Samedi 5 janvier 6 05 /01 /Jan 11:25

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Etre adulte, devenir adulte, ca me faisait peur. Pour de multiples raisons. Une tolérance pour ses erreurs qui se perd, le regard des autres qui change, des responsabilités qui naissent...Une grande inconnue qui me terrfifiait.
Mais ce qui me tétanisait; c'était que devenir adulte voulait dire avoir des rapports sexuels.

Terminée l'idée que quelques bisous, un regard tendre et une main que l'on prend suffisent à l'autre.
L'autre; ce monstre attirant qu'est le mâle veut plus. Il veut mon corps. 
Et mon corps, je ne le connaissais pas, je le niais, je le réfutais, je le vomissais.

Si je voulais vivre comme tout le monde, je devais passer par là. Au moins une fois, histoire de lancer la machine, pensais je.

Un ami, avec lequel nous avions une relation ambigüe, m'a montré que le chemin allait être plus compliqué que je ne le pensais.
Soirée entre amis, regards complices, un baiser dans une rue, puis deux.
Une chambre, un lit, tout les deux. Des baisers, nos corps allongés l'un contre l'autre.
La peur au ventre, mais l'esprit qui luttait pour ne penser qu'à "hic et nunc". Ici et maintenant. Rien d'autre; flouter ses craintes,oublier son esprit, il n'a rien à faire là. c'est juste une histoire de corps.

Une main se promène, dansant sur mon corps encore vêtu; quelques frissons saluent le passage de l'audacieuse sur mes seins, mes hanches ou mes jambes.
Mais l'arrivée de cette danseuse au creux de mon intimité stoppa tout spectacle, tout délice.
Rien n'exista plus.
Ni corps, ni pensée, ni même de cerveau.

Juste une rejet, violent, haineux, terrifié. Mon ami s'est retrouvé catapulté de l'autre côté de la pièce d'où il me regardait, stupéfait, les fesses clouées au lino de la chambre.

Cet évenement a stoppé définitivement toute tentative de rapprochement corporel entre nous, bien évidemment. 

Mais pour moi, ce fut un échec cuisant. Comment faire si je ne maitrise pas cette peur irrationnelle?

J'ai trouvé la solution quelques temps plus tard, nouveaux potes, nouvelle rencontre, nouveau petit copain, nouvelles angoisses.
Des soirées bien arrosées, l'alcool qui emmène sur son passage la tristesse, la peur.

Je découvre les vertus de l'alcool, la joie d'être regardée avec envie, le plaisir de lire le désir dans les yeux de l'autre.
Les brumes envahissent mon cerveau, gommant aux passage toute vision, toute pensée me reliant à mon passé.
Je me laisse faire, je découvre la sensation d'une main sur mon corps nu, le désir qui monte en moi aussi, ma respiration se fait plus rapide (tiens, c'est bizarre, ça), puis l'acte.
La pénétration; celle que je craignais. 
Un frisson de crainte me parcours tout de même l'échine lorsque je le sens à l'entrée de mon sanctuaire; mais on ne peut pas faire marche arrière. Je suis dégrisée, je tremble, je regarde mon partenaire avec un air d'oiseau tombé du nid.

Il sait, je lui ai dit que c'était la première fois pour moi.
Il me rassure, me dit que tout va bien se passer. Je me détends, je respire un bon coup; on y va!

Ca y est, c'est fait. Je ne sens rien, je n'ai pas mal, je supporte ce corps pesant sur le mien, je regarde son visage pour me rappeler que c'est moi qui l'ai invité à être ici, il souffle, transpire, laisse échapper des sons étranges. je découvre, surprise.
Puis le râle final. Le mâle a fini son affaire. Je suis soulagée, fière de moi.

Du plaisir, je n'en ai eu aucun; mais je suis une adulte, je peux affronter le monde, j'y suis arrivée, je peux tout faire maintenant, j'ai gagné!!! J'oublie pourquoi j'avais peur de faire ça. J'ai gagné; c'est tout ce qui compte.

Et là, la phrase qui tue : "tu m'as menti; c'était pas la première fois". Je le regarde, stupéfaite. Que répondre?
Je me reprends tout en pleine figure, je tremble de nouveau, de dégout cette fois.

J'ai lutté si fort pour me guérir de ça, et voilà que je provoque moi même ce dégout en me mettant dans le lit d'un homme; en reproduisant volontairement ce qui m'avais détruite.

Une nausée monte, je ne peux plus le regarder, je ne veux plus qu'il me touche, je me lève, je me drappe autant dans ma fièrté que dans le dessus de lit. Je vais aux toilettes et ma bouche expulse la haine que j'éprouve à mon égard.
Je ne suis plus du tout saoule, je suis ivre de mes contradictions, de cette lutte entre la petite fille et la jeune adulte que j'étais devenue. Tout m'échappe, je ne comprends plus rien, je suis fatiguée.
Je retourne me coucher; on pensera demain.
Nous n'avons pas recommencé ce soir là.

Le lendemain, je n'ai voulu pensé qu'à une chose: un garçon m'aime. J'ai un copain, je suis normale.

Par ether-et... - Publié dans : Le sexe et moi
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