Lundi 15 septembre 1 15 /09 /Sep 14:12

22 août 2008, midi, je marche fébrilement vers l'inconnu.

Le rendez vous d'EMDR auprès de monsieur S, c'est aujourd'hui, c'est maintenant.

Je ne peux pas nier la boule qui grandit dans mon estomac, mes mains qui tremblent. J'ai peur.

Peur qu'il me dise qu'il ne peut rien pour moi, que je devrai vivre avec mes peurs et mes blocages toute ma vie.
Peur de souffrir, de pas savoir gèrer ce qu'il va se passer.
Peur aussi que ma vie ne change, en fait. Parce que le changement fait toujours peur, n'est ce pas?

M. S m'ouvre la porte, souriant, le visage détendu et accueillant. Sa voix calme et amicale me détend un peu. Le contact est bon.

Je lui explique la raison de ma visite, réponds à toutes ses questions, avale difficilement ma salive...

Il me dit alors que oui, ma situation est idéale pour l'EMDR, que c'est pour ce genre de cas que c'est une technique de plus en plus répandue.

Ouf! Je suis soulagée, je tiens peut être enfin MA solution.

L'entretien se poursuit, il me demande si j'ai en réserve un souvenir refuge, le souvenir d'un moment où j'étais bien, où je me sentais en sécurité, en harmonie.

Oui, M.S; j'ai ça en réserve. Un jour d'été dans le Haut Jura, alors que j'étais en vacances dans la maison de ma grand mère, j'étais adolescente. Je me suis assise sur une pierre sur une butte qui surplombait la maison, la route, tout.
Devant moi, le vert des prairies contrastait magnifiquement avec le bleu pur du ciel. Une douce brise tiède me caressait les bras, un oiseau gazouillait, et la cîme des sapins semblait vouloir aller au delà du bleu.

"Très bien, testons votre souvenir avec l'EMDR", me dit M.S

Il s'assoit près de moi, il est face à moi, mais décalé sur ma gauche, il bouge son bras gauche de droite à gauche devant mes yeux qui doivent le suivre, en même temps que mon esprit pense à ma montagne.

Il s'arrête et me regarde, me demande se qu'il s'est passé.

Je me sens bien, détendue, des larmes perlent à mes yeux tant ce souvenir me rassure.

M.S est content, il me dit alors de penser à la première image qui me vient lorsque je pense à mon agression dans la cave.

"Vous y êtes?"
"Oui, j'y suis" dis je d'une voix blanche.

Et c'est parti, son bras s'agite, ses doigts bougent et je dois suivre ce manège tout en continuant de penser au pire moment de ma vie.

"Alors, qu'est ce qui vient?", me demande t'il au bout de quelques minutes.

Je suis perturbée par ce que je ressens. Une nausée incroyable est montée, je me sens fébrile, fragile. Je lui dit.

" Gardez ça, on continue"

Rebelotte, mes yeux suivent docilement.

" Alors?"

Une douleur lancinante me déchire le dos, je gigotte pour trouver une position antalgique.

Une demie heure durant, nous alternerons les phases d'EMDR et la verbalisation des ressentis.

De la sensation d'étranglement aux brûlures vaginales, en passant par des coliques ou des vertiges; ce fut une demie heure de douleurs physique. Les larmes sont dures à tarrir, mais j'ignore pourquoi elles coulent ainsi.

M.S sonne la fin de la séance, me demande de repenser à mon souvenir refuge et bouge une dernière fois bras et main gauche devant mes yeux embués.

Le sentiment d'angoisse et de peur s'estompe, il est content, me dit que je semble bien réagir et me met en garde sur les jours qui vont suivre.

Je dois m'attendre à être très fatiguée, à être assez mal, triste, angoissée...
Je dois prendre soin de moi, semble t'il...

Je chausse mes lunettes de soleil alors que cette ville du sud s'est mise au diapason de ce que je ressens. La pluie bat le pavé lorsque je sors de chez M.S, je prends mon telephone et appelle ma mère.
Je lui parle le long du chemin qui me mène à ma voiture, me mettant ainsi dans une bulle de laquelle sont exclus tous les gens que je croise. Je ne veux pas les voir, ils m'agressent, me gènent.

Arrivée à ma voiture, je raccroche et rentre chez moi, les larmes ruisselant toujours sur mes joues.

J'explique rapidement à Inkan, à mon frère et sa copine en visite chez nous ce qu'il s'est passé, tente de masquer le malaise qui est en moi et n'y tiens finalement pas, je fonds en larmes dans les bras de mon frère.

Cette nuit là, je n'ai pas dormi. Les jours suivants ne furent qu'une succession d'angoisses, de terreurs, de malaises, de douleurs.

Il me fallut cinq jours avant de me sentir un peu mieux, malgré tout terrifiée par la montagne que j'avais commencé à gravir et par ce qu'elle pouvait cacher.

Il me restait dix jours avant de retourner affronter les initiales les plus effrayantes et les plus prometteuses de ma vie : EMDR chez M.S
Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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