Samedi 5 janvier 2008

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Etre adulte, devenir adulte, ca me faisait peur. Pour de multiples raisons. Une tolérance pour ses erreurs qui se perd, le regard des autres qui change, des responsabilités qui naissent...Une grande inconnue qui me terrfifiait.
Mais ce qui me tétanisait; c'était que devenir adulte voulait dire avoir des rapports sexuels.

Terminée l'idée que quelques bisous, un regard tendre et une main que l'on prend suffisent à l'autre.
L'autre; ce monstre attirant qu'est le mâle veut plus. Il veut mon corps. 
Et mon corps, je ne le connaissais pas, je le niais, je le réfutais, je le vomissais.

Si je voulais vivre comme tout le monde, je devais passer par là. Au moins une fois, histoire de lancer la machine, pensais je.

Un ami, avec lequel nous avions une relation ambigüe, m'a montré que le chemin allait être plus compliqué que je ne le pensais.
Soirée entre amis, regards complices, un baiser dans une rue, puis deux.
Une chambre, un lit, tout les deux. Des baisers, nos corps allongés l'un contre l'autre.
La peur au ventre, mais l'esprit qui luttait pour ne penser qu'à "hic et nunc". Ici et maintenant. Rien d'autre; flouter ses craintes,oublier son esprit, il n'a rien à faire là. c'est juste une histoire de corps.

Une main se promène, dansant sur mon corps encore vêtu; quelques frissons saluent le passage de l'audacieuse sur mes seins, mes hanches ou mes jambes.
Mais l'arrivée de cette danseuse au creux de mon intimité stoppa tout spectacle, tout délice.
Rien n'exista plus.
Ni corps, ni pensée, ni même de cerveau.

Juste une rejet, violent, haineux, terrifié. Mon ami s'est retrouvé catapulté de l'autre côté de la pièce d'où il me regardait, stupéfait, les fesses clouées au lino de la chambre.

Cet évenement a stoppé définitivement toute tentative de rapprochement corporel entre nous, bien évidemment. 

Mais pour moi, ce fut un échec cuisant. Comment faire si je ne maitrise pas cette peur irrationnelle?

J'ai trouvé la solution quelques temps plus tard, nouveaux potes, nouvelle rencontre, nouveau petit copain, nouvelles angoisses.
Des soirées bien arrosées, l'alcool qui emmène sur son passage la tristesse, la peur.

Je découvre les vertus de l'alcool, la joie d'être regardée avec envie, le plaisir de lire le désir dans les yeux de l'autre.
Les brumes envahissent mon cerveau, gommant aux passage toute vision, toute pensée me reliant à mon passé.
Je me laisse faire, je découvre la sensation d'une main sur mon corps nu, le désir qui monte en moi aussi, ma respiration se fait plus rapide (tiens, c'est bizarre, ça), puis l'acte.
La pénétration; celle que je craignais. 
Un frisson de crainte me parcours tout de même l'échine lorsque je le sens à l'entrée de mon sanctuaire; mais on ne peut pas faire marche arrière. Je suis dégrisée, je tremble, je regarde mon partenaire avec un air d'oiseau tombé du nid.

Il sait, je lui ai dit que c'était la première fois pour moi.
Il me rassure, me dit que tout va bien se passer. Je me détends, je respire un bon coup; on y va!

Ca y est, c'est fait. Je ne sens rien, je n'ai pas mal, je supporte ce corps pesant sur le mien, je regarde son visage pour me rappeler que c'est moi qui l'ai invité à être ici, il souffle, transpire, laisse échapper des sons étranges. je découvre, surprise.
Puis le râle final. Le mâle a fini son affaire. Je suis soulagée, fière de moi.

Du plaisir, je n'en ai eu aucun; mais je suis une adulte, je peux affronter le monde, j'y suis arrivée, je peux tout faire maintenant, j'ai gagné!!! J'oublie pourquoi j'avais peur de faire ça. J'ai gagné; c'est tout ce qui compte.

