Un peu de moi

Dimanche 21 novembre 7 21 /11 /Nov 12:34

A Paris, capitale de l'amour, trouver l'âme soeur relève du parcours du combattant.

Pressés, navigants entre boulot, transports, amis, météo capricieuse, flemme de sortir, nous croisons chaque jours des centaines de personnes que l'on ne voit même pas.

Lorsque l'on est une femme à Paris; c'est encore pire. Chaque jour, inlassablement, certains mâles parisiens en quète de viande fraiche (entendez par là: un coup à tirer) vous assomment de phrases aussi lourdes qu'insupportables du genre "mais c'est joli tout ça", "c'est à vous ces beaux yeux là?" ou pire - véridique- "salut, t'es bonne, on baise?".

Autant vous dire qu'avec mon passé, je vis ça comme une véritable agression.

Aussi, je ne prête plus la moindre attention aux hommes croisés dans la rue.

 

Je ne suis pas une grande fêtarde, (j'ai dû épuiser mon quota de cuites pour ma vie) et sortir seule reste impossible pour moi.

Mais, je ne veux plus être célibataire. Je veux de l'amour de la tendresse, de l'interêt, des histoires à partager, des fous rires etc...

Hum... Comment faire?

 

L'idée me vint de mon grand frère: les speed dating.


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Kesako?

 

Principe de base: vous vous inscrivez sur un site pour une soirée, vous répondez à un mail, payez et attendez de savoir si vous avez été assez prompt(e) à répondre ( eh oui, les places sont limitées).

Entre 7 et 10 participants de chaque sexe (homme ou femme pour les abrutis) qui se parleront en tête à tête 7 mn.

Ensuite, vous recevez un sms vous annonçant la terrible magnifique nouvelle: youpi youpa t'y vas à la soirée!

 

Ainsi, hier soir, je devais me rendre sur les Champs Elysées pour affronter ma première soirée speed dating.

Rendez vous fixé à 21h10; oui, m'sieurs dames, c'est précis! Fidèle à moi même, j'arrive à la bourre; oh, rien que 10 mn de retard...

J'entre dans le bar plongé dans l'obscurité. Là, une file de personne faisant la queue pour prendre la consommation offerte.

Ok...sympa, on se croirait chez Flunch un dimanche midi (réminiscence de ma vie aixoise, sorry).

Une charmante hotesse vient m'acceuillir, me donne une fiche avec au verso mon numéro, au recto de quoi noter mon nom, prénom, email, numéro de téléphone; mais aussi les numéros, prénoms des hommes que je vais rencontrer, des cases pour dire si oui ou non je voudrai les revoir.

Je suis numéro 21; bonne dernière, donc.

 

Je prends mon verre offert; l'ambiance n'incite pas à la fête, un coca light suffira. Tiens l'est sympa et mignon le barman...

 

Nous sommes tous assis le nez dans notre fiche attendant que l'hôtesse donne les explications et le top départ de la soirée. Là, ambiance glauque à souhait...Vingt et une personnes célibataires sur le point de faire connaissance et pas un qui ose regarder l'autre...Ok...

 

Top, c'est parti!

 

Toutes les femmes sont assises, les hommes debout (j'aime!). Ils viendront chacun leur tour en tournant (sur leur droite siouplé).

Je me retrouve avec 5 jeunes hommes devant moi; moui, 4 de trop là...Vous battez pas, chacun y passera!

 

Là, je vais vous la faire en résumé. Sur 10 hommes rencontrés, pas un ne me plait. Deux seuls ont attiré mon attention par leur sympathie et leur discussion, mais vu leur taille (à vue de nez 1m65) ça va pas être possible avec mon mètre 70 obligatoirement perché sur talons (ce soir là; aiguilles Manolo Blanhik, les talons)...

J'ai donc vu la solitude, le misérabilisme engendré par le célibat défiler devant moi hier soir.

 

De l'hyper complexé bégayant, à l'obèse prétencieux pour cacher son mal être, j'avoue avoir parfois souffert.

Sept minutes, c'est court me direz vous. Mais quand en face de vous trône une montagne débordant du fauteuil avec laquelle vous avez une discussion digne de science fiction, c'est dur...

Imaginez la scène:

 

Moi: que fais tu comme loisirs?

Lui: oh je lis beaucoup!

Moi (ouf un sujet qui me plait) : ah oui? Super! Que lis tu?

Lui: le dernier c'était le livre des frères Bogdanov


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Moi: Aaahhh.......(une corde que je me pende!!) et sinon?

Lui: oh je joue beaucoup aux jeux télévisés sur internet. 

Moi: ??? chat.jpeg  

Lui: Mais que les culturels, hein! Questions pour un champion, etc... 

Moi: Huummmm...(finalement un flingue, ça ira plus vite!) Ok...      

 

 

 

            

J'ai ainsi vu un flic, un cammionneur, un type qui bosse dans des centrales nucléaires, 3 informaticiens (ça révèle un truc ça), un agent immobilier et un cardiologue. Les deux autres, heu...ben je sais plus...

J'ai accepté de revoir l'agent immobilier; homme sympatique apparemment bien dans sa peau. Je ne le reverrai que parce que je l'ai trouvé agréable, rien ne se passera entre nous; comme je l'ai dit la taille me pose un vrai problème.

Je reverrai peut être aussi le cardiologue, bien sympa aussi, mais qui souffre du même problème que l'agent immobilier: il est tout petit...

 

Je suis sortie à 23h15, dédaignant la soirée qui suivait, repue de discussions sans grand interêt, de regards plein de sous entendus et du malaise évident de certains participants.

 

Un taxi me ramena chez moi et ce fut avec ce chauffeur que j'eus la meilleure et la plus intéressante discussion de la soirée. A tel point que nous sommes restés 20 mn devant chez moi (compteur éteint, je vous rassure) à parler. Ne vous emballez pas, ce fut une discussion passionnante, mais aucun sous entendu, il ne me plait pas du tout.

 

Me voici donc toujours seule, disponible, mais au moins, j'ai osé. J'y suis allée. Seule face à eux.

J'ai osé rencontrer des mecs!

 

On verra par la suite ce que ça donnera...

