Lundi 6 octobre 1 06 /10 /Oct 15:35

Encore tremblante et bouleversée de savoir que mon demi frère reconnaissait ce qu'il avait fait, je pars chez mon psy pour ma troisième séance.

Je pleure dans la salle d'attente, de larmes que je ne sais pas bien expliquer; et dans le ventre la sensation que l'on a lorsque l'on est au bord d'un précipice.

La porte s'ouvre, M. S voit tout de suite que je suis fébrile. Petit débrieffing. Il est content de ce qui se passe.
Heureux que mon père se soit chargé de mon problème; qu'enfin il se conduise comme un papa plutôt que comme un père.
Ravi que mon demi frère prenne enfin ses responsabilités, me dit que oui, le dialogue devra se faire; mais dans mes conditions, quand je serai prête, où je voudrai, avec qui je voudrai. C'est moi qui décide, je ne doit rien subir à ce sujet. Il insiste sur ce point.

Je ne sais pas si je peux faire face à une séance dans l'état dans lequel je suis. Il m'assure que si, que ce sera fructueux.

Alors, nous commençons. J'ai à nouveau peur, comme pour la première séance. Je sais que mon esprit peut liberer aujourd'hui des choses que mon conscient refuse encore. Je suis à l'envers aujourd'hui, en état de faiblesse, je me méfie de moi...

Au fil de la séance s'affiche de plus en plus clairement ma honte. La honte d'avoir désobéi à mes parents, que cette désobéissance ait mené à ce viol, à la salissure, la déception pour mes parents.
Puis, le désarroi, la certitude enfantine que si mes parents le savaient; ils ne m'aimeraient plus.

Les larmes de la petite fille coulent sur mes joues d'adulte. J'ai à nouveau peur de perdre l'amour de mes parents; le sentiment étouffant de la honte m'envahi.
Dans ma tête raisonne "j'ai désobéi, je les ai déçu, à cause de moi, ils vont souffrir"

De plus en plus évidente, je vois la cause de mon mal être.

Non, le viol en tant que tel est résolu depuis longtemps. Ce que je ne gère pas, c'est ce dont je me suis persuadée à ce moment là.

Mon esprit de petite fille a fait une interprètation étrange de cet évènement:

Sale petite fille qui ne fait pas ce qu'on te dit, vois tu ce que tu as fait? Vois tu ce qu'il va advenir de toi?
Tu es sale maintenant, tu es le mal qu'on t'a fait puisque tu l'as provoqué. Tes parents qui t'aiment tant méritent ils celà?
S'ils ne t'aiment plus, c'est bien fait, tu mérites ce qu'il se passe.
Maintenant, qui peut t'aimer, toi qui agi de façon à ce que le pire arrive? Tout est de ta faute. Tu déçois les gens qui t'aiment.
Je te déteste petite conne!! Pour qui te prends tu? Tu crois qu'à 6 ans, tu peux faire comme tu veux?
Ha, ha, ben tu vois, ça coûte cher de se prendre pour ce qu'on n'est pas, hein?
Je te hais, immonde petite chose souillée! Saleté !

Je ne peux plus suivre la main de M. S, je baisse la tête, courbée par le poids de la honte. Je pleure de constater que je me hais tant, depuis si longtemps.

Non, il faut continuer. M.S ne me lâche pas, "vous voyez ma main à travers vos larmes".

Je suis effrayée de ce qui m'apparait.

Je ne comprends pas ce qui m'arrive. Ma tête tourne. Ainsi, toute cette souffrance, toute cette douleur ne sont que le fruit de la punition que je m'inflige?
Ainsi, ce n'est que la haine que je m'inspire qui m'a conduit à celà?

C'est pour ça que j'ai tellement peur de perdre mes parents? Parce que je me suis convaincue qu'ils ne pouvaient plus m'aimer après celà...
C'est pour celà que j'ai tant de mal à aimer et à me laisser aimer? Parce que je me suis persuadée que je ne suis pas aimable...
C'est pour celà que j'ai tellement peur de tomber amoureuse? Parce que je suis certaine que le rapport avec un homme éloignera l'amour de mes parents...

Je sors de la séance encore plus bouleversée qu'à l'entrée. J'appelle Inkan. Il faut venir me chercher, je suis incapable de conduire.
En l'attendant, j'appelle Chut; j'ai besoin de parler, j'ai besoin de ne pas voir les gens qui passent.

Inkan arrive, je m'effondre dans ses bras. Je suis au bord du malaise. Je ne sais plus qui je suis, je sanglotte, le regarde sans le reconnaitre vraiment.
Mon cerveau se torture. Il souffre.
La patience d'Inkan finit par me calmer un peu. Je parviens à rentrer et à dormir.

Le lendemain et les jours qui suivirent ne furent qu'une immense torture. Réminiscence de ces sentiments et émotions enfantins, je n'étais qu'une boule de terreurs. D'abandon, de haine, de mépris profond.
Et petit à petit; je commençais à percevoir l'immensité de mon erreur.

Ainsi, je me suis trompée toute ma vie. Ainsi, je me suis construite sur une réaction d'enfant traumatisée.

Alors, qui suis je vraiment? Que serai je lorsque tout sera fini?

Je regarde devant moi et je ne vois rien. J'ai tout à reconstruire. 

Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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