Et là, la phrase qui tue : "tu m'as menti; c'était pas la première fois". Je le regarde, stupéfaite. Que répondre?
Je me reprends tout en pleine figure, je tremble de nouveau, de dégout cette fois.

J'ai lutté si fort pour me guérir de ça, et voilà que je provoque moi même ce dégout en me mettant dans le lit d'un homme; en reproduisant volontairement ce qui m'avais détruite.

Une nausée monte, je ne peux plus le regarder, je ne veux plus qu'il me touche, je me lève, je me drappe autant dans ma fièrté que dans le dessus de lit. Je vais aux toilettes et ma bouche expulse la haine que j'éprouve à mon égard.
Je ne suis plus du tout saoule, je suis ivre de mes contradictions, de cette lutte entre la petite fille et la jeune adulte que j'étais devenue. Tout m'échappe, je ne comprends plus rien, je suis fatiguée.
Je retourne me coucher; on pensera demain.
Nous n'avons pas recommencé ce soir là.

Le lendemain, je n'ai voulu pensé qu'à une chose: un garçon m'aime. J'ai un copain, je suis normale.

Par ether-et... - Publié dans : Le sexe et moi
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Jeudi 3 janvier 2008


La famille...c'est un terme qui peut véhiculer les plus beaux sentiments, les trahisons et les blessures les plus terribles.

"On choisi ses amis, on ne choisi pas sa famille" ...
Non, on ne choisi pas sa famille; on s'en accommode, tant bien que mal. 
Son sein peut être destructeur ou régénérant, son aide magnifique ou illusoire.
On peut trouver de tout dans une famille. De l'entraide la plus altruiste à la violence la plus extrème.
Pourtant, ces opposés portent le même nom.

Comme une sorte de lot de naissance qui scellerait à jamais cette part de destinée qu'est l'aube de la vie.
A chacun de choisir de la sublimer ou de la fuir; selon ce que la loterie de la vie nous a offert en dot.

Pour ma part, ma famille est telle que je l'aurais rêvé. 
Certes, j'ai tendance à limiter le terme "famille" à parents, grands parents et fraternité; chacun voit midi à sa porte...

Mais cette famille proche m'apporte bien plus que je n'aurais su rêver.

J'ai souvent entendu des amis de mes parents leur dire qu'ils nous avaient élevés trop durement. 
Un jour, je suis sortie de ma réserve pour donner l'avis d'une des principales concernées. Comment peut on juger de la qualité d'une chose si on ne la connait même pas?

Certes, j'ai eu une éducation stricte, avec des règles établies très fermes.

Mais l'adulte que je suis devenue se doit de remercier ses parents. Lorsque l'on grandit, les choses prennent un jour nouveau, la rebellion adolescente partie, la maturité grandissante nous montrent les sacrifices faits pour notre bien.
Là où je rugissais de rage de ne pouvoir sortir avec mes copines ou avoir les dernières fringues à la mode, je vois avec honte les difficultés que mes parents ont pu avoir à nous protèger ou à nous assumer financièrement.


Mes parents, mes deux frères; voilà mon quotidien d'enfant et d'adolescente. Entre cris, rires et larmes; bagarres et connivences, mes parents jonglaient avec habileté pour tout savoir, tout diriger, tout maitriser avec ce qui fait leur talent:nous laisser notre libre arbitre.

Aucune punition, aucune gifle, aucune fessée n'était donnée sans une explication approfondie et une leçon de vie qui nous menait à comprendre ce que nous avions fait de mal.

J'admire profondément ma mère qui savait distiller sa tendresse et son amour sans jamais montrer sa fatigue d'avoir à gèrer un travail, une maison et l'éducation de trois enfants parfois terriblement turbulents.
Jamais je n'ai vu un signe de lassitude, de ras le bol. 
Je n'ai rien vu de ce que ça pouvait avoir de difficile de vivre tant de vies en une seule.

