Dimanche 29 novembre 7 29 /11 /Nov 16:18
A midi, je suis allée la chercher dans ce qui est encore son chez elle. Cet appartement dont elle m'a remis les clés comme un signe de confiance; comme une façon de s'éviter de les perdre aussi.

Il faut dire que c'est une miss catastrophe, ma coup's. Un éléphant dans un magasin de porcelaine. Une madame Lagaffe.

Elle était stressée, la mine chiffonée du trop peu de sommeil, de l'énergie employée à penser à tous ces petits détails qui deviennent primordiaux quand on est à l'autre bout du monde.
Son sac était énorme et si petit...

Tellement lourd, gros pour un gabarit comme elle. Ténu, minuscule quand on pense qu'elle est partie pour vivre ailleurs.
Parce qu'elle ne part pas un mois, ou six mois. Elle part pour de bon. Elle largue les amarrres d'une vie passée sous le signe du lien qui se brise, des peines jamais résolues.
Elle va vers son ailleurs, vivre ce qu'elle souhaite depuis si longtemps... Depuis que je la connais, elle parle de partir. Pour de bon. De ne revoir la France qu'en vacances; de passage.

Mais au moment où le départ est là, le stress est monté en flèche. Un papier oublié nous a obligées à faire demi tour, ajoutant au stress de la route.

Du monde ou pas sur le périph?
Et sur l'autortoute?
Et quel terminal?

En trois ans, je ne l'ai jamais vu courir, ma coup's. Là, je l'ai vu piquer un sprint du tonnerre. Cent mètres en moins de cinq secondes, ou presque!
La tension est redescendue un peu dans la voiture. Elle ne réalisant pas bien que ce voyage n'a rien de vacances dont on revient la tête pleine de souvenirs; moi ne voulant même pas y penser.

C'est couillon, mais une partie de moi lui en veut de partir. De nous laisser là; amputés d'elle sans réaliser à quel point elle est importante dans nos vies.
Et pourtant, je sais que c'est essentiel pour elle. Elle doit le faire si elle veut se réaliser. Elle doit vivre cette vie d'ailleurs, si diffèrente et si semblable à la fois.

Nous sommes arrivées un peu en avance, trouvant l'enregistrement avec un facilité déconcertante.
La file de personnes devant nous m'a laisser à espèrer que l'attente allait durer, mais la chance s'est arrêtée là. En moins de dix minutes, son enregistrement était bouclé.
Juste le temps pour une pause clope; à mi chemin entre un rituel et un moment sacré. La dernière clope entre nous deux, un moment qu'on ne revivra pas de sitôt.
Les mots nous manquent presque...

Je sens la boule dans ma gorge grossir, mais je ne veux pas pleurer. C'est pour son bonheur qu'elle part. Je me dois d'être heureuse pour elle.

Devant la porte d'embarquement; les au-revoir. Je l'ai prise dans mes bras; sentant l'odeur de l'encens qu'elle aime à mettre chez elle. Je l'ai sentie émue, perdue.
Je lui ai dit d'être heureuse, de faire attention à elle, de ne pas m'oublier. Je lui ai dit que je l'aime, qu'elle allait me manquer.
Salement, saloperie.

Je l'ai vue avoir du mal à aller vers cet escalator qui nous séparait, qui la séparait aussi de tout ce qu'elle aime ici, mais qui ne suffit plus à son bonheur.
J'ai pleuré, parce que je n'ai pas réussi à faire autrement. Parce que même si je suis contente pour elle, je suis trite pour moi.

Parce que ma coup's, c'est quelque chose pour moi. Elle est primordiale, essentielle. Elle illumine ma vie depuis qu'elle y est entrée; forçant un peu la porte.

Je lui ai dit mardi soir, lors du dîner des adieux, que si elle n'avait pas insisté pour qu'on se rencontre, on ne se connaitrait pas ainsi, et je ne pleurerais pas.
Ces larmes là, je suis contente de les avoir. Elle sont le signe d'un amour profond et sincère, témoins d'une franche et belle amitié.

Je suis revenue de l'aéroport un peu au radar, ne réalisant pas on plus que ma coup's est vraiment partie pour de bon; qu'elle ne reviendra pas.
Que le téléphone ne sonnera plus quand elle a envie de papoter, qu'on ne sortira plus boire un verre qui se termine en diner, qu'elle ne me dira plus ces conseils, que je n'aurai plus ce réconfort quand je doute ou que j'ai peur.
Je ne verrai plus non plus ces yeux bleus si clairs qui posent des milliards de questions à la seconde, plus ce sourire ni son rire.

Je me contenterai de ses mails, messages et autre skyperies. Mais j'attends avec impatience mon départ vers son ailleurs; vacances improbables et inconcevables sans son départ.

Tu vas me manquer ma jolie. Sois heureuse, profites de tout ce dont tu peux profiter.
N'oublies pas qu'ici, dans la plus belle ville du monde se trouve un coeur dans lequel ta place est réservée ad vitam.



Par ether-et...
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