Dimanche 20 janvier 7 20 /01 /Jan 23:25

Réaliser au cours d'une conversation que ses repères depuis l'enfance diffèrent de ceux des autres.
Que même une des personnes ayant grandi à ses côtés a eu une façon d'aborder la vie totalement différente de soi...

J'ai dîné hier soir avec des amis (si tu me lis, c'était trèèès bon), et au cours d'une converstion, mon esprit embué de la fatigue de la semaine, a capté quelques phrases de façon plus précise que les autres.

Je me suis pris dans la gueule quelque chose que je savais, mais que je ne voulais pas admettre...
Ou comment un traumatisme change la vision de la vie...

Discussion soutenue et pas forcément agréable avec cette amie chère à mon coeur qui souhaite partir à l'autre bout du monde pour un long moment; en point virgule, parenthèse explicative ou besoin de le dire ou de justifier un besoin, une phrase.

Cette phrase, reprise par mon frère tel un écho. Oui, bien sûr qu'il comprend comment un traumatisme fait tomber les barrières, évidemment qu'il sait aussi que nos repères changent, que la vie se découvre sous un autre angle, que certaines valeurs se trouvent changées à jamais. En bien peut être...

Et moi de me dire "mais de quoi parlent ils?"; "quels sont ces barrières, ces tiroirs dont ils parlent?" "ont ils réellement eu besoin de vivre ça pour réaliser que la vie est fragile?"

Si mes repères ne sont pas les mêmes, c'est que la confrontation si jeune avec la violence, l'insoutenable, l'horreur a conditionné ma façon de me développer.
J'ai grandi dans la peur de perdre mes parents, refusant d'être séparée d'eux plus d'une journée ou deux de peur de le perdre à jamais. 
Je répètais à ma mère "si vous avez un accident, je veux mourir avec vous".

Là où d'autres se construisent avec les autres; parents ou amis; comme point d'ancrage, j'ai grandi avec cette conscience très nette et violente que tout pouvait basculer d'une seconde à l'autre.
Où était l'insouciance, la légèreté?

Dans les apparences, puis, dans l'alcool qui m'aidait à me débarrasser de ces démons terrifiants qui me montraient toutes les horreurs qui peuvent survenir, toujours; à chaque instant.

Ce qui me blesse dans cette constation; c'est que je ne sais pas si je me suis construite sur des bases qui me permettront d'être heureuse un jour.
Je me suis demandée hier soir si je ne m'étais pas bâtie sur des sables mouvants; prêts à m'avaler à n'importe quel moment.

Là où mes amis; prenant conscience de la fragilité de la vie; veulent profiter au maximum; je me cache, je me terre comme une petite fille qui attend que ça tombe. Parce que ça viendra; c'est sûr.
Ca vient toujours...

Je n'ai jamais eu de barrières ou de tiroirs à détruire ou déranger. C'est l'âge, la nécessité de survivre qui m'y ont forcé, dans les seuls domaines affectifs d'ailleurs.
J'ai toujours vu ma vie comme un terrain vierge, rien n'y avait jamais poussé, ni même germé.
Juste le néant que je me devais de combler.

Mais alors, si ces barrières qui tombent; ces tiroirs qui s'entrechoquent sont un signe que l'individu s'est construit normalement et qu'un traumatisme boulverse les élèments existants; cela veut il dire que moi, qui n'ai jamais eu ces barrières et ces tiroirs, je ne pourrait jamais m'accrocher à ces acquis?

Parce que, même s'ils sont perturbés, boulversés voire inversés; ils existent chez eux...

Et mon néant à moi...du coup, j'en fais quoi?

Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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