Par ether-et... - Publié dans : Un peu de moi
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Mardi 27 octobre 2 27 /10 /Oct 11:56
Je vous ai raconté dans un article pourri; il faut bien l'admettre; mon ramassage de tronche dans le métro.
A la clé, subluxation de l'épaule gauche et lésions (pas grave, je vous rassure)de la coiffe des rotateurs.

Mon épaule va mieux, merci. Elle me chatouille un peu en fin de journée ou quand le temps se fait humide vieille peau que je suis.

Samedi, mon scooter et moi, on rentrait du boulot. Tout contents on était, parce que j'ai un nouveau chez moi, parce que plein de trucs qui font qu'on était contents; même s'il pleuvait.

Et là, au croisement de Magenta et Lafayette; une femme en vélo traverse un passage piéton au rouge...
Le bus à ma droite me masque la vue, je la vois au dernier moment...
Je freine comme une dingue, je glisse, BAM!

J'ouvre les yeux; je suis par terre sur le bitume mouillé. Hum...pas mal; cool. J'essaie de me relever...pas possible, mon scoot, mon ami m'écrase la cheville droite.
Tiens, des têtes de penchent sur moi "ça va madame?"

A ton avis?? Je viens de me gameller, j'ai renversé un vélo, ma cheville est coincée sous mon scoot...Laisse moi réfléchir.... NAN! Ca va pas!!!

Un peu à l'envers, je dis juste "mon scoot!"

"Oui, madame, il est là"

Je le sais bien triple buse!! Il me tue la cheville!! Enlève le!!


"Non, mon scoot, il est sur mon pied, enlevez le s'il vous plait"

Moi qui la veille regardait World trade center, le film, je me retrouve comme Nicolas Caige, coincée...

On relève mon engin oufff, je me mets assise et demande ce qu'il en est de la cycliste.

Elle est là aussi

Juuuure!! Je l'ai pas envoyé sur orbite??? 'tain j'ai des progrès à faire, moi...


Non, comment elle va?


Elle va bien ouuffff

Je dois encore demander à ce que l'on mette mon scooter sur le trottoir, que l'on m'accompagne aussi à l'abri ben oui, au milieu de la route, je suis pas hyper rassurée. que l'on appelle les pompiers.

Un homme va chercher une chaise à la brasserie située à...10 mètres, et me pose dessus, là, juste à côté du passage piétons, sous la flotte... c'est plus drôle quand en plus d'avoir une cheville en vrac, tu chopes la mort, c'est sûr...

Les pompiers arrivent, on monte dans le camion, police, tout le tralala... Bon, on y va là? J'aimerais bien un petit shoot de calmants, moi... J'ai juste un peu mal quand même...

Urgences, radios, ironwoman n'est pas cassée. Cool!

Je sors des urgences en boitant, shootée, heureuse d'être entière et la dame aussi.

Je fais la cacoue, genre, même pas mal, trop forte la fille, je me prends 200 kg sur la cheville et je casse pas! Lalalèreu...

Ouais...Sauf que la cacoue, jel'ai pas joué longtemps cette pièce là. J'ai quand même un mollet en bouillie, et surtout une sale plaie sur la maléole bien nécrosée, bien moche que je dois aller à l'hosto tous les jours pour montrer l'évolution.
Que même on va te donner des antibiotiques des fois que tu nous fasses une infection. Ben ouais, le bitume parisien, c'est pas ce qu'il y a de plus propre...

Hier, lundi, ma cheville me fait un mal de chien, pire que samedi. Je vais à l'hosto pour pansement et au déballage, j'ai les boules...
Ma maléole a doublé de volume; elle est rouge, la plaie est encore plus moche, la nécrose plus profonde et j'ai de la fièvre, un peu.

Je ressors de là avec des maracas comme dans la pub, je vois déjà l'amputation, les perfs d'antibio, le curetage de l'os...
C'est chiant des fois de connaitre ce qu'il peut se passer...

Aujourd'hui, c'est écho du mollet pour voir s'il n'y a pas rupture du muscle. Moi, je sais déjà que non, c'est bon.
Mais ma cheville me fait toujours un mal de chien.

Après l'épaule, la cheville, comment dire que là, tout de suite,




J'EN AI MARRRRRREEEEEE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


Par ether-et... - Publié dans : Un peu de moi
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Mardi 13 octobre 2 13 /10 /Oct 22:32
A la demande générale (m'enfin...surout celle de coup's à qui je ne peux plus rétorquer qu'elle non plus elle ne gribouille plus trop), voici, voilà quelques nouvelles.


Je sais que depuis un bon moment, je n'ai pas pris le temps de tapoter joyeusement mon clavier.
c'est que d'être joyeuse, je n'en guère eu l'occasion.

Je vous ai laissé alors que j'étais épuisée, tombant de fatigue, pleurant presque à un bonjour plus chaleureux qu'à l'accoutumée.
J'ai pu bénéficier de quelques jours de repos à la campagne, bien au vert et au soleil fin août.
Cinq jours de calme, de jardin, de popotte; oui, vous avez bien lu: jardin et popotte.

L'immense propriété d'un ami, sa maison chaleureuse, les produits du jardin en surnombre (je hais les courgettes) m'ont amené à faire du manger pour congeler.
Ben....on va pas jeter non plus, hein!

Voilà donc mon pote avec un congélo plein de victuailles pour tout l'hiver et au delà.

De retour de ma parenthèse campagnarde, je reprends le boulot.
Contente, reposée (à peu près), me revoici sur mon scooter (m'avait manqué le bougre) à faire la tournée de mes petits patients.
Le midi, je laisse mon engin devant chez mon frère pour emmener mon chat, sa caisse, sa bouffe et tout le toutim chez moi en taxi. Pas trop facile à trimballer sur un scooter tout ça!

Le soir, le chat a retrouvé sa frangine la chienne, ses petites habitudes et moi, je cherche un tacot histoire de retrouver mon scoot et retourner bosser.

Depuis que je me balade casque vissé au crane, on me rabache que c'est dangeureux, que je dois faire gaffe, gnagnagna...

Bref, je ne trouve pas de taxi, la ligne de métro est directe, aller, prenons le métro, ça va me dépayser je ne l'ai pas pris depuis des lustres.
Une fois dans la rame, je me souviens pourquoi je déteste le métro. Pas de place assise, des gens qui font la gueule, qui puent...que du bonheur.

