Lundi 15 septembre 1 15 /09 /Sep 13:37
Nous sommes là, mon inclassable et moi, effarés devant l'ampleur de la tâche qui nous attend.

Ranger dans cet appartement déjà plein mes vingt mètres cubes de fourbis me paraissait alors impossible.
Me séparer encore de certains de mes biens était une idée alors trop douloureuse.

La meilleure solution nous a semblé être: on fait comme on peut.

Et puis, flûte, où est ce qu'on va mettre mon frigo?
Je l'ai gardé, il est quasi neuf, il a un super compartiment congèlateur, pis je l'aime, moi, mon frigo que j'ai même pas fini de payer!

Là, une nouvelle difficulté s'offre à nous...

Un placard, une sorte de niche créée en briquette, avec un super montant de porte nous pollue la place.

Qu'à celà ne tienne! On démolit ce placard.

Appel à un ami calé en bricolage, et hop! De coups de masse en coup de masse, la cuisine ressemble à un chantier poussièreux et jonché de débris rouges et blancs.

Nous nous regardons...on n'a pas vraiment réfléchi avant ça, hein?

Le copain nous laisse, nous remplissons des sacs et des sacs de gravas et observons la place gagnée, les murs marqués d'une large saignée, le plafond abimé et le sol décarrelé...

Pas si simple, maintenant, on va avoir besoin de plâtre, d'enduit, de peinture...

Je ne suis là que depuis deux jours et nous faisons de la maçonnerie avant même de ranger! Après tout, ça nous ressemble pas mal...

Le mardi, mon père me téléphone et m'annonce une triste nouvelle. Ma mère a fait une chute et s'est brisé l'épaule. Elle est à l'hopital et va se faire opérer.

Je suis épuisée, je cherche mes marques, j'ai deux mille choses à faire, je craque.

Ma mère, c'est la lumière qui brille quoiqu'il se passe dans ma vie. Je ne veux ni la perdre, ni qu'elle se ternisse.

Je décide de partir pour sa sortie d'hopital, pour l'aider, la soutenir, permettre à mon père de prendre ses marques.

Le coeur un peu lourd de cette nouvelle, je décide d'utiliser le temps qu'il me reste avant mon départ pour terminer ce mur de cuisine.

Tout se passe bien jusqu'à ce que nous soyons confrontés au délicat problème du sol.
Il est entaillé en angle droit, sur une quizaine de cm de largeur et environ dix centimètres de profondeur.
Ni lui ni moi ne sommes terrassiers et la lassitude commence à nous gagner.

L'idée vient, on ne sait comment de combler le vide avec de la colle à carrelage et d'appliquer ensuite des lattes de lino...

Je vous préviens de suite, c'est une mauvaise idée...La colle fuyait par l'espace entre les lattes, nous scotchait systématiquement au sol, nous obligeait à disséminer des traces de colle partout dans l'appartement. En un mot, pas possible.

Un autre idée survint. Et si nous comblions le vide avec les quelques gravas que nous n'avions pas encore évacués?

Sitôt pensé, sitôt fait, nous voici à quatre pattes à essayer d'enfiler des morceau de plâtre, de briquettes entre le lino et le trou encollé.

Le sol ne ressemble plus à rien, c'est un terrain de moutain bike pour cafard qu'on a fait là.

Nous enlevons finalement le lino en nous disant que si on applique une fine couche de ciment que l'on humidifie, ce sera bien....
C'est rigolo, mais c'est pas bien. Le lino collé sur ce ciment  se désolidarise du reste.

Finalement, la veille de mon départ chez mes parents, après deux jours de grand n'importe quoi, nous décidons de faire ce que nous avions décidé dès le départ: mettre un vrai ciment dans ce trou...

Je peux partir, ma mère est sortie de l'hopital, mes affaires toujours en vrac partout, je pars vers ma mère.

Je reste 5 jours vers elle, à l'aider pour tout ce qu'elle ne peut plus faire, privée de son épaule gauche, à la laver, la réconforter, tenter de lui faire comprendre que ce sera long...
Je suis touchée de la voir ainsi. Elle souffre tant physiquement que moralement.

L'aide que je lui apporte est, je le sais, insuffisante; mais les évènements des dernières semaines ne me laissent alors que bien peu d'énergie et mon moral s'en ressent déjà beaucoup.

Lorsque le jour de mon retour à la maison est arrivé, je trouve ma mère un peu mieux, et ses larmes en me regardant partir me vrillent encore l'estomac à l'heure où j'écris cet article.

Depuis, l'appartement a retrouvé figure humaine, tout est rangé ou presque, et ma mère va beaucoup mieux.

Tout s'est remis dans l'ordre petit à petit, il reste peut être encore un peu de l'énergie que j'ai dû mettre dans ces moments là à récupèrer...
Par ether-et... - Publié dans : Le monde...autour
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