J'admire également énormément mon père (ce héros) qui a su au delà de son rôle de "grand punisseur" nous inculquer le goût à la remise en question, la culture, la reflexion sur soi et sur autrui, la tolérance, l'ouverture d'esprit.
Ce roi des grandes phrases qui me laissaient muette d'incompréhension savait il que ces vérités prendraient un jour tout leur sens à mes yeux? Je l'ignore, mais il est certain qu'aujourd'hui encore; "papa a toujours raison". (bon, ok, je suis la fifille à son papa; et alors?)

La combinaison de ce duo aussi soudé que différent a fait des merveilles. Ils ont réussi un merveilleux challenge. Donner tout son sens au mot "famille".

Une fois passées les crises d'adolescence, les petits conflits d'interêt aussi mesquins que passagers; mes amis-ennemis mes frères sont devenus tous les deux mes amis.
L'âge adulte a su nous rapprocher, l'éducation que nous avons reçue et le sens des valeurs ont fait le reste.
De confidences à entraide, de fous rires à crises d'angoisses; mes frères et moi avons su; grâce à ce que nous ont offerts nos parents; construire une relation d'adulte équilibrée au delà du lien de parenté.

Mon petit frère, mon complice de l'enfance, mon ennemi de l'adolescence m'émerveille sans cesse par ces facettes qu'il dévoile avec parcimonie; tel un diamant qui prend tout son éclat dans la lumière. 
Surprenant de froideur et de détachement, il sait me clouer sur place avec une phrase empreinte d'un tel amour et admiration que j'en reste pantoise, les larmes aux yeux. 

Mon grand frère, victime de tous nos coups fourrés, cible de mon mépris adolescent a su devenir un confident, un ami qui sait se montrer présent et compréhensif.
De celui que je pensais sans fond, je découvre un être sensible et doux; attentif aux autres et soucieux de leur bien être.

Les rigueurs enfantines ont su être oubliées, pour ne laisser place qu'à des souvenirs émus et à des amitiés nouvelles qui, si on y regarde de plus près, seraient bien insolites si nous n'étions pas frères et soeur.

Alors, à eux quatre, à chacun d'entre eux, j'ai envie de leur dire que je les aime depuis cet endroit de mon coeur où il n'y avait rien au départ et où se trouve aujourd'hui leur empreinte indélébile.

Par ether-et... - Publié dans : Mes amours
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Mercredi 2 janvier 2008
Premier janvier difficile du peu de sommeil, de la lourdeur des mets ingérés, de l'alcool bien lentement évacué.
Mal de tête, réveil contrariant, travail léger mais torturant.

Fin de journée alitée, sieste méritée, puis sommeil perturbé.

Que de cauchemars en ce moment! Toujours à la même heure, je me réveille, trempée de sueur, tremblante. 1h36, une nuit sur deux depuis deux semaines et demie; je fais de ces rêves qui vous laisse apeurée pendant deux heures, immobile dans le noir, la respiration tellement controlée que l'on finit en apnée.

Quel est ce démon en moi qui se manifeste la nuit, troublant mon sommeil, perturbant mes journées, malmenant mon esprit?

Je rêve de démons. Ils m'attaquent. Ou plutôt, ils attaquent les gens autour et je tente de les en empècher.
Mais toujours; alors que je commence à lutter, leur force m'écrase et je me réveille en sursaut. J'ai peur, je regarde l'obscurité de ma chambre; guettant le moindre signe anormal, la moindre lueur inexplicable, le moindre bruit effrayant.

Rien, rien ne se manifeste à moi; mais la peur est plus forte que le sommeil et je reste là; immobile; à épier cette chambre que je connais pourtant si bien.

Je crois que les rêves ont une signification, mais là, je cale. Pourquoi cette fréquence, pourquoi cette différence dans les scénarii alors que la force du démon va crescendo?