Chapelle, je descends. Trois touristes devant moi semblent penser que parce qu'ils sont en vacances, tout le monde l'est marchent tranquillou en prenant toute la largeur du quai... M'énervent déjà, eux...

Je te double le troupeau mollasson, entame la descente des escaliers en béton et ... loupe une marche.

Je ne vois pas ma vie défiler sous mes yeux; juste le béton, les marches que je risque de dévaler comme un morceau de viande si je ne fais rien; là; maintenant, tout de suite.

Je tends le bras, m'accroche à la rampe pour retenir ma chute, pour éviter de me rompre les os.
J'atterris sur la cuisse, ma main cramponne toujours la rampe des fois que je continue à tomber, on sait jamais, avec mon poids hein...



"ça va, vous ne vous êtes pas fait mal?" me demandent les touristes.

Fierté, orgueil, colère....C'est leur faute, s'ils n'avaient pas pris toute la place, s'ils ne m'avaient pas énervée, je serais allé plus doucement et pas tombée....
Je ne leur lance pas même un regard, je lance juste un "non, ça va"; me relève et reprends (prudemment cette fois) la descente de ce p..... d'escalier.

Sauf que le "ça va" il sonne dans mon corps comme un beau mensonge... Mon épaule me fait mal. Plus j'avance et plus j'ai mal.
J'appelle mon frère qui habite à côté qu'il vienne m'aider, mon sac me torture l'épaule; les larmes de douleur pointent à mes yeux, mon corps se plie sous l'intensité de ce que mon épaule me fait ressentir

Arrivée chez mon frère, je me pose sur le canapé, prend mon téléphone pour appeler un médecin et craque. J'ai trop mal, comme une enfant, je pleure un gros bobo.
Le frangin, inquiet me propose d'appeler les pompiers, je l'envoie dans les cordes direct.
On va pas déranger les pompiers pour ça!
Et puis, moi, je dois trouver qui va s'occuper de mes patients ce soir. Là, j'ai déjà compris que bosser, ça va pas être possible.

Au bout de trente immenses minutes, durant lesquelles je manque hurler de douleur, défaillir; je trouve qui va gèrer ma tournée. j'accepte enfin d'aller aux urgences.

Je passe sur l'ambiance chaleureuse et enjouée de la salle d'attente, l'infirmière me reçoit, on parle deux minutes et me propose un antalgique.
En bonne collègue, elle me laisse le choix de ma drogue.
Acupan! J'en donne souvent, mais je n'en n'ai jamais pris. Parait que c'est dégueu, testons!

C'est pas dégueu du tout, juste un peu amer. Mais en renvanche, ça shoote sévèrement sans vraiment calmer la douleur...

Un externe vient me chercher, m'ausculte (comme un externe, hein) et va chercher son boss.
Re-auscultation, discussion, leçon.

Non ma bonne dame, vous pas y'en aller bosser avant un moment, vous y'en avoir au mieux un hématome, au pire une lésion de la coiffe des rotateurs.
Tiens, voilà une belle écharpe, une jolie ordonnance et reviens dans une semaine pour savoir quoi toi y'en avoir.



Mrfff, sgrongneugneu... Ca arrange pas mes affaires ces conneries...
Passage pharmacie, rentrage maison, retelephonage pour organiser la semaine.

Et aussi, grosse, grosse fatigue.
Mal, stress, douleur, je suis épuisée. Je vais me coucher en priant pour que demain, mon épaule aille déjà mieux.

On est con des fois...

Parce que le lendemain, la bougresse d'épaule me fait toujours un mal de chien. Je découvre en ronchonnant les joies du déshabillage, douchage, sèchage et rhabillage à une main. parce que non, non et non, je veux pas qu'on m'aide! Je me débrouillerai seule.

J'ai vite capté que se débrouiller seule me coûtait cher; mon épaule me rappelant sans cesse où elle est (des fois que j'ai oublié). j'ai eu beau l'engueuler et lui dire qu'on était sensées faire équipe, elle se rebiffait en me gratifiant d'une douleur lancinante qui me vrillait jusqu'entre les homoplates...

Le lundi suivant; ça va mieux, je pars à lhosto revoir le medecin en me disant que youpee, demain, je retourne taffer.
Radio, cette fois, auscultation. Oui, mais si aussi, le toubib, il me fait faire des trucs que je peux pas encore faire, ça va pas aller! Juste lever le bras à 45°, c'est pas suffisant?

Faut croire que non, arrêt de 10 jours encore pour lésion de la coiffe des rotateurs, suite de sub luxation postérieure.

Trois semaines plus tard, je suis repartie bosser, enfin.
On dira que ça va, que je gère, mais cette garce me fait toujours mal et le dos s'est joint à la rebellion.

Du rhume qui a suivi me reste une bronchite; à part ça, tout roule!!
Par ether-et... - Publié dans : Un peu de moi
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Lundi 20 juillet 1 20 /07 /Juil 15:28
Ether en fleurs... le printemps est passé, les fleurs ont fané ou s'assèchent faute d'eau ou d'abus de soleil.

Depuis quelques temps, une fâcheuse manie a repris du poil de la bête.

Reculer, se poser une minute, regarder, constater.

Toujours, ça s'arrête là. Le constat blesse, je détourne le regard mine de rien.

Oh oui, je vais bien mieux! Rien de bien comparable avec l'insecte miteux et pitoyable que je fus.

Bien sûr, toujours un peu menteuse sur ce que je ressens, on ne se refait pas si facilement.
J'ouvre mon coeur...à demi.

En pause parisienne pour quelques jours, je me suis exilée à la campagne.
Comme toujours, le contact avec la nature, le calme, le repos m'aident à me reconnecter avec celle que je suis au fond. La vraie Ether.

Pas celle en représentation, pas l'infirmière sûre d'elle.
Moi. Ce moi que si peu connaissent, celle que je tente toujours d'aimer, d'apprivoiser.

L'expression est revenue hier. Au cours d'une conversation. Dite comme on parlerait de la pluie ou du beau temps; mais traitresse.
Je ne l'attendais pas celui là... Ce tressaillement, là, au fin fond de l'estomac. Ce signe un chouilla angoissé que ce constat là est toujours le mien: je ne me sens pas "aimable".

