Viols et conséquences

Jeudi 26 mars 4 26 /03 /Mars 14:16
Je disais précédemment pour ceux qui lisent le blog (à ce sujet, un commentaire est toujours bienvenu, et là, je ne vois plus rien depuis belle lurette...) que j'avais repris contact avec mon demi frère.

Bien que cordiaux, nos premiers mail furent tout de même entachés par ce passé que nous avons l'un et l'autre besoin d'exorciser ensemble.
Moi, pour enterrer définitivement les peines et les larmes. Pour trouver les réponses, ou à défaut, tenter de comprendre un peu.
Lui, peut être pour parvenir à se pardonner un jour cet acte qu'il ne parvient à oublier.

Depuis, et à ma grande surprise, nous échangeons régulièrement. C'était ma condition sine qua non pour envisager une rencontre face à face. Apprendre à le connaitre, à le découvrir. Savoir qui est devenu ce grand couillon déguingandé qu'il était. Savoir si il est encore dangereux, tuer mes craintes avant d'être face à face.

Je le découvre doucement, entre méfiance et curiosité. Parfois, même une pointe de tendresse surgit; à la ponctuation d'une phrase qui me touche.
Doucement, je me laisse apprivoiser, allant jusqu'à ponctuer ma dernière missive d'une bise qui était jusque là impensable.

Aujourd'hui, je lui ai donné l'adresse de ce blog. Pour qu'il comprenne, peut être pour qu'il se souvienne, pour qu'il découvre cette thérapie aussi. Celle qui m'a donné le jour une deuxième fois.
Pour que peut être il ose aussi se mettre en danger pour lui au lieu de contre lui.
Pour que peut être il donne sa chance à son enfant qu'il semble aimer plus que tout et qui a déjà trop souffert.
Pour lui donner le dernier rempart à celle que je suis vraiment, comme en réponse à la phrase qu'il m'a faire qui m'a le plus touchée "j'aimerais enfin connaitre ma petite soeur".


Je sais que certains ne comprennent que mal que ma démarche à son égard était celle du pardon. De ce pardon qu'on ne met pas au conditionnel.
Je ne lui ai pas dit mes souffrances, mes batailles ou mes peines pour le diminuer ou augmenter sa culpabilité.
Je lui ai dit pour qu'il sache. Parce que quelque part, ce passé lui appartient un peu aussi.

Alors que peut être, il va venir lire ce blog, j'ai une forme de crainte. Et si c'était trop dur, il ne se souvient pas de tout, et si mes mots étaient trop crus?

Malgré ces craintes, je ne modifierai pas la vérité. Même si elle fait mal, c'est ce qui a été. Au fil du blog, on lit le changement, les progrès. Il n'y a pas que la douleur et les galères.
Il veut connaitre sa petite soeur. C'est ça sa petite soeur.

Ensuite; on continue à avancer... A changer le "il" qu'il était en "demi frère"...
Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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Jeudi 5 mars 4 05 /03 /Mars 11:50
AH Paris....Ses rues pleines de monde, ses immeubles haussmaniens, ses magasins débordants de merveilles...

Que je suis contente d'être revenue!!

Retour en grande forme, la tête plein de projets, le coeur immense prêt à tout.

Un peu trop peut être...

Forte de la nouvelle personne que je suis, chaque jour me montre mes progrès.
Germe alors une idée un peu folle. Dangereuse aussi, peut être...

J'ai envie de retrouver mon demi frère...de lui dire, lui parler.
Je me mets ainsi en quête d'une adresse mail, parcourant la toile pour trouver le sésame qui me permettra de vomir une ultime fois le fiel qu'il a instillé en moi il y a si longtemps.

Sauf que de fiel, je n'en n'ai plus....

Fi! Si je ne l'inonde pas ainsi, je tiens mordicus à ce qu'il sache. Parce que ce bagage là n'est plus le mien. Retour à l'expéditeur, merci du cadeau, mais non merci.

Je trouve enfin un numéro de portable et une adresse mail.

 Téléphoner? Euh...faudrait quand même voir à pas abuser...C'est un tout petit peu too much pour moi. Pas prête. Pas encore. non, pas question.

 C'est donc parti pour un mail. Un de ces mails qu'on ne sait comment écrire. Comment le commencer, comment le déveplopper, comment le terminer?

J'ai tellement de choses à lui dire. Mais je ne veux pas non plus l'accabler. Ce n'est plus dans ma nouvelle nature. Je veux juste qu'il sache.