Le rêve de cette nuit m'a amené un adversaire bien plus coriace, bien plus puissant que moi.
J'en étais tétanisée au réveil. Impossible de bouger un bras ou même une main...

Je crains de m'endomir et de  découvrir le prochain cauchemar. Je crains le sommeil et le réclame en même temps à corps et à cris.

Ils m'épuisent.



Par ether-et... - Publié dans : Un peu mystique...
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Mercredi 2 janvier 2008

Et voià, il est passé ce réveillon que je craignais tant!

De surcroit, il s'est magnifiquement bien passé; en compagnie de quelques personnes que j'aime beaucoup.

L'an 2008 m'apporte une nouveauté: un réveillon dans la gaité, l'harmonie, la simplicité.

Que du bonheur! Bien mangé, bien bu, bien ri...

Merci à ces personnes qui ont fait de cette soirée un moment de pur régal.

A tous, une merveilleuse année 2008, remplie de tout ce que vous pouvez souhaiter de plus beau.

Par ether-et... - Publié dans : Histoires d'un jour
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Dimanche 30 décembre 2007

La confiance : Croyance spontanée ou acquise en la valeur morale, affective, professionnelle... d'une autre personne, qui fait que l'on est incapable d'imaginer de sa part tromperie, trahison ou incompétence. (CNRTL)

Définition qui m'est plus personnelle :  utopie, fantasme, rêve absurde.

La confiance, c'est une chose que je ne connais pas. Je ne sais pas, je n'arrive pas à faire confiance.

Je me dis toujours qu'un jour où l'autre, je vais souffrir, l'autre me blessera.

Un jour, un ami très proche a dit de moi "je sais qu'elle sera toujours là".
Je l'ai regardé, ébahie, stupéfaite, admirative et un peu envieuse.

Alors que j'aime profondément cet ami, je ne saurais pas dire la même chose le concernant. Je ne suis pas certaine qu'il sera toujours là.
J'ai alors réalisé qu'en lui non plus, je n'avais pas confiance. Pas cette confiance absolue, un peu aveugle; de celle qui donne des certitudes. 
Non, je ne peux pas dire en étant convaincue qu'il sera toujours là. Si j'en étais sûre, je n'aurais d'ailleurs pas peur de le perdre...

Mais alors, ça voulait dire que je doutais de sa valeur morale et affective à mon égard? 

Oui et non. 

Si consciemment, je sais que je suis importante à ses yeux; il y a toujours quelque chose en moi qui n'arrive pas à croire que l'on puisse m'aimer.
Et si "on" est en plus une personne belle à tous les niveaux; je comprends encore moins, je doute encore plus.

Si je ne doute pas de sa valeur morale, c'est justement parce que le jour où il me verra telle que je suis ( parait qu'il faut dire "telle que je me vois"...) il ne pourra plus m'aimer, il ne sera plus là.

Ce que je vois de moi est laid, disgracieux, sombre et triste. rien de bien attirant.
Chouineuse, craintive, faible et bien peu téméraire, je me considère plus comme un boulet que comme une amie.
Le nombre de soirées angoissées durant lesquelles je regarde mon téléphone sans oser déranger qui que ce soit alors que mon coeur déborde de stress, de peurs et de larmes...

Une amie m'a dit il y a peu qu'en fait, je n'avais pas confiance en autrui parce que je n'avais pas confiance en moi.

Damned! Elle a raison! Je n'ai pas, mais alors pas du tout confiance en moi. 

Qu'est ce que se faire confiance? Penser qu'on est quelqu'un de bien, quelqu'un sur qui on peut compter, quelqu'un qui met l'autre avant soi? Je ne sais pas si je suis tout ça...
Je sais pouvoir être présente, vouloir aider les autres, mais je sais aussi que c'est un leurre, un exquis moyen de ne pas voir mes failles, mes faiblesses, mes lacunes.