Asavoir, je ne vois pas, mais alors vraiment pas comment ni pourquoi quelqu'un m'aimerait.
Voyons le verre à moitié plein, je ne pense plus vraiment que personne ne puisse m'aimer.

Seulement, mon souci actuel est l'amour. J'ai envie, besoin d'aimer et d'être aimée.
Je reste toujours bridée dès qu'il s'agit d'amour. Capable désormais de ressentir de l'attirance pour quelqu'un, je vais même jusqu'à me laisser séduire complètement même quand l'autre ne cherche pas ça du tout.
C'est bien, je suis vivante. Mais dire, montrer ce que je ressens... Faudrait voir à pas oublier qui je suis...


Quand il s'agit d'amour, je me vois complètement diffèremment.

La confiance en moi? Pfiou! Envolée.
L'estime de moi? Disparue.

Je me regarde dans la glace, je me scrupte. Que vois je?

Une femme, plus vraiment jeune, au regard sombre, trahissant trop les cicatrices de son passé.

La carcasse enveloppée de ce gras protecteur, l'anti homme idéal pendant si longtemps.
Je n'en veux plus aujourd'hui; mais je ne trouve pas l'énergie pour me battre encore contre moi même...

Je me vois comme une sorte d'ancien combattant multi mutilé, marqué de partout par les stigmates de la guerre effroyable qu'il a dû mener.

Alors, je me sens vieille et laide, un peu comme cette sorcière sage et un poil ermite que l'on trouverait cachée au fond d'un bois.

Pas vraiment l'idéal pour être aimée.

Ce constat me blesse, mais il révèle un point que je ne voyais pas jusqu'ici.

Après avoir si bravement lutté, après avoir dégommé un par un mes démons, je me retrouve devant un challenge de taille.

Je dois à présent faire le ménage sur mon ancien champ de bataille. Nettoyer les cartouches vides, boucher les impacts de balle, incinerer les bouts de cadavres.
Cesser de craindre le pire, ne plus avoir peur, apprendre à faire confiance.
Puis, agencer, décorer, peut être mettre quelques fleurs...

Me rendre acceuillante, donner envie à quelqu'un de s'installer.

Ma parenthèse campagnarde m'aura amené, au delà du repos, un bien étrange devoir à accomplir...

Une question me taraude cependant: n'est ce donc jamais fini?



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Lundi 23 février 1 23 /02 /Fév 14:02
Il y a déjà un bon moment que je n'ai pas pris le clavier.
Pas faute d'avoir des choses à dire, mais faute de temps et d'énergie...

Janvier et février furent rythmés par mes allers retours Aix- Paris pour organiser mon retour à Paris.

Eh oui! Je capitule, le sud n'est pas fait pour moi...

Je n'y aime pas la vie, pas la façon de vivre, je m'y ennuie et financièrement, je coule.

J'avoue avoir choisi de multiplier les difficultés...Changement radical de lieu et mode de vie, partie sans emploi, plus la thérapie, ceci ajouté aux divers soucis de santé; rien n'a contribué à m'aider dans mon insersion au pays des cigales.

Je ne dis pas, j'ai rencontré des personnes très sympas, mon inclassable et moi avons fait de gros progrès; mais il arrive un moment où il fautb admettre que continuer, c'est s'entêter.

En 6 ans de vie à Paris, je me suis faite endoctrinée jusqu'au fin fond de mon être par notre magnifique capitale.
Amoureuse folle de cette ville, de la qualité de vie qu'elle m'offre, des inombrables possibilités de s'amuser, se cultiver, découvrir; je ne saurais me passer de ma ville lumière.

Ailleurs je me dessèche comme une figue en plein soleil...

Alors que mon cerveau me maltraitait, refusant d'admettre la réalité, mon père est intervenu en sauveur; avec dans ses propos une clarté jusqu'alors masquée par l'orgueil.

Le refus de m'admettre vaincue, l'envie de réussir ce que j'avais si difficilement entrepris me bloquaient, et je ne percevais pas la simplicité de la réponse à mes problèmes.

"Retourne travailler à Paris ma fille!"    

Mais c'est bien sûr!

J'ai hébérgé mon petit frère pendant un an et demi; il peut me rendre un peu! Et ma coupine Chut s'envole vers d'autres cieux trois mois durant!
Elle s'est adorablement proposé de me prêter son chez elle pendant son escapade...fabuleux!

Me restait alors à relancer mes connaissances, entamer les négociations, informer ma banque...

Quelques allers retours à la capitale plus tard; tout était prêt. Juste les inévitables files d'attente à la DDASS et j'ai commencé à travailler ce matin.

Un plaisir indiscible que de retourner chez les patients!! J'ai aujourd'hui la certitude que le libéral est fait pour moi. Il y a là tout ce qui me fait aimer mon métier.

Il ne me reste plus qu'à me trouver un chez moi, pas une mince affaire ici!!
Mais j'ai le temps, je ne suis pas à la rue et j'ai gardé mes affaires dans le sud. Certes, un grand écart pour ce qui est de la stabilité; mais chaque chose en son temps.



De plus, après toutes les difficlutés que mon inclassable et moi avons rencontré depuis mon installation; sentir les larmes monter  chez l'un comme l'autre le jour de mon départ m'a montré que dans le fond; rien n'a changé.
Et ça, c'est probablement la plus belle surprise que mon retour pouvait m'offrir...
Par ether-et... - Publié dans : Un peu de moi
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Samedi 27 décembre 6 27 /12 /Déc 21:13
Déjà!




Un an que mon blog existe, que je le nourris lorsque j'y pense, lorsque ma vie change, lorsque mon psy change ma vie.
En un an, que de changements!!
En un an, ce blog, ses lecteurs, leurs commentaires, mes rencontres m'ont poussés, aidés à devenir une femme plus forte et plus épanouie que je ne l'ai jamais été.

Alors, à toi mon blog et à vous qui le lisez, merci!
Que mes écrits soient encore des lectures pour vous..
Par ether-et... - Publié dans : Un peu de moi
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Mardi 22 avril 2 22 /04 /Avr 15:07
Je pleure, perdue devant cet amour maternel dont on m'avait tellement parlé et que je n'imaginais pas ainsi.