Que j'ai souffert, que j'ai perdu tant de temps à cause de ça, que je vais mieux, que je lui pardonne...
C'est pas mal, ça. Sitôt dit, sitôt fait.

Mes doigts pianottent vite, je ne me relis pas. Je sais que ce que j'écris est décousu, pas facile à suivre, mais ça, je ne le ferai qu'un fois. Je ne relirai pas non plus. Pas avant que ma souris n'ait cliqué sur "envoyer message".

Clic. "Message envoyé". Oups...Je me sens conne tout d'un coup.

Dans ma tête des "et si..." se bousculent. Bah...il ne répondra pas; c'est sûr.

Le lendemain après midi, re-oups! Il a répondu.

Je lis, fébrile la missive électronique de mon plus ancien cauchemard... Au début, je m'énerve, sa mémoire lui fait manifestement défaut... Je le sens, il va nier en bloc.

Mes yeux fusillent l'écran et continuent leur progression.

Oh......Il ne nie rien, il admet, il s'en veut, il ne se pardonne pas, ça a changé sa vie. En mal semble t'il.
Une phrase sort du lot "pour moi, les compteurs ne seront jamais remis à zéro".

Il me propose de venir chez lui pour que nous en parlions, pour qu'il me dise, face à face, de vive voix; qu'il me demande pardon. Même si lui ne se le pardonnera pas.

Les larmes coulent sur mes joues. De reconnaissance, de soulagement, de ce sentiment pas très limpide que je n'explique encore pas.

Quel progrès immense, gigantesque!!

Tout ça, c'était hier.

Aujourd'hui, je suis un peu perdue. je ne sais pas bien quoi faire de tout ça. Ca m'encombre un peu.
Je ne veux pas aller chez lui, encore moins seule.

Mais je ne veux pas non plus laisser les choses là où elles sont.

Alors, je vais laisser passer un peu de temps. Je lui réécrirai, un peu. Puis, quand le temps sera venu, peut être accepterai je de le rencontrer pour mettre le point final à cette histoire vieille de 28 ans.
Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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Lundi 2 mars 1 02 /03 /Mars 15:27
Avant de partir pour ma capitale, je me suis rendue une dernière fois chez M.S.

Depuis quelques temps, les séances étaient espacées d'un mois environ; 15 jours pour certaines.

Le travail est plus facile, plus fluide. Je lutte moins, mon esprit est apaisé et ne craint pas de voir ressurgir un squelette planqué dans Dieu sait quel placard.

Cette dernière séance, j'ai failli l'oublier. Absorbée par mes préparatifs, je ne réalisais qu'aujourd'hui c'est ma séance qu'une heure avant...

Lorsque j'ai dit à M.S que je l'avais presque oublié, son sourire fut éloquent...

"Oui, c'est vraiment bien Ether...Vous avez vraiment bien travaillé"

Jusqu'ici, je pensais que l'on se devait de détester son psy; ou du moins, s'en méfier comme de la peste.
Cet homme ou cette femme qui remue la vase a toujours un don pour mettre le doigt là où ça va mal. Très mal.

Mais M.S, jamais je ne l'ai détesté ni ne m'en suis méfiée.

J'ai pour lui un profond respect mèlé d'admiration et d'une infinie reconnaissance. Une main de fer dans un gant de velours, qui a su avec patience et parfois tendresse m'amener à tuer mes démons.
Il a su me mener à la renaissance, parfois malgré moi et je ne saurai jamais le remercier assez pour ça.

Alors, ce lundi là, avant mon départ, j'avais comme une nostalgie dans le coeur. Je savais bien que je ne le reverrai pas de sitôt. Mais j'avais aussi ce sentiment de fierté que l'on ressent quand on sait faire du vélo toute seule.

" Oui, je peux vivre sans tuteur maintenant, tout est entre mes mains"

Dernier test pour voir ce qui en moi pourrait faire barrage à ma vie toute neuve. Rien.
Juste mon esprit qui galope trop vite, encore appeurée par les hommes...Mais, comme dit M.S
"Va falloir passer aux travaux pratiques..."

Je suis revenue à Paris. M.S m'a dit un jour "vous êtes venue ici panser vos blessures, maintenant que c'est fait, vous retournez à votre vie. En mieux". Il a raison.

