le plaisir d'aiguiser son désir, de le faire monter à la limite du supportable, pour le laisser pantois et revenir à un jeu plus innocent, jouer avec une partie moins sensible de son corps.
Pour la première fois, j'ai aimé sentir le corps d'un homme me parler, me faire comprendre là où le toucher se faisait torture.
Son corps me guidait et je jubilais de voir ce que l'on pouvait faire comme jeux.

Six heures de délices, de plaisir, pour que finalement, nous arrivions au terme de notre jeu, la fin habituelle; la pénétration, la jouissance (la sienne; encore).

Est ce mon esprit qui a brutalement réintègré mon corps; toujours est il qu'il qu'une fois cette nuit de délice achevée, le petit matin m'offrait son corps épuisé, ruisselant encore de son plaisir; et ma nausée habituelle...

L'attirance brute que j'avais pour cet homme, le fait d'assouvir ce désir n'a pas enlevé ce dégout de moi même face au sexe. Une fois encore, je terminais la nuit la tête dans les toilettes à vomir le dégout que j'avais de moi.

Je n'étais pas amoureuse, je ne pensais jamais à lui, mais nos corps ont toujours été attirés l'un par l'autre...
Nous n'avons jamais refait l'amour; même si nos jeux ont continué pendant encore quelques mois; jamais je ne lui ai redonné entièrement mon corps. 

Mais cette nuit là reste gravée dans ma mémoire, je n'en garde que le souvenir d'une nuit magnifique, de la découverte du partage, d'un homme qui se soucie de son plaisir, de mon plaisir, qui m'a fait dcouvrir que le sexe n'était pas que deux corps qui s'emboitent pour se mouvoir de façon mécanique.

Par ether-et... - Publié dans : Le sexe et moi
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Mardi 8 janvier 2008
Hierarchiser ses émotions, ranger les sentiments dans la case correspondante, nettoyer le fouillis de l'âme; voilà le grand nettoyage de printemps que je dois faire règulièrement afin de garder pied.

Je classe soigneusement mes relations, chacun dans sa case. Les connaissances, les potes, les copains, les super copains et; sommet de la hiérarchie etheresque; les amis, l'amour.

A chaque case supérieure, le niveau d'amour ressenti augmente. Partant du simple interêt à l'amour plein en passant par la tendresse ou un amour amical; toute une palette de sentiments s'étale dans mon coeur, se déversant sur chacune de mes connaissances en fonction de la case qui leur est attribuée.
 
Rien ne dépasse, les cases sont ouvertes et chacun peut, en fonction de l'évolution de la relation, se voir changer d'attribution d'un moment à l'autre.

A chaque case une liste de critères prédéfinis qui, si ils ne sont pas tous parfaitement remplis, empèchent l'accession au rang d'ami, de copain ou autre.

Sauf qu'il y a une faille à mon système. Premièrement, il m'enferme et bloque les autres; il est super exigeant pour tout le monde (même si les autres ne le savent pas); mais surtout, il ne prend pas en compte l'inclassable.

Celui qu'on n'avait pas prévu, pas imaginé, pas envisagé parce que totalement inconnu au bataillon des sentiments.

Il y a à peu près un an, j'ai rencontré l'inclassable. De la connivence à la tendresse internetesque, la rencontre réelle a bouleversé l'ordre établi des choses.

Tsunami du coeur, mes émotions se sont perdues dans les flots effrayants de ce sentiment nouveau.

Communion de deux coeurs, de deux âmes; nous nous sommes reconnus. Mais d'où? De quand?
Deux "âmes jumelles" qui se trouvent et ne veulent plus se séparer.

Méli mélo de sentiments pour moi...Où, dans quelle case le mettre?
Moi qui ne donne mon amour qu'à la pipette, pourquoi l'ai je aimé de suite? Qui était il, d'où venait il pour pouvoir ainsi mettre à mal mon merveilleux système?

De l'émerveillement à la panique, tout un tourbillon d'émotions m'ont traversé l'esprit, me rendant tantôt folle de joie de connaitre une personne pareille, tantôt débordant de peur pour cette permission que mon coeur lui donnait de me faire souffrir...
Mon esprit fourmillait de questions sans réponse: comment est il possible d'aimer aussi vite, aussi fort? pourquoi rencontrer une personne qui, je le sais, me blessera un jour? 

La tentation de faire la morte, de fuir le plus loin possible de ce merveilleux danger fut forte à certains moments. Chercher l'erreur, traquer la faute, me donner une raison de le fuir; lui et le danger qu'il représentait pour mon coeur.

J'ai eu beau lutter, rien n'y a fait. Je le trouve beau, même dans ses failles et ses défauts...
Peine perdue; je suis vaincue par KO; je préfère me couper un bras que de me priver d'une immense partie de mon coeur...
Pourtant, il me blesse, me heurte; bien malgré lui. Je voudrais lui tourner le dos, le détester de me faire du mal; mais j'en suis incapable...

Et en même temps, il est le lien vers la vie; la clé qui me manque pour ouvrir ces portes closes, la force que je ne voulais plus avoir pour affronter mes craintes.