Mon gynéco et mon amie se retirent, me laissant ainsi ce moment pour moi seule, pour que je le grave en moi.
Je finis par me relever, m'habiller et je retourne vers eux.

Mon gynéco me demande si je suis sûre, bien évidemment, je n'ai pas changé d'avis, j'en suis encore plus persuadée maintenant; j'aime trop ce bébé pour lui infliger la blessure immonde d'être renié par son père alors qu'il est encore dans le ventre de sa mère.

Une semaine de réflexion est imposée par la loi, mais nous passons outre, on modifira les papiers...
Je prends donc les cachets que mon médecin me tend, je les regarde comme on regarde une arme. Je sais qu'ils vont tuer.

Je les avale quand même, nous prenons rendez vous pour le mercredi, à la clinique, afin de prendre le comprimé qui déclenchera la fausse couche.

Je rentre chez moi telle une automate, je m'assois sur mon canapé, les yeux dans le vide, rien ne circule plus dans mon cerveau, je ne sais plus ni qui je suis, ni où je suis.
Je ne sais pas combien de temps je suis restée ainsi; agarde, mais le moment est arrivé, terrible.
Ces petites bulles que je sentais, celles qui m'avaient fait penser que j'étais enceinte, celles qui m'accompagnaient depuis quelques jours se sont arrêtées.
Plus rien dans mon ventre.

J'ai réalisé qu'il était mort. C'était encore plus concret; ça y est, je venais de tuer mon propre enfant...
Les larmes ne se sont tarries que tard dans la nuit.

Le mardi, je suis allée travailler, les machoires crispées. Et une personne désagréable, agressive m'a fait craquer. J'ai fait ce que je ne fais jamais, je lui ai hurlé dessus en pleurant, je suis partie en claquant la porte.

Je suis restée un moment dans la voiture, secouée de sanglots, puis j'ai appelé S, mon amie.

Elle a été formidable, a prévenu toutes les personnes que je devais voir ce jour là que je ne viendrais pas, que quelqu'un d'autre viendrait, elle a organisé mon remplacement, m'a dit de venir chez elle tout de suite.
Sauf que conduire dans une grande ville lorsque l'on sanglotte n'est pas chose facile...

Elle m'attendait, d'autres amis étaient là, certains avec des fleurs. Je ne pouvais cesser de pleurer, pendant des heures et des heures. J'ignorais que j'avais autant de larmes.

Ma meilleure amie, F, est arrivée le soir chez moi, elle m'a accompagnée le lendemain matin à la clinique avec S.
La mort dans l'âme, j'ai pris le comprimé qui ferait partir cet embryon en moi qui était déjà mort.
Etrangement, j'aurais aimé le garder...

Je devais rester en observation le temps que la fausse couche ne commence, nous avons attendu, attendu...

Et soudain, une douleur inouïe me déchire le ventre, elle me couche, je sais, je comprends; ça a commencé.

J'ai alors le droit de rentrer chez moi. J'ai mal, mon utérus se vrille comme un linge qu'on essore, mais je m'en fiche.
Cette douleur n'est rien, je l'ai mérité, elle est encore bien faible au regard de l'acte que je viens de commettre.
Elle n'est rien face à la douleur qu'il y a dans mon coeur.

Mon corps, mon coeur, mon âme, je ne suis qu'une déchirure.

La journée s'égraine lentement, noyée par des flots de sang qui s'écoulent inlassablement. Mes amies sont près de moi, immensément patientes et prévenantes. Elles veulent que je mange, que je boive autre chose que du café; mais rien ne veut passer.
En milieu d'après midi, A. me téléphone. Mais il a un radar ce connard!!! Il me demande si je suis calmée, si je vois les choses avec réalisme, me dit que de toute façon, ce n'est pas un bébé, juste un tas de cellules...
Et toi, t'es pas un tas de cellules peut être?
Je le hais, avec une violence jamais ressentie jusqu'alors.
Je lui raccroche au nez en ne lui disant pas que j'ai avorté.

Le lendemain, ma meilleure amie repart chez elle; elle partie, le silence me tiend compagnie.
Ma conscience torturée se réveille, je me hais, je me méprise, je suis une enfanticide.
Je regarde la fenêtre; elle m'appelle.

J'attrape le télephone et appelle mon grand frère, "viens, ça ne va pas, je vais sauter".
Il est arrivé en un temps record, a calmé mon angoisse malgré sa gène face aux évènements, ne sachant ni que faire ni que dire. Mais sa présence seule a appaisé ce moment.

Ma mère est arrivée le samedi, alertée par mon frère et mes amis. Elle a agi d'une façon totalement inédite pour elle; j'en garde un souvenir impressionné.

Elle m'a forcé à m'habiller, m'a imposé que nous sortions manger. Malgré mon refus, elle a insisté. J'ai obéi à ma mère. Nous sommes sorties, avec mon amie S, toutes deux me soutenant. Je ne pouvais marcher seule, je n'avais rien mangé depuis quatre jours et je perdait une quantité de sang anormale, mais je refusais d'aller à l'hopital.
En revenant du restaurant, je suis allée aux toilettes et j'ai vu mon bébé partir, emporté dans des tourbillons d'eau...

J'ai mangé, ma mère est restée une semaine près de moi; elle a été une vraie mère, ce qui contraste avec son rôle habituel de maman poule.
Elle m'a fait du bien, elle m'a soutenu, aidé, réconfortée.

Mais elle n'a pas su m'enlever cette haine que j'avais pour moi, ce mépris profond, ce sentiment que désormais, je ne mérite plus qu'une belle chose ne m'arrive dans la vie. Je suis damnée, j'ai tué mon bébé, ce bébé que je voulais, que j'aimais, mais à qui je n'ai pas eu le courage de donner la vie.

Le 20 avril 2005, je suis devenue un monstre.
Par ether-et... - Publié dans : Un peu de moi
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Lundi 21 avril 1 21 /04 /Avr 13:00
"A, je crois que je suis enceinte"

Silence au bout du fil, puis, sa voix hésitante me dit d'attendre d'en être sûre avant de parler de ça.
Oui, bien sûr, je vais faire un test; mais à ce moment là, je veux du réconfort, peut être même une ébauche de contentement à cette idée. Mais non, pragmatique comme à son habitude, il ne m'a rien dit de tel. Juste de faire un test.