Malgré celà, je sais que lorsque je retournerai à Aix, j'irai le voir. Peut être pour la dernière fois...
Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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Vendredi 14 novembre 5 14 /11 /Nov 11:00

Ce matin, je me suis rendue chez M.S; l'esprit léger, sans crainte; mais l'esprit bouillonnant de multiples questions.

En effet, chaque jour qui passe me témoigne des changements qui s'opèrent en moi, me montrant des réactions, des pensées, des envies jusqu'ici inconnues.

Qui est cette femme qui s'exprime à travers moi et qui muselle celle que je suis?

Je disais dans mon dernier article combien il était perturbant de faire face à ce changement.
C'est toujours perturbant...

Je ne me reconnais plus alors que je pense n'avoir jamais bien su à quoi je ressemblais.
Une topographie de la personnalité jusqu'ici simpliste se limitant à "j'aime" "j'aime pas"...
Aujourd'hui se dessinent creux et déliés, mers et montagnes, reliefs parfois escarpés et agressifs contrastant avec la douceur des vallées et des plages.

Ni alpiniste chevronnée, ni randonneuse, je m'épuise quelque peu à parcourir cette "carte d'Ether" avec une forme de fascination et d'appréhension...

Toujours cette crainte de découvrir quelque chose de nouveau, de ne pas aimer ce que je découvre.

Mais surtout, peur de fermer un livre qui représente les quatre cinquièmes de mon existence...

Revelation surprenante lors de la séance du jour; j'ai peur, je n'ai pas envie de fermer ce livre!
Mon esprit curieux et surpris tente d'en comprendre la raison...Quel sens donner à celà?
Je viens depuis trois mois me torturer le cerveau pour ne plus souffrir, ne plus pleurer, pour vivre, rire et aimer; et voilà que je réalise que peut être, ce n'est pas ce que je souhaite??

Serais je devenue subitement folle en chemin?

La réponse, ou plutôt son amorce, n'a pas tardé à arriver...

Depuis ce jour, dans cette cave, je me suis définie par cela. J'étais devenue ce viol. En fermant ce livre, je perds ce qui me définit depuis toujours, en fermant ce livre, je ne sais plus qui je suis.

Le petit dictionnaire des humains illustrés comportait à la lettre E le nom Ether, suivi de "jeune femme née en 19xx, deux frères, violée à l'âge de 6 ans, abusée et frappée par son demi frère à l'âge de 7 ans, souffrant perpetuellement de celà. Attention, spécimen potentiellement dangereux si attitude trop proche, trop sympathique.
Ne pas effrayer, risque d'attaque violente."

Aujourd'hui, reste "jeune femme née en 19xx, deux frères............................................"

Je ne dois pas écrire ce qui manque, je dois apprendre le langage qui me permettra de lire ces petits points, de les comprendre.
Pour qu'ensuite, je puisse donner aux autres spécimens du petit dictionnaire des humains illustrés la nouvelle, la vraie définition d'Ether.

Encore besoin de temps pour pouvoir, enfin, faire connaissance avec moi même....

Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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Mercredi 8 octobre 3 08 /10 /Oct 15:04
Depuis la séance décrite ci dessous, je me suis rendue encore deux fois chez M.S.


Pas de quoi remplir un article pour chaque séance. La douleur, la peine, la souffrance ne sont plus là. Le souvenir de cette cave se floute de plus en plus au fil des jours et l'importance accordée à cet évènement diminue en conséquence.

Pourquoi poursuivre alors, me demanderez vous?

Parce que si l'agression est règlée, les conséquences ne le sont pas.
Eparpillées au fil de ma vie et de mes relations, elles pourrissent le fil de mon chemin.
Des petites humiliations reçues comme de vrais camouflets en passant par les grosses douleurs de la vie; chacune de mes réactions fut conditionnée par ce que j'ai perçu de ce qu'il s'est passé dans cette cave.

Comme une sorte de punition perpetuelle, l'alibi à la peine, l'excuse pour "prendre mal", la raison pour pleurer. Toujours.

Dissèquer les faits, me souvenir, rattacher un petit rien à ce grand "tout", donner un sens. Voilà ce que nous faisons maintenant.
Je comprends plein de choses. Comment je suis bien plus intolérante que je ne le pensais, combien je me vois comme une guerrière sans repit, quand et pourquoi j'ai utilisé le "mal" pour me blesser plus encore, pour me donner une raison de ne plus croire, plus vouloir, plus oser.
Et en me souvenant, en comprenant, en m'expliquant à moi même mes réactions; j'en vois les failles, les limites, la stupidité; même.