Avoir confiance en soi signifie un peu être pédant à mes yeux. Je ne veux pas devenir prétentieuse, ni sûre de moi. D'autant que je ne suis jamais certaine que mon aide peut être utile ni de bonne qualité.

Et si acquérir confiance en moi signifiait ne se tourner vers autrui que pour en tirer un quelconque bénéfice? Ce serait devenir bien puante...


Le chemin est encore long pour que je puisse dompter mes craintes et acquérir cette confiance qui me fait tant défaut...




Par ether-et... - Publié dans : Un peu de moi
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Dimanche 30 décembre 2007

patisserie.jpg


J'aime manger. Sans compter, sans me soucier des conséquences, quel que soit ce que je mange, du moment que je me fait plaisir au moment où je le mange.

Sauf que, régulièrement, la balance me rattrape, mes habits me boudinnent ou refusent de se fermer.

Pas grave, j'ai plein de tailles différentes dans mes armoires. Mais quand la plus grande taille disponible dans ma collection commence à sérieusement m'étouffer, je commence à avoir peur.

Je me regarde, de face, de profil, je monte et remonte sur la balance...Non, c'est sûr, c'est pas mes habits qui ont rétréci au lavage ni mon pèse personne qui est en grève. Je suis grosse.

Régulièrement; ainsi; je me mets au régime. Je perds 5, 10 ou 15 kilos selon l'ampleur des dégats, et je recommence.

Le souci, c'est que si je suis honnête avec moi, je sais que ce n'est pas l'amour de la bouffe qui me fait manger.
Ce qui me fait manger; c'est le vide. Je comble un vide.

Une personne me manque? Je mange.
Je me sens mal? Je mange.
J'ai peur? Je mange.

La nourriture comme un doudou qui rassure, qui calme, qui détend.

Torpeur du ventre tendu, certitude un peu inconsciente qu'enveloppée dans mes rondeurs, l'autre ne viendra pas m'attaquer, me faire du mal.

Se rendre laide pour ne pas être agressée par l'interêt que le sexe opposé pourrait avoir pour moi.

C'est ainsi depuis que j'ai réalisé qu'on m'avait pris mon innocence...

Ainsi, tout est lié. Manger pour fuir ses peurs; s'isoler, se protèger.Manger sans raison, sans faim, sans envie. Juste manger, beaucoup.

La graisse comme l'eau qui encercle une île; pour me rendre inatteignable.

Par ether-et... - Publié dans : Un peu de moi
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Samedi 29 décembre 2007

poisson.jpg



Le poisson, c'est bon. Bon, ok, celle là, elle était facile, mais j'avais envie de la faire...

Même s'il existe une quirielle de poissons différents, ils ont quasiments tous des points similaires les uns aux autres.
Ils puent ( si, si ça chlingue un poisson), ils sont super difficiles à attraper si on n'est pas armé, ils se laissent toujours capturer par des artifices dangereux pour eux, ils savent nager en eaux troubles et sont incapables de survivre hors de leur milieu.

Ca; c'est le poisson qu'on mange ou qu'on regarde dans un bocal, quel que soit la taille du bocal.

Mais il existe une autre sorte de poissons.  Celle de l'astrologie.
Et coup de bol ou pas (je ne me suis pas encore décidée à ce sujet), je suis un poisson.

Et c'est amusant de constater que ce que l'on peut appliquer au poisson d'eau s'applique également aux personnes du signe du poisson.

En tous cas; c'est valable pour moi. Pour m'attraper, il faut vraiment se lever tôt, je suis irrémédiablement attirée par ceux qui me veulent du mal, je suis coutumière du fait de continuer à avancer malgré l'adversité et je suis perdue si on m'enlève tous mes repères.

Le poisson dans l'astrologie; c'est un être un peu mystique, qui croit à une quantité de choses invisibles, inaudibles pour la majorité des gens. Ils sont d'une sensibilité poussée à l'extrème, ils sont un peu fuyants, rêveurs, peu terre à terre, savourant leur monde intérieur bien plus que la réalité, romantiques, et, il faut bien l'avouer; un peu fainéants.