Dimanche matin, je travaille, lorsque je termine, une amie me téléphone; elle boit un café avec un de nos potes, elle me propose de la rejoindre.
Mes mains tremblent, je tiens le test de grossesse et je ne me sens pas la force de l'affronter seule.

Alors j'accepte, je leur raconte que peut être, je suis enceinte. Et je ne peux plus attendre, je vais faire le test. Petit pipi sur la bête, je regarde. Le témoin positif apparait avant même que le trait qui indique que le test est bien fait ne se dessine.
Pas de doute, je suis enceinte.

Spontanément, un immense sourire se grave sur mon visage et une forme d'excitation me parcoure les veines.
Je retourne vers mes amis et leur annonce la nouvelle. Nous décidons d'aller chez le pote pour en parler calmement. Sur le chemin, je vole presque, je suis aux anges, je suis enceinte et même si je ne voulais pas que ça arrive, ça me rempli de joie.

Et j'appelle A pour lui dire que c'est confirmé, polichinelle dans le tiroir.
Sa réaction a été pour le moins inattendue. Première phrase dite : "ben ça, c'est pas une bonne nouvelle". Gloups! Je l'attendais pas, celle là...
Et puis il me dit qu'il veut y penser, qu'il me rappelle dans l'après midi. Moi, je me dis que selon toute logique, de sucroît parce que nous sommes dimanche, il va sauter dans sa voiture et venir en parler avec moi.

Pauvre folle! Fin d'après midi, toujours aucune nouvelle. Il aurait dû arriver depuis longtemps si il avait voulu venir. Je le rappelle, angoissée.
Il est au PMU avec des amis! Je tombe sur le cul. Il vient d'apprendre qu'il va être papa, me balance que c'est une mauvaise nouvelle, me promets de me rappeler et va parier avec ses potes!!
Mauvais début de conversation, ça promet d'être chaud...
Et il me dit que c'est trop tôt (ben, oui, suis je bête, ça ne fait que 4 ans que nous sommes ensemble; c'est que dalle), que sa situation ne lui permet pas d'avoir un bébé, qu'il n'en veut pas de toutes façons; point barre.
Il me dit aussi quelques gracieusetés, comme quoi je l'ai fait exprès, que je l'ai piègé, qu'il ne se fera pas avoir, que je dois me débarrasser de "ça" etc...
J'ai eu le droit à toute la panoplie de saloperies qu'un mec peut sortir à une fille dans ces situations là; à l'exception du terrible "il est de moi, au moins?".

Je bouillonne, je lui hurle que c'est vraiment un connard fini, que je suis la reine des connes d'avoir cru une seconde qu'il allait avoir une réaction adulte.
Il fini par me dire qu'il me rappellera quand je serai calmée, qu'il laisse passer 3 ou 4 jours.

Merci du cadeau; me voilà donc toute seule pour gèrer l'affaire.

Tentons d'être calme. Selon mes calculs, je suis enceinte de trois semaines, ce ne sont pas nos galipettes ces derniers temps qui auraient pu rendre ça possible autrement.

Ma situation? Je vis dans un F2 qui me coûte une fortune, je me lève aux aurores pour bosser et jamais je ne trouverais une nounou qui accepte un enfant à 6 heures du matin.
Si cet enfant me pose la question un jour sur qui est son père, je lui dis quoi, moi, à mon bébé?
Je lui invente un papa idéal ou je lui balance la cruelle vérité en pleine gueule?

Non, je ne peux pas, je ne veux pas faire un enfant toute seule. C'est injuste envers ce petit. Je dois avorter.

Je rentre chez moi, ne sachant plus comment penser, étant partagée entre la joie de sentir ces petites bulles dans mon ventre et l'angoisse de l'avenir. J'ai comme un voile opaque devant les yeux, je n'arrive pas à envisager de quelle façon je vais gèrer tout ça.
Je ne sais plus rien, juste que je suis complètement perdue.

Lundi matin, mon amie télephone à notre gynéco commun et prend rendez vous pour l'après midi même. Je lui demande de m'accompagner, je stresse comme une folle à l'idée de ce que je m'apprète à faire.

Il nous reçoit, souriant et chaleureux, comme à son habitude. Après un court entretien pour évaluer la date de la grossesse (3 semaines, bon calcul), il me demande ce que je compte faire. Je n'hésite pas, affiche une assurance magnifiquement feinte. Pas de doute, j'avorte.
Ma grossesse est suffisament récente pour prendre la pilule abortive.

Avant de parler plus avant, une petite échographie, histoire de confirmer le test.

 

Je commets à ce moment là une des plus grosses erreurs de ma vie. Je regarde l'écran de l'échographe...

Et je le vois, là, accroché en moi, ce petit pois. Mes yeux s'écarquillent, je ne parviens pas à détourner mon regard, mon esprit est arrêté.
Je regarde mon bébé, mon petit pois, ce tour de magie incroyable. J'hallucine complètement, je suis transportée dans une autre sphère, je ne comprends rien, je ne cherche plus à comprendre; d'ailleurs.

Je ressens, je ne suis plus qu'une boule d'amour, entièrement tendue vers ce petit pois figé sur l'écran de l'échographe. Ce petit pois; c'est mon bébé, ce bébé que je ne vais pas garder. Et pourtant, mon Dieu que je l'aime!

Ce sentiment d'amour jamais ressenti auparavant, tellement immense qu'une armée entière ne l'aurait même pas fait frémir.

Le paradoxe entre mes émotions et ma raisons est trop grand, je ne peux pas le supporter; je ploie sous cet amour, sous cette douleur. Je sanglotte devant mon petit pois.



L'échographie en illustration n'est pas la mienne, le gynéco m'en a cruellement privé, mais c'est ce qui ressemble le plus à mon écho.
Par ether-et... - Publié dans : Un peu de moi
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Dimanche 20 avril 7 20 /04 /Avr 15:23
De sa vie, on ne pouvait en dire beaucoup, elle était d'une banalité affligeante.
Se lever, se préparer, aller bosser, rentrer se coucher.
Travailler pour vivre, mais un truc qui manque pour vivre vraiment. Un poil solitaire, beaucoup de peur, pas forcément fêtarde, petits traits de personnalité qui la rendait casanière.