Que de temps perdu à choisir d'être malheureuse! Parce que ce fut un choix. Pas volontaire, pas réfléchi; mais un choix quand même.
Pas besoin de checher à qui ou à quoi la faute; ça n'apporte rien.

Réaliser est le pied dans le starting bock pour partir vers un ailleurs; un autre paysage, d'autres visages semblables, mais si diffèrents.

Tout change si vite que je me sens comme dans un manège lancé à pleine vitesse, je ne vois que des couleurs. Pas encore des formes bien dessinées...
Je réécris mon histoire. De flash backs à retour dans le présent. Allers retours incessants qui m'étourdissent, m'effraient un peu et me passionnent.

Au milieu de cette grande braderie de la peine, mes émotions se posent petit à petit. La lumière entre dans mon âme, j'entrevois ce qui est possible; à portée de main.

Alors je pose sur la toile ce qui bouillonne en moi, comme pour calmer le jeu. Ecrire, attendre, relire, comprendre, accepter et ensuite, m'aimer. Un peu.
Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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Lundi 6 octobre 1 06 /10 /Oct 15:35

Encore tremblante et bouleversée de savoir que mon demi frère reconnaissait ce qu'il avait fait, je pars chez mon psy pour ma troisième séance.

Je pleure dans la salle d'attente, de larmes que je ne sais pas bien expliquer; et dans le ventre la sensation que l'on a lorsque l'on est au bord d'un précipice.

La porte s'ouvre, M. S voit tout de suite que je suis fébrile. Petit débrieffing. Il est content de ce qui se passe.
Heureux que mon père se soit chargé de mon problème; qu'enfin il se conduise comme un papa plutôt que comme un père.
Ravi que mon demi frère prenne enfin ses responsabilités, me dit que oui, le dialogue devra se faire; mais dans mes conditions, quand je serai prête, où je voudrai, avec qui je voudrai. C'est moi qui décide, je ne doit rien subir à ce sujet. Il insiste sur ce point.

Je ne sais pas si je peux faire face à une séance dans l'état dans lequel je suis. Il m'assure que si, que ce sera fructueux.

Alors, nous commençons. J'ai à nouveau peur, comme pour la première séance. Je sais que mon esprit peut liberer aujourd'hui des choses que mon conscient refuse encore. Je suis à l'envers aujourd'hui, en état de faiblesse, je me méfie de moi...

Au fil de la séance s'affiche de plus en plus clairement ma honte. La honte d'avoir désobéi à mes parents, que cette désobéissance ait mené à ce viol, à la salissure, la déception pour mes parents.
Puis, le désarroi, la certitude enfantine que si mes parents le savaient; ils ne m'aimeraient plus.

Les larmes de la petite fille coulent sur mes joues d'adulte. J'ai à nouveau peur de perdre l'amour de mes parents; le sentiment étouffant de la honte m'envahi.
Dans ma tête raisonne "j'ai désobéi, je les ai déçu, à cause de moi, ils vont souffrir"

De plus en plus évidente, je vois la cause de mon mal être.

Non, le viol en tant que tel est résolu depuis longtemps. Ce que je ne gère pas, c'est ce dont je me suis persuadée à ce moment là.

Mon esprit de petite fille a fait une interprètation étrange de cet évènement:

Sale petite fille qui ne fait pas ce qu'on te dit, vois tu ce que tu as fait? Vois tu ce qu'il va advenir de toi?
Tu es sale maintenant, tu es le mal qu'on t'a fait puisque tu l'as provoqué. Tes parents qui t'aiment tant méritent ils celà?
S'ils ne t'aiment plus, c'est bien fait, tu mérites ce qu'il se passe.
Maintenant, qui peut t'aimer, toi qui agi de façon à ce que le pire arrive? Tout est de ta faute. Tu déçois les gens qui t'aiment.
Je te déteste petite conne!! Pour qui te prends tu? Tu crois qu'à 6 ans, tu peux faire comme tu veux?
Ha, ha, ben tu vois, ça coûte cher de se prendre pour ce qu'on n'est pas, hein?
Je te hais, immonde petite chose souillée! Saleté !

Je ne peux plus suivre la main de M. S, je baisse la tête, courbée par le poids de la honte. Je pleure de constater que je me hais tant, depuis si longtemps.

Non, il faut continuer. M.S ne me lâche pas, "vous voyez ma main à travers vos larmes".