J'ai beau changer de support, à chaque fois que je lis un descriptif du poisson, je me retrouve entièrement dans ce que je lis.

Rêveuse, idéaliste, ayant bien du mal à gèrer le quotidien une fois sortie de mon milieu professionnel, je me sens navigant tantôt en eaux hostiles, tantôt à contre courant, d'autres fois à l'aveuglette.
J'ai du mal à affronter la réalité et ses conséquences sur une vie, je fourmille de rêves et d'histoires qui m'aident à m'endormir le soir.

Pour me protèger de la réalité trop dure, je m'enferme dans mes univers, dans mes livres, mes films et mes musiques que je module à ma convenance.

Bavarde extrème, je peux aussi bouder le télephone que je laisse sonner sans scrupule ou refuser d'ouvrir une porte qui sonne. 
Rien ne délimite mes extrèmes; je peux être euphorique une seconde et pleurer la seconde suivante.

Alors, oui, le poisson, c'est bon.

Mais aussi, le poisson; c'est con......

Par ether-et... - Publié dans : Un peu mystique...
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Vendredi 28 décembre 2007

Pas de jolies phrases, pas de style réfléchi pour un des sujets qu'il m'est le plus difficile d'exprimer.

Parce que même si j'aime le sexe quand je suis avec mon homme (quand j'en ai un...); ça reste the sujet hyper délicat, porteur de toutes mes angoisses, mes terreurs nocturnes.

Adolescente, j'entendais mes copines parler de première fois, de virginité, du sang ou de la douleur de la déchirure; je me demandais de quoi elles parlaient.
A 17 ans, j'ai tardivement, mais violemment compris pourquoi leur discours m'était inaccessible.

Je savais, je me souvenais de ce jour là, l'année de mes 6 ans. Je me rappelais bien cet homme grand, bien habillé, les cheveux poivre et sel qui m'a emmenée dans une cave parce qu'il "travaillait avec mon père et avait des papiers à me donner"

Je me souvenais bien de la suite, douloureuse, terrifiante.

Mais jamais depuis ce jour là, on ne m'en a reparlé. A cette époque, la police était bien moins au fait qu'aujourd'hui en matière de pédophilie.

Dire à des parents "ne lui en parlez pas, elle oubliera" semble de nos jours totalement surréaliste.
Mais en 80, c'était  la façon de traiter ces cas; et des parents dépassés par les évènements croient la police...

Alors, jamais on ne m'a dit que ce que cet homme avait fait était mal. Jamais on ne m'a dit que j'étais la victime d'un malade, d'un détraqué.

J'ai grandi; navigant entre cauchemars terrifiants et fascination pour le sexe. Désir et rejet; aussi violents l'un que l'autre.

Adolescente, tout s'est compliqué, je ne maitrisais plus mon corps. Dès qu'un garçon s'approchait de moi, je devenais raide comme une barre de béton et ne maitrisais plus mes gestes de refus. Je pouvais devenir tellement violente...
Un garçon me disait bonjour? Il prenait mon poing dans la figure...
Et je ne comprenais pas ce qu'il se passait.

Et un soir, un soir comme un autre, je vois un reportage sur une jeune fille ayant vécu la même chose. Mon univers s'est écroulé, comme ça; le temps d'un reportage qui racontait mon histoire...
J'ai mis des mots sur mes angoisses, une cause à mes peurs, un sens à mes ressentis.

Violente, la douleur s'est abattue sur moi. Elle me submergeait, me dévorait. Ma vie est devenue sombre, triste, haineuse.

Je criais ma douleur sans dire d'où elle venait. Personne ne comprenait ce qu'il m'arrivait. 
Je pensais qu'on me rejettait; personne pour me tendre la main, pour m'aider.
Je raconte mon histoire à mon amie (la seule); elle raconte partout que j'invente ça pour me faire mousser. Mes parents me regardent, perdus, ne savent pas d'où vient cette douleur morale si violente.