Elle s'ennuyait, ne savait pas quoi faire de ses journées de congé, de ses après midis, elle tournait en rond, s'enivrait de l'écran de son ordinateur pour occuper ses mains, son esprit.

Elle avait pas mal changé de travail, comme si la perspective de se fixer lui faisait peur. Même dans sa vie privée, elle s'évertuait à ne choisir que des relations impossibles, qui ne la rendrait pas rivée à un autre. De ses relations amicales, elle ne gardait que celles qui étaient un peu distantes, quand la vie de l'autre se suffit à elle même.

Elle était fuyante, cherchait à ce que rien n'adhère vraiment sur elle, à ne dépendre que d'elle même, à s'auto suffire en tout.

Elle satisfaisait à son besoin des autres par son travail qui l'amenait à prendre soin d'eux, de leur santé, de leur moral.
Elle s'ennuyait, mais elle était bien, elle ne risquait pas grand chose dans sa vie ultra protègée de tous les dangers que peuvent représenter autrui.

Et un jour qu'elle était sur internet, elle tombe sur un site qui l'interresse, les visiteurs se donnent des conseils, posent des questions, d'autres répondent à la hauteur de leurs connaissances.
Elle trouve là un nouveau dérivatif à une vraie vie sociale, elle va parler à d'autres sur internet, faire profiter autrui de ses connaissances tout en gardant un anonymat confortable.
La belle aubaine!

Et puis, petit à petit, elle se rend compte qu'il y a un noyau d'habitués sur ce site, qu'ils se connaissent, discutent ensemble au vu de tout le monde, mais aussi en privé.
Petit à petit, ces habitués lui parlent, témoignent un interêt pour qui elle est, ce qu'elle aime ou n'aime pas.
Petit à petit, elle se livre à certains dont elle se sent plus proche, de par leurs écrits, par l'humanité qui transpire de leurs propos.
Petit à petit, elle se fait prendre au piège, elle donne d'elle.

Et un jour, la question est posée, embarassante, effrayante: et si on se rencontrait?

Elle n'avait pas prévu ça, ne l'avait même pas vu venir...
Elle a su éluder la questions une ou deux fois, décliner gentiment, mais un jour, elle fut à court d'arguments. Pourquoi refuser de rencontrer une personne qui habite à côté de chez elle, avec laquelle elle semble bien s'entendre et qui témoigne le désir de la voir, d'entrer dans sa vie?

Comment donner cette réponse qui parait invraisemblable? Parce qu'elle a peur.

Malgré cela, une nouvelle audace est née dans sa vie, elle se dit qu'elle ne risque pas grand chose, au fond. Alors, elle accepte de la rencontrer, dans un café, un dimanche après midi, avant de retourner travailler.
Elle se dit que ça va prendre une demi heure, que la demoiselle verra sa curiosité satisfaite, comprendra que ça ne collera pas et s'en ira comme elle était venue.

Elle s'est trompée, elles ont bavardé des heures, comme si elles se connaissaient depuis longtemps.
Elles se télephonent ensuite de temps à autre, se revoient une ou deux fois, compagnie agréable qui sait confirmer cette impression confortable d'être enfin avec quelqu'un qui ne juge pas.

Et puis, les intervenants du site proposent de tous se rencontrer, sorte de réunion d'anciens qui ne se sont jamais vus.
Auréolée de la réussite de sa dernière rencontre; elle décide qu'elle ira à ce rendez vous improbable.
Elle accepte même de loger un jeune homme qui fait un long trajet pour se rendre à la réunion.
Elle ne l'a jamais vu, elle le connait si peu et elle accepte qu'il dorme chez elle! Quel progrès dans cette socialisation!

Rendez vous est donné pour la grand messe un samedi après midi, la nouvelle copine acceuillera un autre jeune homme.
Il est dit que les hôtes arriveront la veille de la réunion.

Elle est fébrile en attendant le jeune homme qu'elle connait si peu. Certes, elle apprécie ses propos, il lui parait être quelqu'un de bien, ils ont des points communs, mais comment savoir?
Elle va boire un café en l'attendant, l'oeil rivé sur sa montre, souhaitant à la fois accelèrer le temps et lui faire rebrousser chemin pour qu'elle puisse annuler.
Finalement, elle sort du café et tombe nez à nez avec le jeune homme. Ils se reconnaissent tout de suite, se saluent chaleureusement et partent chez elle en attendant le soir de voir la nouvelle copine et son hôte.

Ils passent tous les quatre une soirée fabuleuse, pleine de rires, de petites confidences et de jeux.
Elle rentre avec le jeune homme; ils ne cessent de parler, de se trouver des points communs.

La réunion du lendemain se passe assez agréablement, journée un peu longue pour elle, si peu habituée aux sourires de circonstance et aux conversations multiples pendant des heures.

Le jeune homme, quant à lui, restera quelques jours chez elle, profitant de son passage pour visiter certains amis.
Lorsqu'il part le mercredi, ils sont en larmes tous les deux, déchirés de devoir se séparer.
Il lui manque déjà, à peine revenue de la gare. Ils se téléphonent le soir, s'écrivent.
Tous les jours, plusieurs fois par jour; avoir des nouvelles de lui, parler avec lui.
Et puis, elle part le voir quinze jours plus tard. Forme de test pour savoir si ils s'entendent vraiment bien ou si ce n'était que momentané.

Ils s'entendent vraiment bien, ils rient de tout et de rien, s'entendent sur presque tout, abordent de multiples sujets de conversation.

Très vite, ils parlent de vivre en colocation, la distance est difficile à vivre, coute cher et les énervent un peu.
Petit à petit, le sujet devient plus sérieux, ils forment vraiment le projet de faire cette colocation.
Date est finalement prise, elle en parle à ses collègues, à ses patients, à sa famille et à ses amis.

Elle est heureuse, elle voit sa vie prendre un nouveau chemin, plus clair, plus vivant. Il l'aide tellement à ne plus avoir peur, à aller vers les autres!