Je suis effrayée de ce qui m'apparait.

Je ne comprends pas ce qui m'arrive. Ma tête tourne. Ainsi, toute cette souffrance, toute cette douleur ne sont que le fruit de la punition que je m'inflige?
Ainsi, ce n'est que la haine que je m'inspire qui m'a conduit à celà?

C'est pour ça que j'ai tellement peur de perdre mes parents? Parce que je me suis convaincue qu'ils ne pouvaient plus m'aimer après celà...
C'est pour celà que j'ai tant de mal à aimer et à me laisser aimer? Parce que je me suis persuadée que je ne suis pas aimable...
C'est pour celà que j'ai tellement peur de tomber amoureuse? Parce que je suis certaine que le rapport avec un homme éloignera l'amour de mes parents...

Je sors de la séance encore plus bouleversée qu'à l'entrée. J'appelle Inkan. Il faut venir me chercher, je suis incapable de conduire.
En l'attendant, j'appelle Chut; j'ai besoin de parler, j'ai besoin de ne pas voir les gens qui passent.

Inkan arrive, je m'effondre dans ses bras. Je suis au bord du malaise. Je ne sais plus qui je suis, je sanglotte, le regarde sans le reconnaitre vraiment.
Mon cerveau se torture. Il souffre.
La patience d'Inkan finit par me calmer un peu. Je parviens à rentrer et à dormir.

Le lendemain et les jours qui suivirent ne furent qu'une immense torture. Réminiscence de ces sentiments et émotions enfantins, je n'étais qu'une boule de terreurs. D'abandon, de haine, de mépris profond.
Et petit à petit; je commençais à percevoir l'immensité de mon erreur.

Ainsi, je me suis trompée toute ma vie. Ainsi, je me suis construite sur une réaction d'enfant traumatisée.

Alors, qui suis je vraiment? Que serai je lorsque tout sera fini?

Je regarde devant moi et je ne vois rien. J'ai tout à reconstruire. 

Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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Mardi 30 septembre 2 30 /09 /Sep 15:33

 Mercredi 10 septembre. Je me lève, bien décidée à affronter la séance du jour le plus efficacement possible.

La présence de mes parents pendant une semaine m'a revigoré.

Midi moins quelques brouettes, le téléphone sonne. Je vois que c'est ma mère, et je souris déjà en me disant que la bonne veilleuse qu'elle est vient me souffler de l'amour et de l'énergie avant que je ne voie mon psy.

Je décroche, et très vite, je sens que quelque chose n'est pas comme d'habitude. Elle me dit assez rapidement qu'elle a quelque chose à me dire...

Curieuse; et à des années lumières d'imaginer de qu'elle va m'annoncer, j'attends la nouvelle.

Fidèle à elle même, elle énumère tout par le détail...

- Tu sais que ton père est allé voir ta demi soeur hier?

- Oui, tu me l'as dit hier, maman...

- Et bien il a parlé de toi et ton demi frère. Ta demi soeur pense peu probable qu'il t'ai fait des attouchements, mais elle croit volontiers qu'il te frappait.

- Elle pense bien ce qu'elle veut maman, je n'ai rien à lui prouver.

- Attends, Ether, quand ton père est parti, elle a appelé son frère et lui a posé la question.

-.......................................oui ?......................................

- Il semblerait qu'il n'était pas seul, mais il a avoué qu'il t'avait frappé et quand elle lui a demandé pour les attouchements, il lui a dit qu'il s'etait bien passé quelque chose mais qu'il ne pouvait pas en parler maintenant. Mais on dirait qu'il le vit mal, qu'il en a déjà eu des nuits blanches.

-.............................................................................................................................................................

- Tu es là ma chérie?

Oui, je suis toujours à l'autre bout, accrochée à mon téléphone comme à un rocher. Ma main tremble contre ma joue et ma gorge se serre.
Ma tête se met à tourner, je ne sais plus rien, je ne comprends plus rien.

En moi, c'est un tremblement de terre, tout bouge, des émotions se trouvent propulsées les unes après les autres, comme des jets de feu; des pensées s'agitent dans tous les sens, se contredisant les unes les autres, mon corps se révolte, secoué de tremblements, de bouffées de chaleur, de frissons...

Ma mère me passe mon père au téléphone; après tout, c'est lui qui est à l'origine de cet aveu inesperé.