Je me rappelle d'un jour où ma mère faisait à manger et que je lui ai dit "mais aide moi...aide moi..." et m'écrouler sur le sol de la cuisine; secouée de sanglots.

Et j'ai commencé mes études supérieures. Ni convaincante, ni convaincue; mais la vie avance et je devais faire quelque chose de ma peau. 
Ca faisait alors un an que je me débattais dans la noirceur, la tristesse, la haine de moi, de mon corps, de mon âme.
Je devenais de jour en jour plus isolée, plus noire, plus violente.

Je haïssais le monde, les gens heureux, les filles "normales", les sourires.

J'étais la reine des faux semblants; je savais être la super copine et ne rien montrer aux autres de ce qui me rongeait.

Mais une personne a vu. Elle s'appelle Virginie, elle a vu, elle m'a aidé. Ensemble, après un cours, nous sommes allées voir un intervenant qui était pédopsychiatre. 
Lui dire, lui raconter, lui demander de m'aider. Quelle difficulté!! 
Son regard tendre, son sourire désolé restent gravé dans ma mémoire. Il m'a orienté vers un psy.

Je ne voulais pas y aller; ça y est, j'avais parlé, c'était bon. Je ne voulais pas dire à quelqu'un combien j'étais sale, monstrueuse. En plus, ça se voyait!!
Dans ma tête, c'était évident. On ne voyait que ça et si les gens faisaient semblant de ne rien voir, c'est qu'ils étaient bien hypocrites!!

Je refusais toujours  d'aller voir le psy; mais mon état empirait de jour en jour. Je rentrais chez moi, dans mon petit studio et me frappais la tête contre les murs. Ne plus penser, chasser les images, que ça sorte, que ça sorte!!

Virginie a fini par ne plus me donner le choix. Elle a pris rendez vous et m'a trainé chez le psy. Lorsqu'il a ouvert la porte, elle m'a poussé à l'interieur de son cabinet.

J'ai dû raconter, courageusement, que j'étais une saleté, un microbe puant, une traine misère...Je me suis arraché le coeur, le reste de fièrté, les tripes pour lui parler. Un peu.

La première chose qu'il m'ai dite; c'est "vous n'oublierez jamais, vous apprendrez à vivre avec".

Pas la réponse que je voulais, moi. Je veux une lobotomie! Je suis venue jusqu'ici, je suis à nu, je n'ai plus rien, je ne suis plus rien, tuez moi, ça ira plus vite!

Non, on doit parler, chez un psy. De tout, de rien, de ce qu'on ressent, de ce qu'on aimerait ressentir...
Gonflant, très gonflant. Très long, très dur.

Et un jour, je me rends compte que je n'ai plus envie de mourir, que j'ai envie d'être un peu plus jolie dans mon miroir, que je veux être normale.

Il a réussi, je ne veux plus mourir, je ne me vois plus comme une paria, je commence à comprendre que je ne suis qu'une victime. Que je n'ai aucune responsabilité dans ce qu'il m'est arrivé.

Je crois alors que tout est fini, j'ai un copain, j'ai minci,je vois le soleil, je vois qu'il existe encore des oiseaux, je me crois sauvée.

Il m'a sauvé la vie, mais le travail qu'il restait à faire est immense et je l'ignorais alors. 
On ne va pas mieux comme ça, en 9 mois. On ne règle pas tout aussi vite.

Et libèrer tout ça fait aussi remonter d'autres souvenirs; aussi immondes...à gèrer, encore.

Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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Vendredi 28 décembre 2007
Le matin; tôt, le matin. Très tôt. Trop tôt.
Je me lève, il est quoi? 5h, 5h 15?

La nuit est toujours là, mes semblables dorment encore, et ma machine à faire du bruit me lancine le crâne pour me sortir de la tièdeur de mon lit, de la douceur de mes rêves.
Saleté de réveil!