Et puis, à deux semaines de donner son préavis, il lui que finalement, il ne veut pas qu'elle vienne vivre avec lui, qu'il ne sait plus, qu'il doit réfléchir.
Elle ne comprend pas, elle pleure, elle a mal. Elle se sent bête d'avoir cru à ça. Comment pouvait elle vraiment croire qu'elle était assez interressante pour que quelqu'un accepte de changer ses habitudes pour elle?
Elle tiend à lui, toujours, mais elle a mal. Il a beau essayer de parler avec elle, de la rassurer, elle se noie. Perdue au milieu de ses vieux démons, elle choisi de ne voir que le noir.

Tout doucement, guidée par l'attachement qu'elle a pour lui, par les paroles qu'il lui dit, elle accepte d'aller le voir, de parler face à face.
Elle est rassurée, il l'aime; elle aussi.
Mais tout au fond d'elle, il y a comme un trou qui ne se referme pas.

Un jour, il lui dit que cette fois sa décision est prise, qu'il veut qu'elle vienne, il a bien réfléchi, il est sûr.
Elle est contente, mais cette joie est voilée par le souvenir de cet après midi où il avait brisé son rêve sans se rendre compte que les démons qu'il avait réveillés n'étaient pas si faciles à faire taire.

Elle compte quand même partir, elle donne même son préavis pour libérer son appartement, elle prend des contacts pour travailler sur place.
Mais au fond, elle ne saute pas de joie, elle a peur maintenant. Il a tellement perdu sa confiance...

Elle sait bien qu'il ne mesure pas à quel point elle peut avoir peur, à quel point sans lui en vouloir, elle ne parvient pas à oublier qu'une fois, déjà, il a piétiné ce coeur si fragile.

Elle fait des efforts, refuse de se comporter comme habituellement, elle veut tuer ses démons. Elle lutte, se bat contre eux, fait tout ce qu'elle peut pour résister à la tentation de s'enfermer chez elle et de faire la morte.

Elle partira.

Parce qu'elle tiend à lui déraisonnablement, parce qu'elle refuse de le blesser, parce que quelque part, dans un coin de son coeur, elle y croit.

Mais elle veut qu'il sache que même si elle ne montre pas un enthousiasme débordant, elle se battra pour que ça fonctionne, elle en a vraiment envie.
Même si elle sait bien que ce n'est que temporaire, qu'il lui demandera un jour de quitter la place, elle viendra et sera heureuse de partager le quotidien avec lui.

Parce qu'elle l'aime, elle partira.
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Mardi 26 février 2 26 /02 /Fév 22:35
Puisqu'aucun succès par mail, et puisque repris sur blog, voici le questionnaire que Tiffanygirl m'avait envoyé.



1. Quelle heure est-il : 14h42.

2. Prénom: Ether...

3. Ton anniversaire: 26 février

4. Signe du zodiaque: poisson
 
6. Tatouages : non mais on ne sait jamais
 
7. As-tu déjà été amoureux (se) ? malheureusement; oui 
 
8. As-tu déjà aimé jusqu'au point de pleurer pour quelqu'un ? oui, des torrents
 
9. As-tu déjà eu un accident de voiture ? non

10. As-tu déjà eu une fracture ?non, caustaude la bougresse
 
11. Pepsi ou Coke? coca light, mais plus par habitude que par goût

12. Bière ou vin ? vin le vrai le bon le bien millésimé
 
13. Le verre : quoi le verre? C'est quoi cette pauvre question?

14. Couleur de sous-vêtements préférées : noir, crème

16. Numéro préféré : 7

17. Type de musique préféré: tous styles

18. Fleurs : iris

19. Sujet de conversation détesté: le racisme

20. Disney ou Warner (film) :m'en fous
 
21. Fast food préféré : aucun, c'est dégueu

22. Un problème : quelle culotte mettre demain...comme si je pouvais n'en isoler qu'un...

23. Couleur préférée: vert
 
24. Plat Favoris : makis entre autres
 
25. Plus grand rêve: être heureuse

26. Lequel de tes amis vit le plus loin ? Inkan

27. Qui sera le plus rapide à te répondre à ton avis : j'avais répondu Inkan, mais je me suis vautré sur le coup
 
29. Ami(s) spécial(ux): Inkan, Chut

30. Que changerais-tu dans ta vie : rien en fait

31. Tu as un ordi à la maison ? question débile, je réponds avec des ronds de fumée...

32. CD préféré: en ce moment: le Roi Lion du spectacle de Mogador
 
33. La première chose que tu penses quand tu te réveilles : "déjà? fait chier!!"
 
34. Comment vois tu l'Amour : je le vois pas, je le ressens...avec mon coeur

35. Quelque chose que tu as avec toi et que tu n'as jamais quitté: mon corps


36. Qu'y a t'il sur tes murs:  du papier peint
 
37. Qu' y a t il sous ton lit : un sacré bordel
 
38. Quelque chose de gentil à la pers. qui t'a envoyé ce mail: je ne dis rien de gentil sur commande...mais bon...gros bisous et courage!
 
39. Nomme la/les personne/s qui ne te répondra/dront sûrement pas: quel interêt?
 
40. Celles dont tu es sûr qui te répondront: on verra
 
41. Qui aimerais-tu voir répondre : ceux qui veulent

42. Que dirais-tu à quelqu'un en particulier: à Inkan: "je t'aime";  à Chut  "ma loute, tu es un trésor"; à Lex "crois en toi tu le vaut largement"

43. Sport favoris : la sieste
 
44. Timide ou extraverti: les deux

45. Ton surnom : bichette, bibou
 
46. Langues que tu parles bien : le russe, l'anglais, le français
 
47. Un mot que tu aimes dire : merde
 
48. Un coucou à quelqu'un en particulier : Inkan
 
49. Heure : déjà dit plus quelques minutes

50. Livre : Siddahrta
 
50 . Soap ou meal : hein?
 
54. Sucré ou salé : ça dépend, mais souvent sucré
 
55. Lieu favori: le Haut Jura

56. film préféré: Mémoires d'une Geisha

57. Couleur detesté : bleu

58. Animal préféré : les miens

59. Que diriez vous à BUSH : je parle pas aux cons, ça les instruits; donc, rien

T'en veux? Fais tourner...
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