Il m'explique très calmement tout ce que ma demi soeur lui a dit plus tôt, que mon demi frère semblait assez malheureux de ses actes, qu'il avait mauvaise conscience...

Moi, j'écoute et comprends petit à petit ce que celà signifie pour moi.

Enfin; 27 ans plus tard, on sait que je n'ai jamais menti. Même si mes proches me croyait, je sais qu'il pouvait persister le "doute raisonnable".

Enfin, il n'a plus lieu d'être, ce doute.

Enfin, 27 ans plus tard, s'ouvre devant moi une porte à peine envisagée pendant ces longues années: celle du pardon.

Enfin, 27 ans plus tard, j'apprends que celui qui a brisé une partie de moi ne vit pas bien ses actes.

Enfin, 27 ans plus tard, je me sens légitime, je ne m'excuse plus, je ne doute plus de ma mémoire.

 

Cet aveu inattendu me libère de l'acte auquel il est relié. Je ne ressens plus de tristesse, plus de haine, plus de rancoeur.
Ne tourne en boucle dans ma tête qu'une phrase:

" Je vais lui parler, lui dire le mal qu'il m'a fait. Et s'il s'excuse, je le pardonnerai. En lui donnant mon pardon, je me pardonnerai à moi aussi"

Mon père comprends bien ce qui se passe en moi et rassure la partie de moi qui craint que la confrontation n'arrive trop vite. Il me dit que effectivement lui parler serait une bonne chose; mais que j'ai le temps, que lorsque je serai prête à celà, il sera à mes côtés.

Je raccroche le télephone, tremblant de la tête aux pieds. Les larmes coulent sur mes joues en cascade. Mes émotions sont tellement fortes à ce moment là, que je ne parviens plus à penser.
Je me sens libérée, j'entrevois devant moi quelque chose que je n'avais jamais osé imaginer.

Une vie, une autre vie; sans "ça".

Je ne sais pas comment la vivre, mais je sais bien qu'elle ne peut être que mieux.

Je suis pleine de gratitude envers ma demi soeur qui a osé affronter son propre frère, j'apprécie qu'il ait avoué, qu'il m'ait ainsi offert ma légitimité.

Je me sais maintenant capable de ce pardon jusqu'alors impossible; et c'est dans ce tourbillon d'émotions que je me rends à ma séance d'EMDR...

Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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Mardi 16 septembre 2 16 /09 /Sep 21:26
Le 3 septembre, je me rends à mon deuxième rendez vous avec M.S.

Je suis plus confiante que la première fois, je crois que cette expérience peut m'apporter beaucoup; alors, j'avance le pas léger.

M.S est à l'heure, toujours souriant et avenant.

Petit débrief sur les jours suivants la première séance, analyse rapide des ressentis, des cauchemars.

" C'est normal" me dit il "votre esprit évacue"

Si vous le dites...

La séance commence, caler mon esprit sur ce qu'il s'est passé dans la cave.

Au début, rien que des sensations physiques, moins violentes que la première fois, mais toujours assez désagréables.
Puis, des images très nettes. Vision de la hauteur d'une petite fille, je vois clairement le détail de sa veste, de son visage qui se penche sur moi et de sa main qui avance vers ma culotte si blanche.

Ensuite, je suis hors de cette cave, je vois le bureau de tabac dans lequel je me suis réfugiée en m'enfuyant.
Je revois qu'il faisait beau ce jour là, que les arbres sont verts.

Dans ma gorge, l'angoisse m'étreint de plus en plus; je ne veux pas en voir plus, je ne veux pas me souvenir de tout, je ne veux pas revoir ces images.

Mon esprit me ramène dans cette cave; cette fois, je regarde fixement la lumière qui brille dans le fond de la cave, je ne vois que sa silhouette si proche qui fait une ombre menaçante.

Soudain, j'ai l'image de ma chambre de petite fille; je suis sur un matelas par terre et mon demi frère en visite est allongé sur mon lit.
La lumière douce et jaune inonde la chambre.

Image suivante, mon demi frère, toujours sur ce lit, totalement nu, le sexe en érection.

Une sensation ensuite, l'étranglement, la pensée que oui, c'est lui qui m'a serré le cou un jour.

"Il pense que je lui ai volé son père; il se venge" cette pensée me martèle la tête; obsédante.

Je revois ensuite sa main qui prend la mienne, la dirige vers son sexe.

Puis, le noir de l'entrée et derrière moi, la douce lueur jaune de ma chambre.