Mais il reste l'inclassable, celui qui a fait naître en mon coeur un sentiment nouveau, étrange et addictif; ce sentiment tellement similaire à l'amour dénué de toute attirance sexuelle.

Il n'y en a qu'un comme lui, et la force de mes ressentis à son égard déborderaient largement; alors, je n'inventerai pas de case nouvelle; puisqu'au fond; il est toutes les cases à lui tout seul...










Par ether-et... - Publié dans : Mes amours
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Samedi 5 janvier 2008

Parler de ses traumatismes, c'est pour moi comme un accouchement. Long, difficile, laborieux.
J'y pense, y repense, me demande comment formuler, si je fais bien de le dire, de l'écrire.
Je construis le texte dans ma tête, le démolis pour mieux le refaire.
Et j'attends, sagement le moment où je me sens capable de dire ces choses qui me rongent.

Ether y el sexo part 1 a été difficile à expulser, se présentant peut être par le siège, j'ai dû utiliser des forceps pour pouvoir sortir ce poids.

Aujourd'hui je suis prolixe, j'ai besoin de dire les choses.

Ether y el sexo part 2; c'est l'histoire d'une petite fille à peine remise de son premier traumatisme qu'elle doit en revivre un autre...

Un an plus tard à peut près.

Les cauchemars s'estompaient à peine. je rêvais moins de cette cave, que je m'enfuyais en m'accrochant sous une voiture, je me réveillais moins en sursaut, hurlant d'une voix muette, éteinte par la terreur.
Je tapais moins au mur en pleine nuit, appelant ma mère au secours par le seul moyen à ma disposition, mes membres cloués au lit, ma voix partie.

La vie reprenait ses droits dans le silence imposé par les autorités, ma vie s'écoulait à nouveau comme avant, à peine différente.

C'est alors qu'  "il"  est revenu. "il" allait et venait dans notre vie de famille, venant quelques jours voir son père qui se trouvait être par un mauvais coup du destin aussi le mien.

"il"; mon demi frère. Une bonne dizaine d'années de plus que moi. Ce grand bonhomme qui nous faisait fumer des clopes dans l'allée de l'immeuble sans j'espère se rendre compte que nous étions des petits enfants...

"il" revenait.

Depuis sa dernière venue, mes parents avaient déménagé leur chambre pour m'y installer et me laisser la jouissance d'une chambre seule alors que je partageais auparavant mon univers avec mes deux frères.

Les choses avaient donc changées..."il" dormirait dans ma chambre...Et "il" avait changé aussi.
Plus grand, plus fort, plus bête.

Mon lit est devenu son lit, je dormais par terre, sur un matelas installé pour l'occasion.
"il" parlait toujours beaucoup. De lui, de lui et un peu de lui. De combien il était beau et fort, de tout ce qu'il savait de la vie.
La lumière de chevet allumé, il parlait et je voulais dormir, petite fille imperméable à ses narrations sans fins d'histoires sans interêt à mon âge d'alors.

Et il n'a pas fait que parler.

"il" voulait que je le touche, que je touche cet endroit de lui qu'on ne voit normalement jamais. Sa nudité sur mon lit, cette chose dressée sous mes yeux, sa main qui prend la mienne.
Il accompagnait le geste qu'il imprimait à ma main prisonnière de sa main à lui. 
Je ne voulais ni voir ni toucher cette chose dure, je voulais retirer ma main. Je ne voulais plus sentir ça sous mes doigts, je ne voulais pas avoir ce regard affamé et vicieux vissé sur moi, je ne voulais plus voir ce sourire immonde sur ses lèvres. C'est mon demi frère! Qu'est ce qu'il fait?
Pourquoi il fait ça?

J'avoue ne pas me souvenir de ce qu'il s'est passé ensuite cette nuit là. Peut être ne vaut il mieux pas, je l'ignore; mais je n'ai aucun souvenir de plus que ces caresses forcées...

Mais tout à changé ce soir là. Il m'a dit le lendemain de ne rien dire à personne, que cela tuerait notre grand mère et que je ne voulais pas être responsable de la mort de grand mère; n'est ce pas?
Pour mieux imprimer son empreinte, il profitait de chaque moment seul avec moi pour me donner un coup.
De poing, de pied, avec une baguette qui était chez nous.

Dehors, il s'amusait et me faisait "malencontreusement" mal. Me poussait contre le bec d'évacuation d'eau du balcon du rez de chaussée avec une force telle que le bec s'est brisé contre mon dos.
Il me traitait de douillette, de poule mouillée.

Je n'ai jamais rien dit de cette nuit là, de ces coups donnés dans le dos du reste de la famille. J'ai obéi à ses ordres; trop appeurée d'être la responsable de la mort de notre grand mère pour oser parler.

Et puis, j'ai oublié. Mon esprit a totalement rayé ces évenements de mon esprit pendant longtemps.

Je le haÏssais, mais j'ignorais pourquoi. Il me terrorisait, mais je ne comprenais pas pourquoi.