J'aime le soir, j'aime la nuit. 

Mais j'aime pas le matin.
Je veux dormir le matin, dormir de ce que la nuit ne veut pas me donner, dormir pour ne pas penser, ne pas affronter le froid, les gens, l'agressivité du dehors.

J'aime pas le temps qui passe trop vite quand je me lève. Ca file, très vite. 6h, 6h15, va falloir bouger, lâcher l'ordinateur, mettre mon costume, me fabriquer une tête, mettre mon sourire.

Je ne m'y habitue pas. Je veux dormir!!!!
Par ether-et... - Publié dans : Histoires d'un jour
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Jeudi 27 décembre 2007

sauternes-copie-1.jpg Le Sauternes a une histoire pour moi. Chaque bouteille, chaque étiquette, chaque robe.

Le Sauternes, c'était LE plaisir de ma grand mère. Chaque année, pour le nouvel an, elle venait déjeuner chez nous. Mon père lui offrait sa bouteille annuelle,  que, généreuse, elle dégustait en notre compagnie.

Prisonnière d'un autre repas de famille sans fin, ne rêvant que de voir mes copines ou de finir le bouquin en cours, je faisais mauvaise figure et rechignais à tremper mes lèvres pourtant déjà bien adolescentes dans le nectar favori de mon aïeule.

Les temps changent. Les goûts changent ils ou c'est le coeur qui nous apprend à aimer aussi les mets et boissons que l'on abhorrait autrefois?

Toujours est il que le temps passant, ma grand mère vieillissant, moi prenant conscience qu'elle n'était pas éternelle, j'ai commencé à aimer le Sauternes lorsqu'elle n'a plus pu se joindre à nous pour le déjeuner du nouvel an...

Cette année, pour Noël, j'ai acheté une bouteille de Sauternes que nous avons bu en famille, en souvenir de cette femme merveilleuse qu'était ma grand mère.

C'était le deuxième Noël depuis son décès, mais cette année, j'avais besoin qu'on pense à elle. Tous.

Parce que cette année, j'ose dire qu'elle me manque. Ce n'est pas parce que les gens sont âgés, qu'ils meurent à ce qu'on appelle "un bel âge" que l'on ne doit pas être triste.

Je suis triste depuis l'été 2006 et je reste un peu triste. Je l'ai perdu. Elle a rejoint sa mère avec laquelle elle doit refaire les bals ronds dont elle me parlait sans cesse; elle a rejoint son frère auquel elle a dû présenter des excuses inutiles pour cette mort dont elle n'était pas responsable mais dont elle s'accablait; elle a rejoint son mari et lui a dit comme elle savait maintenant qu'il était un bon époux; elle a rejoint son fils, son ultime déchirure, sa dernière perte. La pire.

Elle est morte et c'est ce qu'elle voulait. Lucide; enfermée dans ce corps ne répondant plus à ses ordres, prisonnière de cette vie presque végétale; elle en avait assez. Et c'était normal.

Ne se réveiller que pour attendre la nuit et le lendemain, identique, implacable vie qui écrase l'espoir, l'envie. Plus d'avenir, le passé qui se floute et le présent à fuir dans un labyrinthe confus de souvenirs emmèlés.

Elle s'est endormie en tenant la main de mon père, nous laissant orphelins, ne sachant probablement pas à quel point on l'aimait, à quel point je l'aimais.

Je suis orpheline d'une main à la peau fripée si douce, d'un regard bleu translucide, d'un sourire qui en disait plus long que n'importe quel discours, d'une voix chevrotante et ferme. Je suis orpheline de ma grand mère, de ma Gaby.

Mais tant que je vivrai, ses souvenirs seront encore vivants. A mon tour, je les raconterai, peut être un peu déformés, mais à mon tour, je donnerai l'empreinte de ma grand mère aux suivants.

Par ether-et... - Publié dans : La famille
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