"On s'arrête là pour aujourd'hui; je ne veut pas qu'on aille sur ce canal maintenant" me dit M.S

J'ai la tête qui tourne un peu; mais je vais beaucoup mieux que la première fois. Je crains déjà un peu les jours qui vont suivre; mais je ressort rassurée de ne pas être trop mal.

Cet après midi là; j'ai dormi, terrassée par les émotions, les souvenirs ressurgis qui entêtent.
Mes rêves furent peuplés de loups garou qui me courraient après dans un immense chateau.

Les jours suivants furent plus calmes, bien qu'empreints d'une angoisse constante, d'un sentiment de toucher du doigt quelque chose de primordial sans savoir quoi.

Je n'ai toujours pas cette réponse et ne l'aurai probablement jamais, au vu de ce qu'il se passera la semaine suivante.
Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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Lundi 15 septembre 1 15 /09 /Sep 14:12

22 août 2008, midi, je marche fébrilement vers l'inconnu.

Le rendez vous d'EMDR auprès de monsieur S, c'est aujourd'hui, c'est maintenant.

Je ne peux pas nier la boule qui grandit dans mon estomac, mes mains qui tremblent. J'ai peur.

Peur qu'il me dise qu'il ne peut rien pour moi, que je devrai vivre avec mes peurs et mes blocages toute ma vie.
Peur de souffrir, de pas savoir gèrer ce qu'il va se passer.
Peur aussi que ma vie ne change, en fait. Parce que le changement fait toujours peur, n'est ce pas?

M. S m'ouvre la porte, souriant, le visage détendu et accueillant. Sa voix calme et amicale me détend un peu. Le contact est bon.

Je lui explique la raison de ma visite, réponds à toutes ses questions, avale difficilement ma salive...

Il me dit alors que oui, ma situation est idéale pour l'EMDR, que c'est pour ce genre de cas que c'est une technique de plus en plus répandue.

Ouf! Je suis soulagée, je tiens peut être enfin MA solution.

L'entretien se poursuit, il me demande si j'ai en réserve un souvenir refuge, le souvenir d'un moment où j'étais bien, où je me sentais en sécurité, en harmonie.

Oui, M.S; j'ai ça en réserve. Un jour d'été dans le Haut Jura, alors que j'étais en vacances dans la maison de ma grand mère, j'étais adolescente. Je me suis assise sur une pierre sur une butte qui surplombait la maison, la route, tout.
Devant moi, le vert des prairies contrastait magnifiquement avec le bleu pur du ciel. Une douce brise tiède me caressait les bras, un oiseau gazouillait, et la cîme des sapins semblait vouloir aller au delà du bleu.

"Très bien, testons votre souvenir avec l'EMDR", me dit M.S

Il s'assoit près de moi, il est face à moi, mais décalé sur ma gauche, il bouge son bras gauche de droite à gauche devant mes yeux qui doivent le suivre, en même temps que mon esprit pense à ma montagne.

Il s'arrête et me regarde, me demande se qu'il s'est passé.

Je me sens bien, détendue, des larmes perlent à mes yeux tant ce souvenir me rassure.

M.S est content, il me dit alors de penser à la première image qui me vient lorsque je pense à mon agression dans la cave.

"Vous y êtes?"
"Oui, j'y suis" dis je d'une voix blanche.

Et c'est parti, son bras s'agite, ses doigts bougent et je dois suivre ce manège tout en continuant de penser au pire moment de ma vie.

"Alors, qu'est ce qui vient?", me demande t'il au bout de quelques minutes.

Je suis perturbée par ce que je ressens. Une nausée incroyable est montée, je me sens fébrile, fragile. Je lui dit.

" Gardez ça, on continue"

Rebelotte, mes yeux suivent docilement.

" Alors?"

Une douleur lancinante me déchire le dos, je gigotte pour trouver une position antalgique.

Une demie heure durant, nous alternerons les phases d'EMDR et la verbalisation des ressentis.

De la sensation d'étranglement aux brûlures vaginales, en passant par des coliques ou des vertiges; ce fut une demie heure de douleurs physique. Les larmes sont dures à tarrir, mais j'ignore pourquoi elles coulent ainsi.

M.S sonne la fin de la séance, me demande de repenser à mon souvenir refuge et bouge une dernière fois bras et main gauche devant mes yeux embués.

Le sentiment d'angoisse et de peur s'estompe, il est content, me dit que je semble bien réagir et me met en garde sur les jours qui vont suivre.