Et puis, il s'est fait rare chez nous. Comme un aveu masqué de ses actes, il a disparu.

Un jour, durant la période où je tentais d'exorciser mon agression, pendant ces moments tellement douloureux, ces images me sont revenues à la mémoire.
Comme si ce que je traversait n'était pas assez difficile, je devais affronter encore ces images là, ces souvenirs là, pourtant depuis longtemps enfouis dans un tiroir bien fermé de mon esprit.
Pourquoi se souvenir de ça??

Je n'en n'ai parlé à mes parents qu'à l'âge de 31 ans. Impossible avant d'évoquer ces souvenirs en regardant mon père dans les yeux. Terrorisée par l'empreinte de cet adolescent d'alors qui m'avait fait jurer de ne rien dire.

Ce jour là, j'ai eu un immense poids en moins sur la poitrine, mes parents m'ont regardé comme une victime, m'ont reconnue comme une victime. 
Je n'y étais pour rien. Je n'étais responsable ni de cette agression dans la cave, ni des actes de mon demi frère.
Pour la première fois en 25 ans, je me suis sentie victime; dédouanée de toute responsabilité, acquittée, non coupable. Un non lieu du procès que je me faisais depuis si longtemps. Un soulagement immense!
Pour la première fois, j'ai exigé quelque chose. J'ai imposé le respect de moi en demandant aux gens que nous avions en commun de choisir. 
Accepter de le cotoyer était accepter ce qu'il m'avait fait. Lui ou moi; mais pas les deux.
Pas de prescription possible. je ne pardonne pas, j'en suis incapable.

Je me suis sentie plus sereine, apaisée de cette parole enfin débloquée.

Jusqu'à ce que je doive le croiser par hasard, chez sa soeur.
Terrifiée, tétanisée, j'ai su me composer un personnage hautain et froid. Très loin de ce que je suis pour ne laisser aucune porte ouverte. Son attitude m'a aidé. Mal à l'aise, très gèné, il ne savait comment se comporter.

Mais pourquoi n'ai je pas su alors lui dire? Lui dire ce que je pensais de lui au fond de moi. Que je le haïssais, que je le vomissais, qu'il était un monstre immonde à mes yeux, qu'il m'avait achevée, qu'il avait fini de me tuer.
Impossible d'évoquer le sujet; impossible d'être moi face à lui.

La petite fille de 7 ans dont il avait abusé, qu'il avait frappé ne pouvait pas. Celle que j'étais ne pouvais pas empècher cette petite fille qui est toujours en moi de revenir; effrayée par ce monstre de la nuit.

Je ne l'ai jamais revu depuis, je ne le reverrai pas, je ne l'affronterai pas; la force, le courage me manquent.

 

Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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Samedi 5 janvier 2008
Hier soir, je suis allée dîner chez mon petit frère. Musicien que je sais émérite malgré mon imperméabilité au style de musqiue qu'il compose; il me disait hier que la musique n'avait pas de sens réel à mes yeux.

A bien y réfléchir, la musique, bien qu'importante pour moi, ne revêt aucune signification particulière hormis peut être, un ressenti immédiat, qui colle à mon humeur du moment.

J'aime écouter la radio, certains chanteurs, assez "variétés"; mais jamais une musique ne m'a transporté comme je vois certaines personnes l'être.

Mon art à moi, c'est la lecture. Ce qui me fait voyager, qui me sort de mon être, c'est ces pages noircies qui me racontent des histoires fabuleuses.

Depuis longtemps, je m'enferme dans mes livres, la porte de la chambre fermée, mon univers calfeutré, plus aucune incursion n'est permise dans mon univers.

Je lis indifféremment des auteurs contemporains ou plus classiques, fuyants certains styles tels les policiers que je trouve sans interêt hormis peut être, passer le temps lors d'un voyage; et encore...

Je suis sensible au style, à la musique des phrases, au rythme des paragraphes, à l'évolutions des personnages que je vois évoluer. Lorsque je lis, je rêve.
Merveilleuse escapade quasi quotidienne que je ne cèderais pour rien au monde.

Mais j'ai remarqué que je passe par des phases de boulimie de lecture durant lesquelles je peux sans peine m'empifrer de 10 livres en à peine un mois; puis cesser toute lecture pendant des mois; repue à l'excès, digestion difficile de tous ces mots, ces phrases à interprèter.

Ces phases boulimiques correspondent toujours à un moment de remise en question, comme si je cherchais dans mes lectures des réponses à mes questions.
Je les trouve souvent, au hasard d'une lecture sans particularité; une phrase me parle, m'interpelle, m'arrête.
C'est donc ça! Mon problème s'éclaire d'une lumière nouvelle, prend un sens nouveau, une orientation inconnue jusqu'alors.

Pour ces livres là, pour leurs auteurs, je garde une reconnaissance particulière, une tendresse qui m'amène à régulièrement les relire.

De ces lectures que je ne souhaitais pas partager, je parlerai ici. De temps en temps.
Par ether-et... - Publié dans : Les arts et moi
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