Je dois m'attendre à être très fatiguée, à être assez mal, triste, angoissée...
Je dois prendre soin de moi, semble t'il...

Je chausse mes lunettes de soleil alors que cette ville du sud s'est mise au diapason de ce que je ressens. La pluie bat le pavé lorsque je sors de chez M.S, je prends mon telephone et appelle ma mère.
Je lui parle le long du chemin qui me mène à ma voiture, me mettant ainsi dans une bulle de laquelle sont exclus tous les gens que je croise. Je ne veux pas les voir, ils m'agressent, me gènent.

Arrivée à ma voiture, je raccroche et rentre chez moi, les larmes ruisselant toujours sur mes joues.

J'explique rapidement à Inkan, à mon frère et sa copine en visite chez nous ce qu'il s'est passé, tente de masquer le malaise qui est en moi et n'y tiens finalement pas, je fonds en larmes dans les bras de mon frère.

Cette nuit là, je n'ai pas dormi. Les jours suivants ne furent qu'une succession d'angoisses, de terreurs, de malaises, de douleurs.

Il me fallut cinq jours avant de me sentir un peu mieux, malgré tout terrifiée par la montagne que j'avais commencé à gravir et par ce qu'elle pouvait cacher.

Il me restait dix jours avant de retourner affronter les initiales les plus effrayantes et les plus prometteuses de ma vie : EMDR chez M.S
Par ether-et... - Publié dans : Viols et conséquences
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Dimanche 14 septembre 7 14 /09 /Sep 02:12

L'EMDR : Eye Movement Desensitization and Reprocessing, ou Mouvement des yeux, désensibilisation et retraitement (de l’information)

C'est, en plus simple, une technique créée pour aider les personnes aiyant vécu un évènement traumatisant en leur faisant "revivre" cet évènement et en permettant aux douleurs, émotions, images et pensées issues du traumatisme de sortir telles que vécues au moment traumatisant.

Après ma thérapie il y a de cela 13 ans environ, je n'étais retournée chez un psy que pour mon avortement. Et encore, j'ai tout arrêté au bout de deux séances. Elle me gonflait sévèrement et j'avais très envie d'être méchante avec cette psychiatre.
Pas le but...

Je me suis renseignée sur l'EMDR,  j'en ai parlé avec une amie qui s'est lancée avant moi dans le bain bouillant des émotions refoulées.
Ce qu'elle m'en a dit a fini de me convaincre. Oui, ça remue beaucoup, on en sort à l'envers.
Ca marche? Trop tôt pour qu'elle me le dise.

Malgré cela, avec la décision de déménager est venue la décision de tenter cette méthode.
Cette décision a pris forme un jour plus sombre qu'un autre.

Mon nouveau chez moi à peu près vivable, je déjeune avec mon inclassable de collocataire quand soudain, une arête de poisson se coince dans ma gorge.
Une angoisse me vrille le ventre. Je passe une bonne heure à tenter de faire partir l'indésirable avant d'y parvenir enfin.

L'angoisse, elle a posé ses valises. Elle s'installe, grossit, je ne la maîtrise plus.
Je pars dans ma chambre m'isoler, je sanglotte, blottie contre le mur, recroquevillée comme une petite fille.
Je suis terrifiée et je ne sais pas pourquoi. Tous les bruits m'agressent, me glacent d'effroi.
Je ne comprends pas cette panique, je ne l'explique pas et je ne peux plus lutter.

Au bout d'un long moment, je parviens à lâcher mon mur, à descendre de mon lit et à rejoindre Inkan dans le salon.
Lui vient d'apprendre une merveilleuse nouvelle et me prend dans ses bras...
Ces derniers enserrent mon cou; sa joie est à la hauteur de la force qu'il met dans cette étreinte...

Et je le repousse violemment, paniquée par cette sensation d'étouffement.
La crise de panique recommence de plus belle, je retourne m'enfermer dans ma chambre, sur mon lit, contre mon mur.
Je gémis de peur, de douleur, je ne maitrise plus ni mes pensées ni mon corps qui est secoué de tremblements.

Je ne sais combien de temps il m'a fallu pour reprendre le contrôle, mais à ce moment là; j'ai décidé qu'il était temps de passer à l'action.

J'ai pris le télephone et composé le numéro du psy que j'avais déjà choisi.
Rendez vous fut pris quelques semaines plus tard.

Le 22 août, début de la résurection d'Ether.

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